mercredi 11 novembre 2015

En pleine débâcle de politique intérieure, Hollande joue la guerre !



Alors que la cote de popularité du Président à 15% rejoint presque le point le plus bas des sondages de son quinquennat, il se lance dans des opérations de la dernière chance, COP21 et la guerre. J’ai dit ce que je pensais de la COP21, opération de marketing électoral promue par une communication imposée aux principaux médias avec une contradiction jugulée. Fort de son succès militaire au Mali ou vendu comme tel à l’opinion publique, laquelle ferait bien de regarder de plus près ce qui se passe aujourd’hui au Mali et dans les pays voisins, le Président remet une couche militaire en Syrie en claironnant l’envoi du porte-avions Charles De Gaulle tout juste remis en condition à Toulon. Alors que les négociations à Vienne viennent juste de se terminer, négociations où la Russie et ses alliés ont réaffirmé que, tant qu’un cessez-le-feu ne serait pas acquis, Bachar el-Assad restait le chef légal de la Syrie, celle-ci considère notre nouvelle intervention comme un geste de provocation.

Le Général Syrien, Mohammad Issa, l'un des hauts commandants de l'armée syrienne a menacé la France de viser directement son porte-avions s'il ose se s'approcher des côtes syriennes ! Le général syrien a déclaré : "L'annonce faite par la France de faire participer son porte-avions, Charles de Gaule, aux opérations militaires en Syrie, obligera l'armée du pays à prendre directement pour cible ce porte-avions".  S'attardant sur les frappes aériennes françaises en Syrie, Issa a déclaré : "Ces frappes visent les puits pétroliers syriens et tout cela s'effectuent sans l'aval du gouvernement de Damas, ce qui signifie pour nous la violation de notre souveraineté" a-t-il dit. "La coalition occidentale n'a visé jusqu'à présent aucune position ou camp de Daech ou d'autres groupes terroristes.  De par ses frappes la France cherche à bombarder nos puits pétroliers et à se venger de Damas qui ne lui a pas donné des concessions pétrolières." a insisté le général syrien Mohammad Issa. 

Depuis le début de nos interventions aériennes en Irak et désormais en Syrie contre Daech, il est évident que la coalition occidentale n’avait touché que des objectifs secondaires et continuait à le soutenir officieusement. La récente décision, sans concertation de viser les installations pétrolières est particulièrement mal venue alors qu’elle s’ajoute à l’envoi du porte-avions français. Nous n’apportions rien de décisif dans cette guerre et ceci est encore plus vrai depuis l’engagement russe. Nous savons de plus que provoquer le gouvernement syrien c’est provoquer la Russie. L’attitude française n’est pas dans l’intérêt de son peuple, il ne sert que les USA et la campagne de notoriété du Président français.

Sur le plan militaire la constatation faite par les USA et la Russie est que le porte-avion est un navire dépassé par la sophistication des missiles et par la guerre électronique. Le porte-avions US stationné dans le golfe persique s’est éloigné quand les russes ont envoyé 26 missiles à partir de la Caspienne volant à faible altitude, traversant deux pays et atteignant des cibles à une distance comparable à celle les séparant du porte-avions US. Si les avions stationnés sur notre porte-avion attaquent encore des infrastructures essentielles de la Syrie, nous mettons donc celui-ci en danger. L’avertissement syrien vaut avertissement russe. On ne devrait pas oublier que l’armada occidentale prête à attaquer la Syrie a dû surseoir en dernière minute sur ordre d’Obama au grand dam de François Hollande. Pour le consoler on l’a reçu en grande pompe aux USA, comme un vassal privilégié. Pourtant la décision d’Obama a été prise en raison d’un brouillage de toutes les communications des forces engagées rendant l’opération impossible. 

Décidement la France ne sait que faire dans ce conflit syrien qui sert à tout même à redorer le blason défraîchi du Président qui fait de la guerre le fleuron de son quinquennat. Malheureusement les opérations que nous menons n’ont au mieux que des succès à court terme et finissent par ternir notre image. Celle-ci est au plus bas en Afrique et nous apparaissons comme l’ennemi numéro un, l’ennemi le plus acharné de Bachar el-Assad. Quel profit pouvons-nous en retirer alors que nous ne sommes même pas soutenus par l’UE et que nous violons les lois internationales de souveraineté d’un pays ?

La politique étrangère de la France est une politique de gribouille, soumise et lancée comme le fait du prince. Elle place la France comme cible privilégiée tant par le djihadisme que par la coalition qui se crée autour de la Russie. Elle ne joue plus son rôle d’apaisement qui la faisait respecter et joue au contraire celui de la mouche du coche. J’espère que les français prendront conscience des erreurs commises en leur nom et de la situation catastrophique qui peut en résulter. Imaginons un instant que le Charles De Gaulle soit touché par une frappe syrienne. Quelle serait la réaction que nous devrions avoir ? La Russie considèrera-t-elle que nous sommes agressés ou que nous sommes les agresseurs ? 

Les perspectives de l’économie mondiale sont alarmantes.

Le flux migratoire met l’Europe en mauvaise posture. 

Notre chômage n’est pas en voie de résorption.

Mais notre Président joue à la guerre… 

Calfeutré dans les ors de l’Élysée et

Complice du sang des victimes ! 

Claude Trouvé
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon