mardi 24 novembre 2015

On nous prépare à la guerre ! (2ème partie)


Le bombardier russe abattu à la frontière turco-syrienne semble bien l’avoir été à l’aplomb du territoire syrien et avec une intention de stratégie politique. La Turquie avait finalement accepté de s’associer à la coalition occidentale mais à reculons et l’on sait qu’elle n’a pas cessé de servir de refuge aux « rebelles » non kurdes et de laisser passer leur pétrole vers la Turquie. La menace de voir la route de l’EIIL vers la Turquie est un signe donné à la coalition et en particulier aux USA sur la nécessité de laisser survivre cet Etat, créature créée par eux-mêmes. La Turquie veut un redécoupage de l’espace irako-syrien avec un Etat sunnite, le Sunnistan créé en gros sur le territoire à cheval sur l’Irak et la Syrie conquis par l’EIIL , et un Kurdistan au nord la Syrie à la frontière turque. Ce dernier Etat permettrait à la Turquie d’y rejeter les kurdes de Turquie qui la menacent. 

L’ambition d’Erdogan de devenir le califat d’un nouvel Empire Ottoman y est lié et le nouveau Sunnistan en ferait partie. Les druzes et les alaouites seraient confinés à l’Ouest dans une mince bande côtière… pour l’instant. Bagdad devrait finalement échapper au nouveau Shiistestan sur lequel l’Iran pourrait exercer son influence. Mais à la lumière de cet incident du bombardier russe, on comprend la réticence d’Obama à augmenter son effort militaire sur l’Irak et la Syrie. Le fait de dire qu’il supporte déjà 90% de l’effort ne suffit pas car force est de constater que ses efforts n’ont même pas permis de stopper Daesh dans sa progression. Les pays du Golfe soutiennent financièrement et militairement tous les rebelles car après s’être combattus Al-Nosra, autre Al-Qaïda et l’EI se sont finalement alliés. Israël offre au moins ses hôpitaux et les occidentaux soutiennent les pays du Golfe en les armant. Il est clair que les Etats-Unis continueront à jouer un double jeu car le redécoupage du Moyen-Orient permet d’envisager le Grand Moyen-Orient que veut Israël, de contrôler les ressources pétrolières et les pipelines et gazoducs voulant traverser cette zone. Ceci fait, Israël se retrouvera face à l’Iran et un autre affrontement commencera. 

Si l’alliance occidentale, Turquie comprise, y trouve son compte, il est bien évident que l’EIIL n’est pas prêt de disparaître et les frappes sur lui ne seront que des blessures n’entraînant pas la mort. Par contre tout ceci est ainsi inacceptable pour Bachar El-Assad et pour la Russie. Ces derniers veulent la mise au pas de tous les rebelles et la suppression de l’État Islamique auto-proclamé. En plus la Russie comprend bien que les occidentaux suivront la stratégie du chaos en s’appuyant sur la religion musulmane, ou d’une manière générale pour soulever des sentiments antirusses, pour créer de nouveaux « printemps arabes » à l’intérieur et aux frontières de la Russie. La Russie est de nouveau le pays à abattre avant de devoir affronter la Chine. C’est dans cet affrontement de deux positions difficilement conciliables que la Russie est agressée par la Turquie et l’on est très loin de voir finir la guerre contre l’EIIL tant que nous laisserons survivre l’ennemi que nous faisons semblant de combattre. La France a gagné la vente de quelques Rafale à l’Arabie Saoudite, qui nous les fait payer dans le sang parisien par ses protégés. 

Les USA n’ont aucunement l’intention de faire cesser la guerre mais bien le contraire. Henry Kissinger disait en février 2012 : « Le grand ours Russe et la faucille chinoise seront réveillés de leur sommeil et c’est à ce moment qu’Israël va devoir se battre de toutes ses forces et de ses armes pour tuer autant d’Arabes qu’elle le peut. Espérons que si tout va bien, la moitié du Moyen-Orient sera aux israéliens. » Les américains mouillent leur alliés pour faire une partie du travail à leur place et la stratégie de provocation par un allié permet de pousser la Russie à l’exaspération… et à une guerre plus frontale. Il importe qu’avant des troubles sérieux intérieurs ou aux frontières la mobilise et ils vont s’y employer. La tension en Ukraine est ranimée et des attentats sont déjoués en Russie. La destruction du bombardier russe n’est pas seulement une action turque… la Turquie fait partie de l’OTAN. 

La guerre va devenir inévitable car Poutine ne pourra pas tempérer la gravité des attaques faites à son pays et supporter le double-jeu occidental plus loin que l’exaspération de son peuple qui le suit sans broncher pour l’instant. Ce dernier réalise que la civilisation européenne est menacée par une vassalisation aux USA et une immigration de peuplement. Il attend que nous lui donnions la main que nos dirigeants lui refusent. On nous prépare à la guerre et le flux migratoire accouplé aux attentats (réellement commandités par qui ?) fait son œuvre. Le peuple français prend peur et en appelle à la guerre qui l’effrayait auparavant. Les armes sortent de leurs étuis et on pense à recruter des réservistes et des volontaires. C’est ce que prévoyait Kissinger : « Nos équipes de jeunes, aux États-Unis et à l’Ouest, sont préparées parce qu’elles ont été programmées pour être de bons soldats, de la chair à canon quand elles seront commandées pour sortir dans les rues et lutter… » 

Tout ça n’est qu’élucubrations de cerveaux dérangés ? Kissinger a dit aussi : « La guerre à venir sera si grave qu’une seule superpuissance pourra gagner, et ce sera nous autres. » Tout ceci est improbable parce qu’il n’y a pas de motivation qui mérite la 3ème guerre ! Si, il y a un but d’après Kissinger : « Sur les cendres nous construirons une société nouvelle, il restera seulement une superpuissance de gauche, et seule, elle sera le gouvernement mondial qui gagne. » Ces prédictions étaient celles d’une nation sûre encore de sa puissance militaire ayant le temps d’amener l’issue dans les meilleures conditions et choisissant son moment. Kissinger disait encore :  « N’oubliez pas, les États-Unis ont les meilleures armes, nous avons des choses qu’aucune autre nation n’a, et nous introduirons ces armes quand le moment sera venu. »

 Depuis il y a eu le refus de Poutine de plier pour l’Ukraine, le retour plébiscité de la Crimée vers la Russie, la place prise par la Russie dans les négociations avec l’Iran et surtout l’arrivée de l’armée russe en Syrie le 30 septembre. Cette date restera comme celle du grand tournant car les USA ont réalisé que la Russie avait un potentiel militaire renaissant insoupçonné et que le temps n’arrangeait rien. La puissance Russie-Chine s’exprimait désormais sur tous les plans économique, monétaire et militaire. La donne a changé mais nous avons choisi notre camp et le renversement des alliances, même appuyé sur un porte-avion, ne nous ferait que des ennemis. la diplomatie n'est pas le louvoiement. Seuls les peuples peuvent encore faire changer, sans rougir et avec la considération des autres peuples, le cours de l'histoire.

Les faucons se font entendre avec force et il ne leur manque plus 

Que des peuples envoyant leurs jeunes la fleur au fusil 

Tout sera fait pour les en convaincre. 

Les mensonges et les actes sous… 

Fausse bannière en font partie ! 

Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon