mercredi 18 novembre 2015

Constitution : Jusqu’où ne pas aller trop loin ?



Les récents attentats sur le sol français, en particulier ceux de janvier et de novembre, quels qu’en soient les commanditaires ce qui reste un point d’interrogation malgré tout, nous sont présentés sous leur aspect de guerre perpétrée par l’EI et utilisés pour augmenter les restrictions de liberté et les pouvoirs policiers et militaires. La première réaction politique a été le décret d’état d’urgence de trois jours et la proposition à l’Assemblée de le voter pour une durée de trois mois. S’ajoute à cela le projet de réunion du Congrès pour modifier la Constitution. La montée du nombre de morts a donc un premier effet : la possibilité de donner à l’Etat des pouvoirs supplémentaires dans un contexte de peur grandissante permettant de les prendre ou de les faire voter. Par ailleurs il semble que le gouvernement ne rechigne plus à affoler le public en prédisant de nouveaux attentats et même des attaques biologiques ou chimiques. 

« ARTICLE 16 de la Constitution Française 

Lorsque les institutions de la République, l'indépendance de la nation, l'intégrité de son territoire ou l'exécution de ses engagements internationaux sont menacées d'une manière grave et immédiate et que le fonctionnement régulier des pouvoirs publics constitutionnels est interrompu, le Président de la République prend les mesures exigées par ces circonstances, après consultation officielle du Premier ministre, des présidents des assemblées ainsi que du Conseil constitutionnel.
Il en informe la nation par un message. Ces mesures doivent être inspirées par la volonté d'assurer aux pouvoirs publics constitutionnels, dans les moindres délais, les moyens d'accomplir leur mission. Le Conseil constitutionnel est consulté à leur sujet.
Le Parlement se réunit de plein droit.
L'Assemblée nationale ne peut être dissoute pendant l'exercice des pouvoirs exceptionnels.

Après trente jours d'exercice des pouvoirs exceptionnels, le Conseil constitutionnel peut être saisi par le Président de l'Assemblée nationale, le Président du Sénat, soixante députés ou soixante sénateurs, aux fins d'examiner si les conditions énoncées au premier alinéa demeurent réunies. Il se prononce dans les délais les plus brefs par un avis public. Il procède de plein droit à cet examen et se prononce dans les mêmes conditions au terme de soixante jours d'exercice des pouvoirs exceptionnels et à tout moment au-delà de cette durée.
 »

« Etat d’urgence : Article 11
Le décret déclarant ou la loi prorogeant l'état d'urgence peuvent, par une disposition expresse :
1° Conférer aux autorités administratives visées à l'article 8 le pouvoir d'ordonner des perquisitions à domicile de jour et de nuit ;
Habiliter les mêmes autorités à prendre toutes mesures pour assurer le contrôle de la presse et des publications de toute nature ainsi que celui des émissions radiophoniques, des projections ciné-matographiques et des représentations théâtrales.
Les dispositions du paragraphe 1° du présent article ne sont applicables que dans les zones fixées par le décret prévu à l'article 2 ci-dessus. »
 

Une chose est sûre, tout est fait désormais pour instiller la peur, ce qui tranche par rapport aux attitudes précédentes qui se voulaient rassurantes. Etrange. Si le danger est si grand, comment peut-on envisager sereinement de maintenir la COP21 ? Si l’on est si certain de garantir la sécurité des dirigeants du monde, n’est-ce pas étrange et contradictoire avec celle du peuple ? Sauf si les vrais commanditaires des attentats font partie des présents à cette réunion… ce qui bien sûr n’est pas le cas… juré, craché. Ceux qui ont pris la peine d’écouter l’interview de Vladimir Poutine auront vu avec quelle clarté celui-ci a dit que les commanditaires de l’EI était dans la salle… Donc l’EI n’est pas seul, formé en Jordanie par les américains, disposant d’un armement américain, envoyant ses blessés en Israël et recevant des subsides de l’Arabie Saoudite… Vous écoutez ou vous lisez nombre d’informations sur l’EI autre EIIL ou Daesh ou ISIL ou bien encore ISIS. Savez-vous de quoi le sigle ISIS est la contraction ? Islamic State of Iraq and Syria oui, mais aussi Israeli Secret Intelligence Service autrement dit le Mossad ! Lorsque l’on constate que nous suivons à la lettre les « recommandations américaines », on peut se demander quelle part nous prenons dans le soutien direct ou indirect à l’EI par Al-Nostra, en fait AL-Qaïda, alors que nous le combattons officiellement.

Le doute sur les vrais commanditaires des attentats en France ne peut être écarté mais l’utilité pour le gouvernement lui est claire. La France est en difficulté économique et budgétaire pour 2016. Le Président est au plus bas dans les sondages. L’affaire syrienne ressemble étrangement à l’affaire libyenne où le but réel est la disparition des régimes autoritaires capables de résister à la pression américaine et d’ouvrir leur porte à la Chine pour la Libye et à la Russie pour la Syrie. Les deux Présidents français, l’ancien et le nouveau, et leurs partis sont directement mouillés dans le fiasco de notre politique étrangère de remise de notre souveraineté aux USA via l’OTAN et à la BCE via Bruxelles et Berlin. Les conditions sont réunies pour faire passer un renforcement des pouvoirs, redonner au peuple le goût du chef protecteur, faire oublier les raisons pour lesquelles nous en sommes arrivés là et marginaliser la force politique montante qui n’a pas encore voix au chapitre au Parlement... Les copains-coquins UMPS ont encore le champ libre mais le temps presse.
  
La démocratie et notre liberté républicaine sont donc en train de s’évanouir dans un contexte mondial où les deux nouveaux blocs jouent à chien et chat. Cette perte laisse libre cours à tous les engagements dans des directions que le peuple ne souhaite pas mais dont au mieux on prend à peine le temps de le convaincre, ou au pire on l’embarque à son corps défendant. Or la perspective dans laquelle nous nous trouvons est celle d’une tentation d’affrontements et de guerre civile, et d’une possibilité de conflit pouvant dégénérer en guerre mondiale. La manipulation de l’opinion bat son plein et la réforme de la Constitution est un grave danger qui menace notre démocratie. Les moyens d’agir sur nos décideurs va fondre comme neige au soleil et le pouvoir va disposer d’une panoplie de moyens de pression, d’intimidation, d’incursion dans les vies privées, d’injonction au mutisme, de neutralisation des médias, d’incarcération sans précédent alors que nous ne sommes pas en guerre déclarée en bonne et due forme contre un État reconnu.

L‘excuse de l’état de guerre serait, selon le Président, la nécessité de « mener une guerre de civilisation contre le monde musulman ». En réalité, comme on pouvait s'y attendre, le pouvoir exécutif s'est engouffré dans la fenêtre ouverte par les attentats du 13 novembre, mettant ainsi à profit les enseignements de la bonne vieille stratégie du choc : profiter du désarroi provoqué par un événement exceptionnel pour faire passer des mesures inacceptables en temps normal. Le processus engagé est celui du « Patriot Act » à la française.

Rien n’est changé dans notre attitude envers la Syrie, le Président a confirmé la thèse de l’anti-Bachar tout en suivant les américains en remettant cette affaire à plus tard. Nous bombardons un peu plus… histoire de ne pas laisser les russes se parer seuls de la victoire sur les anti-Bachar. Mais le vrai problème de la France, qui est de faire des musulmans nés ou naturalisés dans notre pays, des français à part entière par une complète assimilation, ne peut que s’amplifier dans ce type de guerre. L’oumma, c’est la communauté des musulmans, au-delà de leurs interprétations du Coran, comme vient de le redire le faux-cul Tariq Ramadan. L’islam est le lien mais il importe que la primauté des lois de la République soit admise par tous ceux qui veulent vivre en France et bénéficier de tous les droits du français. On est désormais dans une politique hors sujet alors que lentement mais cette fois sûrement notre civilisation se fait supplanter par une autre jusqu’à disparaître, se convertir ou finir en dhimitude. Demain ? Non. Après-demain ? Oui !? 


Pour des raisons que l’on cache aux français 

Et quel que soit le prix à payer par le peuple, 

La route que nous prenons est américaine.
 
Le but final est la primauté de l’occident

Au seul profit de la Cabale ! 

Claude Trouvé
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon