dimanche 22 novembre 2015

Alerte rouge sur nos libertés !

Désormais quand Hollande rit la France pleure, celle qui croyait vivre dans la paix, celle qui croyait encore que les paroles du « tout sera fait pour que cela ne se reproduise pas » et du « Daesh sera éliminé » prononcées en janvier dernier, et qui pleure aujourd’hui ses morts innocents. Mais la propagande politique fait toujours son œuvre et on encense partout dans les médias de la bien-pensance un Président qui fait lever le Congrès et chanter la Marseillaise comme une gloire pour son autorité. Se lever et faire le silence pour honorer les morts pour rien et leurs familles, leurs amis, est un acte d’empathie humanitaire auquel ils ont droit. Ne pas se lever quand on est invité à chanter la Marseillaise serait une insulte à notre drapeau de la part de représentants du peuple. Mais tout ceci n’est qu’un acte théâtral qui cherche à cacher la responsabilité immense de ce chef de l’Etat et de son prédécesseur.

Cette mascarade ne peut cacher le double jeu joué par la France dans le conflit irako-syrien, les preuves éclatent au grand jour depuis le 30 septembre, date d’entrée de la Russie dans le conflit. Ce double jeu n’est que la copie conforme de celui joué par les États-Unis avec derrière la grande Finance mondiale, double jeu que joue aussi la Turquie. Ce pays est de mèche pour lâcher brusquement les barrières de sa frontière pour nous envoyer un tsunami de « réfugiés » cachant des combattants de Daesh et d’Al-Nosra, ces créatures immondes que nous alimentons en fournissant des armes à l’Arabie Saoudite et au Qatar, qui trouvent un recueil en Turquie et des hôpitaux en Israël. Que dire de ce double jeu qui nous fait voter des sanctions sur la Russie et qui, tout en les maintenant, vient poser ses conditions à la main tendue de Poutine. Pour qui Hollande joue ? 

Hollande était au plus bas dans les sondages et comme en Janvier sa cote remonte de 7%, le tour politique est joué mais mieux encore les pouvoirs du chef de l’Etat sont étendus et vont l’être plus encore. Présenté mercredi au Conseil des ministres par le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, et le premier ministre, Manuel Valls, lui-même ancien ministre de l’Intérieur, accorde des pouvoirs immenses aux polices et aux forces de sécurité. Elles peuvent dissoudre des associations ou groupes, et assigner des individus à résidence ou perquisitionner leurs domiciles, dès que l’État estime seulement qu’ils pourraient à l’avenir troubler «l’ordre public». Ces mesures ne visent pas spécifiquement le terrorisme. En fait, le mot «terrorisme» n’apparaît pas une seule fois dans le texte présenté mercredi par Stéphane Le Foll, le porte-parole du gouvernement. La déclaration de Le Foll est inquiétante. Jugez plutôt : «Le régime des assignations à résidence est modernisé et élargi à toute personne à l’égard de laquelle il existe des raisons sérieuses de penser que son comportement constitue une menace pour la sécurité et l’ordre public. Il pourra être interdit à la personne assignée à résidence d’entrer directement ou indirectement en contact avec des personnes soupçonnées également de préparer des actes portant atteinte à l’ordre public.» Les personnes assignées à résidence auront uniquement «le recours de droit commun devant la juridiction administrative», dont on imagine la lenteur de décision.

Le projet de loi du Parti socialiste (PS) propose la modification de la Constitution afin de «moderniser» l’état d’urgence. Les dispositions draconiennes annoncées par Le Foll, adoptées suite aux attentats terroristes commis par l’État islamique (EI) à Paris le 13 novembre, et alors que le gouvernement a déjà imposé l’état d’urgence, menacent les libertés publiques et la démocratie en France. La ficelle est grosse mais elle va réussir en profitant de l’espace de temps court où la population est tétanisée et de la culpabilité des deux principaux partis dans les causes des attaques contre la France. L’atteinte aux libertés est en cours, direction les pleins pouvoirs au prochain attentat. Le premier pas c’est d’accorder de fait le droit aux forces de l’ordre d’interdire et de punir toute tentative d’organiser des grèves, des manifestations ou des réunions qui déplairaient aux autorités. L’UPR d’Asselineau s’en émeut à juste titre en faisant remarquer que l’on ne peut empêcher les manifestations et maintenir les élections régionales car ceci stérilise la campagne des petits partis en particulier en laissant le champ libre au théâtre gouvernemental relayé abondement par les médias qui font leurs choux gras de ces évènements tragiques. D’ailleurs il est incompréhensible que l’on empêche les manifestations politiques et pas sportives du PSG par exemple ni la COP21 potentiellement à haut risque vu le nombre et la qualité des participants. 

Le projet de loi permet aussi «de dissoudre les associations ou groupements de faits qui participent, facilitent ou incitent à la commission d’actes portant une atteinte grave à l’ordre public, et qui comportent en leur sein des personnes assignées à résidence». Également selon Le Foll, «Le procureur de la République sera informé de toute décision de perquisition, qui se déroulera en présence d’un officier de police judiciaire. Lors de ces perquisitions, il pourra être fait copie sur tout support des données stockées dans tout système informatique ou équipement.» Citons aussi l’élargissement de la notion de légitime défense des forces de l’ordre. Ces mesures nous rapprochent du « Patriot Act » et des méthodes de répression américaines. Mais le plus grave est le projet de modification de la constitution pour donner libre cours aux lois, décrets portant atteinte aux libertés au nom de la sécurité.

Une pareille modification de la Constitution française, qui cible non pas le terrorisme, mais tout trouble qui menacerait «l’ordre», ne ressort pas d’une lutte contre le terrorisme. En fait, l’atrocité commise par l’EI sert de prétexte pour des attaques beaucoup plus vastes contre les droits démocratiques de toute la population. On ne modifie pas une Constitution dans l’urgence et la précipitation annoncée cache des intentions inquiétantes à fumet totalitaire. La menace n’a pas fondamentalement changé depuis janvier, le nombre de victimes est plus élevé mais il aurait pu être du même ordre en janvier. Il faut que le peuple reprenne son sang-froid et ne cède pas vers un glissement totalitaire d’une France asservie de l’extérieur. Car c’est bien de la liberté du peuple français qu’il s’agit, liberté qui ne peut en aucun cas être soumise à des influences extérieures obscures sous peine de perdre tout contrôle de son destin. 

La défense d’un pays n’est pas dans la restriction des libertés. Elle passe au contraire dans l’acceptation des risques et le combat d’une part à l’intérieur par le renseignement, la neutralisation des armes et des ennemis, et d’autre part à l’extérieur en cessant le double jeu et la fourniture d’armes à des pays qui les redonnent à nos ennemis. La guerre n’est jamais une fin en soi. Nous devons rétablir la paix à l’intérieur, et cesser d’exciter la guerre à l’extérieur. Ceux qui ont vécu ou lu l’histoire de la deuxième guerre mondiale doivent se souvenir de l’attitude admirable du peuple londonien sous les bombardements des V1 et des V2. Il n’a jamais renoncé à faire front stoïquement malgré l’avertissement de Churchill : « Je vous promets du sang et des larmes », pourtant la menace était d’une autre ampleur. 

Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité 

Ne mérite ni l'une ni l'autre, et finit par perdre les deux." 

Benjamin Franklin 

Claude Trouvé
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon