lundi 1 mai 2017

Pourquoi faut-il sortir de l’UE ? (4ème partie)

Nous sommes devant une situation paradoxale qui veut qu’un peuple, désinformé depuis des décennies sur la situation réelle de la France comparée à situation moyenne des pays de l’UE et du monde, se trouve jeté dans les bras d’un représentant patenté de l’oligarchie financière et de plus en partant d’un gouvernement de gauche dont les français ne voulaient plus. Pire après le ralliement rapide des ministres de Hollande, encouragés par celui-ci, c’est principalement la droite, qui toute honte bue, qui va grossir les rangs de l’hologramme de Hollande. Le fait qu’une probable majorité de français se lance dans une troisième expérience, qui ne peut que donner des résultats au mieux pas plus mauvais que les deux précédentes, est symptomatique d’un peuple en dérive démocratique. Il se prépare dans ce cas soit à une nouvelle monarchie soit à un chaos qui devra être géré dans une fermeté qui touchera aux libertés individuelles. Mais si cette majorité se dégage en faveur du couple NDA-Marine, l’arc républicain en désuétude retrouvera immédiatement une nouvelle jeunesse, tant le slogan affiché « tous contre le fascisme de Marine » est mobilisateur. Le chaos est alors inévitable. Évidemment la véritable raison qui mobilise l’arc républicain contre Marine c’est la peur de voir la France secouer l’UE au point de la faire exploser.

Dans les deux cas la France va entrer dans une période trouble dont on ne sait pas dans quel état elle en sortira. Sa division très nette, entre un centre informe mais accroché à l’UE et des extrêmes concurrents qui veulent renverser la table, va la laisser en état d’infériorité face aux grands bouleversements qui s’annoncent dans le système monétaire mondial, le risque imminent d’un krach financier dans l’UE, les divergences de plus en plus évidentes entre les pays membres, et l’implication de plus en plus grande des Etats-Unis dans le fonctionnement de l’UE sur le plan économique et militaire (cf. TAFTA et troupes américaines aux frontières est). Le français moyen n’a pas encore compris que son argent file vers la grande finance et que ce n’est pas par hasard mais d’une façon parfaitement voulue et orchestrée. Ce n’est pas pour rien qu’une oligarchie financière, qui réunit le haut du panier des banques, banques centrales comprises et des grandes multinationales, a pris les commandes de la très grande majorité des médias occidentaux. C’est un formidable levier de propagande et donc de formatage de l’esprit des électeurs et des consommateurs. Tout putsch dans un pays commence par la prise de contrôle des médias. Or c’est bien un putsch que réaliserait Macron, inconnu il y a peu, non élu, et vendu comme un paquet de lessive par les médias et la connivence d’un Hollande bien briffé dans ce sens par cette oligarchie.

Jusqu’à présent la tentative de masquer au peuple la véritable cause de cette pompe aspirante du bas vers le haut, un haut d’ailleurs en grande partie hors de nos frontières dans des multinationales apatrides, a fonctionné en portant Macron vainqueur du deuxième tour après le tri, aidé par les médias, fait par les électeurs lors des primaires et du premier tour de la présidentielle. Le pays s’appauvrit par le bas, le petit peuple et les classes moyennes. La pauvreté touche désormais un nombre croissant de personnes de tous âges. Les organismes de secours viennent de plus en plus pallier à détournement de l’Etat de la pauvreté pour engraisser les plus grosses entreprises et particulièrement les multinationales. Si l’ouvrier licencié crie son désespoir, le salarié public et privé finit  par s’accommoder d’un chômage endémique et de la précarité de son emploi tant que cela lui permet de vivre, mais certains subissent le burn-out.. Les petits paysans triment un peu plus et baissent la tête de peur ne n’avoir plus les subventions européennes mais un par jour se suicide. 

Car c’est bien là le cœur des raisons qui font fuir une partie de l’électorat vers Emanuel Macron parce qu’il représente la sécurité dans la continuation d’un processus européen dont une bonne partie des électeurs n’est pas en mesure de juger de l’impact négatif que cela a sur notre pays. Le matraquage médiatique et politique systématique du catastrophisme de la sortie de l’Euro marque les esprits pour longtemps. C’est un fait politique qu’a parfaitement compris Marine Le Pen dans son discours d’aujourd’hui où elle a soigneusement évité de parler de sortie de l’euro et de sortie de l’UE en le noyant sous l’affirmation de la reconquête de notre souveraineté. Pour tous ceux qui ont un peu de connaissance des traités de l’UE, il est improbable que Marine Le Pen puisse faire bouger une ligne de ceux-ci sans soulever des protestations de beaucoup d’autres pays. En conséquence ces promesses se heurteront à la réalité, comme les promesses dispendieuses de Mélenchon se seraient heurtées à la réalité économique et financière de notre pays.

A ce propos je note que des agriculteurs s’accrochent à la PAC donnée selon eux par l’UE, aide sans laquelle ils ne peuvent plus vivre. A l’argument logique qui consiste à faire comprendre que l’UE ne crée aucune aide et n’est qu’une simple pompe aspirante de nos sous et refoulante pour partie vers nous, ils opposent cet argument de logique ancienne du « un tien vaut mieux que deux tu l’auras ». Le manque de confiance dans les promesses de nos politiques fait ainsi perdurer un système mortifère. Nous versons 23 milliards à l’UE qui nous en restitue 14 dont 9 pour la PAC. C’est pourtant simple de comprendre que nous versons un solde de 9 milliards à l’UE et que ,sur les 23 milliards récupérés en sortant de l’UE, il est facile d’en redonner 9 ou plus aux agriculteurs. Ce raisonnement d’une logique incontournable n’imprime toujours pas parce que le catastrophisme de la sortie de l’UE est désormais ancré dans notre cerveau reptilien. 

C’est bien pire pour la sortie de l’euro car Xavier Bertrand n’est pas le dernier à enfoncer le clou du catastrophisme. « Si vous gagnez mille euros, devenus mille francs, et que le franc se dévalue de 18% par rapport à l’euro, vous perdez 180 euros, et vous ne pouvez plus vivre ». Cela porte comme la logique élémentaire capable de vous faire prendre les vessies pour des lanternes. Premièrement l’affirmation des 18% de perte n’est pas vérifiée par les interlocuteurs ou les spectateurs. Le 3 mai 2016 la livre s’échangeait contre 1,264 euros, le 1er mai 2017 la livre s’échange contre 1,186 euros. Elle s’est donc dévaluée de 6,58% et non de 18% soit presque trois fois moins ! Le FMI prévoit d’ailleurs une dévaluation du franc de l’ordre de 6% en cas de sortie de l’UE et les estimations de la plupart des organismes liés à la finance prévoient une dévaluation de 6 à 10%. Mais le raisonnement de Xavier Bertrand oublie de dire que la baguette de pain faite à partir de blé cultivé en France passera aussi de 1 euro à 1 franc. Si l’on paiera un peu plus cher les produits importés comme l’électroménager et l’habillement, il y a fort à parier que les producteurs étrangers rogneront leurs marges pour garder le marché français. D’ailleurs l’euro valait 1,153 dollars le 2 mai 2016 et ne vaut plus que 1,089 aujourd’hui. Cette baisse de 5,9% est passée inaperçue du consommateur. On peut parler du pétrole où 75% de taxes diminuent les effets du prix du brut à la pompe que ce soit à cause des fluctuations de son prix de marché, avec une baisse de 50%, soit à cause d’une dévaluation.

A contrario le pari de doper l’économie française de 6% par une politique d’austérité diminuant le pouvoir d’achat (ce que l’on nomme la dévaluation interne) avec un report d’aide aux entreprises est très difficile à gagner et l’exemple grec et italien est là pour le démontrer. Quant à la dette publique et privée libellée entre 97% et 98% en monnaie nationale, elle passera automatiquement pour ces pourcentages sous la dénomination franc au lieu d’euro comme le veut la loi internationale de la « lex monetae ». Celle-ci a d’ailleurs été appliquée dans l’autre sens au moment du passage à l’euro. Enfin en ce qui concerne les taux d’intérêts sur les emprunts, on peut juger avec le Brexit que cela n’affecte pratiquement pas le Royaume-Uni parce que c’est la confiance des prêteurs dans l’économie du pays qui influe sur les taux. L’économie britannique se porte bien, à nous d’en faire autant avec le dopage d’une dévaluation qui boosterait notre compétitivité immédiatement de 6% par rapport à l’Allemagne, mais aussi à tous les pays du monde.


Si les français ont peur de sortir de l’UE 

C’est parce qu’ils n’ont pu entendre

Que la voix médiatique et politique 

De ceux qui ont intérêt à ce…

Qu’ils restent dans l’UE, 

L’intérêt de la Finance,

A leur détriment !


Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon