lundi 23 novembre 2015

On nous prépare à la guerre ! (1ère partie)



Bruxelles, ville morte pour quelques jours, Paris ensanglanté, attentats au Mali et au Nigéria, instabilité grandissante dans de nombreux pays de l’Afrique de l’Ouest, affrontement chien et chat d’une coalition contre une autre au Moyen-Orient, nouveaux bombardements de Kiev sur le Donbass en Ukraine, une vingtaine de djihadistes tués dans le Caucase russe, et de même en Chine. Les actes guerriers s’amplifient, c’est comme la « drôle de guerre » du temps de l’occupation française. La mort rode partout en Eurasie et en Afrique. En France, ceux qui, comme Michel Onfray, prônent la paix, d’autres moyens de lutter et le retour de la diplomatie médiatrice française, sont quasiment traités de collaborateurs. Les faucons prennent leur envol et la théorie de la fin justifie les moyens est insinuée dans l’esprit des peuples que l’on terrorise.

Vous n’entendez pas le bruit des armes qui s’amplifie. Ne les voyez-vous pas qui pendent de plus en plus aux ceinturons des policiers et des soldats ? Alors je dirai, comme Henry Kissinger en février 2012 : Si vous ne pouvez pas entendre les tambours de guerre, il vous faut être sourd”. Les armées occidentales se concentrent autour de la Russie, des pays Baltes au Qatar, du Pakistan au Japon et aux Philippines. En Ukraine, au Moyen-Orient et en mer de Chine, on se toise. Comme  avant la seconde guerre mondiale, les pays cherchent leur camp comme autrefois l’ont fait l’URSS et l’Italie. La rivalité sino-chinoise existait déjà, le conflit était engagé depuis 1937. Lorsque la guerre a éclaté les marchands d’armes américains ont préparé leur armée et aidé leurs confrères allemands à faire de ce pays un déclencheur de guerre. N’oubliez-pas que les États-Unis n’ont jamais été aussi forts et puissants qu’après cette guerre. Leur hégémonie commencée après la première guerre mondiale était établie pour longtemps, soixante-dix ans. Leurs objectifs sont contenus dans les autres déclarations du même Kissinger, un maître à penser de la stratégie hégémonique américaine : Contrôlez le pétrole et vous contrôlerez les nations, contrôlez la nourriture et vous contrôlez le peuple, contrôlez la monnaie et vous contrôlerez le monde. » 

Alors regardons les faits actuels. Le pétrole est autosuffisant aux États-Unis et la mainmise sur les ressources pétrolières du Moyen-Orient est en cours avec la complicité de l’Arabie Saoudite, du Qatar. Il reste à s’occuper de l’Iran et de la Syrie, et à empêcher la Russie d’écouler son pétrole et son gaz en Europe. Le passage par l’Ukraine est déjà sous contrôle. Le projet de passage par la Turquie et la Grèce est sous contrôle de l’OTAN. Les nations européennes sont vassalisées, l’Europe puissance militaire n’existe pas et l’OTAN ne cesse de se déployer en Europe, l’Allemagne depuis quelques mois fournit un effort militaire sans précédent. L’OTAN, les unités américaines plutôt, sont aux portes de la Russie dans les pays Baltes et en Ukraine. Le Traité de Libre Echange, le TAFTA, est dans les parapheurs de l’UE, il va signer la dépendance alimentaire de l’Europe avec les semences de Monsanto.

Ce plan bute néanmoins sur la monnaie car le pétrodollar ne règne plus en maître quand les échanges entre pays non encore soumis peut se faire dans une autre monnaie. Le renminbi chinois devient un échappatoire au joug du dollar. Pire la Chine se débarrasse des obligations américaines, reçues grâce à son excédent de commerce avec les USA, pour les convertir en or. La Russie fait de même. On apprend que l’Allemagne s’y met et même la France. Une nouvelle Banque mondiale concurrente prend forme ainsi qu’une Banque d’investissements. La City s’y intéresse de près. Mais parallèlement les plans QE, « Quantitative Easing » ou autre planche à billets, soutiennent les marchés mais insuffisamment la croissance américaine, et ne font qu’augmenter le nombre de sans-emploi des USA. Malgré un taux de chômage affiché de 5%, plus de 94 millions d’américains âgés de 16 ans et plus, aptes au travail sont sans emploi (plus de 102 millions avec les chômeurs officiels soit 30% de la population). 16% des américains vivent en-dessous du seuil de pauvreté. De plus la dette publique américaine est de 18.500 milliards de dollars et la dette totale est d’environ de 70.000 milliards de dollars. "Le rêve américain est parti". Ajoutons que la bulle des marchés du crédit aux États-Unis a créé des dettes dans de nombreux secteurs qui ne seront jamais remboursées. Les prêts automobiles se développent ainsi que les prêts étudiants comme ce fût le cas à l’époque des sub-primes. Ça sent le roussi de ce côté-là et la Fed ne sait plus très bien quoi faire sinon continuer avec un nouveau QE en 2016 jusqu’à l’explosion. 

En résumé le temps presse car le dollar perd pied, l’économie stagne, la dette enfle et le chômage devient insoutenable. Chez l’ « ennemi », un bloc puissant est créé et les alliances se renforcent et s’étendent. On voit que l’Iran a choisi son camp, comme le Brésil et l’Inde. Devant une situation qui ne risque que d’empirer, rien de tel qu’une guerre pour relancer l’économie et effacer la dette. Le vainqueur imposera sa loi et sa monnaie. Écoutons Kissinger sur la stratégie hégémonique concoctée : « Les États-Unis appâtent la Chine et la Russie, et le dernier clou dans le cercueil sera l’Iran, qui est, bien sûr, la principale cible d’Israël. Nous avons permis à la Chine d’accroître sa force militaire et à la Russie de se remettre de la soviétisation, pour leur donner un faux sentiment de bravade, cela va créer une mort conjointe plus rapide pour eux. » Les Etats-Unis s’ingénient à mettre le chaos au Moyen-Orient en jouant un double-jeu dont les peuples occidentaux ne prennent conscience qu’aujourd’hui en oubliant que nous faisons aussi le double-jeu des USA en s’accoquinant avec l’Arabie Saoudite et le Qatar, pourvoyeurs des « rebelles de tout poil » et en faisant semblant jusqu’à présent de faire des frappes aériennes efficaces sur Daesh. Est-ce par hasard ou par souci de démocratie ?

Lisons encore les propos de Kissinger : «Nous avons dit aux militaires que nous aurions à prendre plus de sept pays du Moyen-Orient pour leurs ressources et ils ont presque terminé leur travail. Nous savons tous ce que je pense de l’armée, mais je dois dire, cette fois, qu’ils ont amplement obéi aux ordres. » Le but est clair et la fin justifie les moyens surtout lorsque l’on se pare de l’auréole de la démocratie et des Droits de l’Homme… à tout faire. Mais le plan américain ne s’arrête pas là et c’est pourquoi la machine infernale conduit à la guerre. Nous en reparlerons dans le prochain article… avec le lien vers les attentats en Europe, en particulier dans les pays francophones, en Asie et en Afrique ainsi que vers les émigrations massives. Ce n’est pas un hasard mais une stratégie pensée de longue date. Mais pourquoi déclencher une guerre maintenant ? Parce qu’un pyromane ne cherche à créer un feu de forêt que lorsque la température est élevée. 

Les BRICS veulent un monde multipolaire, les USA unipolaire,

Mais des alliances sont poussées à s’opposer. 

Il ne peut y avoir qu’un vainqueur ! 

Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon