jeudi 25 mai 2017

Les vraies politiques dont on se garde de débattre

La politique d’enfumage de l’opinion continue de jouer à plein. La nomination d’un Premier Ministre, exfiltré de LR, avant que le résultat des législatives ait donné son verdict, ainsi que la nomination de Bayrou à la Justice sur un programme de moralisation, n’est pas anodine. Elle montre que l’on veut d’une part, nous inciter à voter « En Marche », devenu seul vote utile puisque LR est servi et collabore en disant pratiquement la même chose, et d’autre part nous mobiliser sur un sujet, certes nécessaire à traiter, mais dont l’urgence et l’importance est bien en-dessous des grands sujets de politique sur lesquelles il faut éclairer le peuple et prendre des décisions cruciales. La loi sur la moralisation se heurte d’ailleurs dès le départ à la réalité des pratiques « institutionnelles » de la gente politique dont Ferrand est une illustration parmi d’autres. Son grand tort, c’est, comme pour Fillon, d’être mis dans la lumière des médias. « Pour vivre heureux, vivons cachés » disait Florian, ce qu’ont toujours appliqué les grands bourgeois lyonnais et bordelais.

La réalité est venue de nouveau s’installer avec l’attentat de Manchester, attentat habituel avant des élections, qui conduisent les gouvernements à des dispositions sécuritaires de plus en plus sévères et des restrictions des libertés. Ceci a pour conséquence, et peut-être pour but, d’augmenter la pression de contrôle par l’Etat sur le peuple, d’une façon dont celui-ci ignore finalement les limites. Certains s’étonneront même de toutes les zones d’ombre qui entourent les informations officielles et de la coïncidence répétée entre élections et attentats, alors que la peur peut être distillée par Daech à n’importe quel moment. Quel intérêt aurait Daesh à voir les gouvernements prendre des mesures spectaculaires pour montrer son efficacité aux électeurs ? J’arrête là et c’est à chacun de se faire une opinion en allant chercher les informations non officielles dont la véracité mérite d’être aussi contrôlée. Devant l’horreur que ceci nous inspire, il nous reste à penser à tous ceux qui payent de leur vie ou dans leur cœur pour des causes qui leur sont étrangères. Je tenais simplement, en partant de faits actuels et réels, à montrer le décalage entre ce que l’on nous présente comme important et ce qui devrait l’être. 

Avant d’aller plus loin, il faut avoir en tête les buts recherchés par l’UE et ses mentors américains et allemands. Mes deux articles précédents les mettent en lumière mais ils peuvent se résumer par la disparition des nations et la mainmise économique et militaire de l’Europe par les puissances de l’argent qui soutiennent la politique hégémonique américaine et l’objectif d’institution d’un Nouvel Ordre Mondial. Alors en ce qui concerne la France, on voit que trois sujets sont éludés au maximum. Il s’agit de l’appartenance à l’UE, de la politique migratoire, et de la politique énergétique liée au réchauffement climatique. L’appartenance à l’UE est un sujet qui a pointé son nez lors du premier tour de l’élection Présidentielle, et utilisée par la plupart des partis pour reporter sur l’UE les critiques sur la politique menée par les deux gouvernements précédents. Les termes de « réaménagements » et « renégociations » permettaient d’affirmer une volonté de changement tout en préservant du temps avant d’arriver à un résultat ou non. Je dois dire qu’un seul candidat a été vraiment clair sur le Frexit, malheureusement l’opinion n’est pas prête à écouter ces vérités. La peur de perdre l’euro a été incrustée dans les mémoires et rabâchée. Il faudra du temps et vivre des désillusions pour les vaincre.

L’omerta est mise aussi sur la politique migratoire grâce à la mise en avant de la lutte contre Daech et les mesures de sécurité pour surtout donner le nom des coupables à la vindicte publique. Des arrestations préventives sont bien effectuées mais il n’est pas toujours prouvé que les suspects aillent vraiment passer à l’acte. De toute façon l’opinion est bien avertie que, rien ne garantit qu’un autre attentat ne va pas se produire, l’opinion l’a intégré. Cette focalisation sur les terroristes a un quadruple avantage. D’abord il fait la distinction entre le bon et le mauvais islam, comme si la séparation était vraiment tranchée. Ensuite il met en sourdine le problème des camps de réfugiés qui se dispersent un peu partout avec un flot en augmentation. De plus il évite de parler des solutions à un problème grandissant. Enfin il justifie nos incursions en terre d’Islam sans l’aval de l’ONU mais sous la sollicitude « bienveillante » des États-Unis. Sur ce dernier point, la guerre de la coalition ne peut rien résoudre,  il n’y a qu’une solution pour la paix, c’est la diplomatie avec la présence des russes et de Bachar el-Assad. Or c’est ce dernier qui est en réalité visé et ceci d’autant plus qu’il est soutenu par la Russie. Par contre nous attisons la haine contre nous au Moyen-Orient et nous donnons des raisons supplémentaires au terrorisme sur notre sol. 

La troisième politique dont on ne débat pas mais qui s’impose comme un dogme, c’est le « mixte énergétique », ce qui se traduit par « Mixte énergies renouvelables (EnRi) contre nucléaire » mais qui devrait en réalité être traduit dans l’esprit des français par « Mixte EnR – combustibles fossiles – nucléaire ». Le dogme peut se résumer ainsi, le nucléaire est dangereux et il faut lutter contre le réchauffement climatique avec des énergies propres. Présenté ainsi l’opinion ne peut réagir car en effet le nucléaire est potentiellement dangereux et disposer d’énergies propres pour lutter contre le réchauffement climatique est en effet alléchant. Ceci dit la voiture est aussi potentiellement dangereuse, elle l’est d’autant plus que le conducteur est imprudent ou inapte, mais elle l’est d’autant moins que l’Etat nous procure de bonnes infrastructures routières et que les constructeurs nous vendent des voitures de plus en plus sûres. La deuxième objection est que le consensus scientifique sur le réchauffement climatique est réel alors que des milliers de scientifiques, dont deux Prix Nobel, ont signé une charte de climato scepticisme et que deux dirigeants des plus grands pays du monde ont émis les plus grandes réserves sur l’impact de l’homme sur le réchauffement.

Pour ce qui est du scepticisme, je renvoie à une conférence du scientifique américain, professeur en sciences de l’atmosphère au MIT, Richard Lindzen le 27 avril 2017 publiée ici en annexe. C’est donc une aventure dans laquelle on nous conduit sans que nous soyons sûrs que nous puissions agir sur le climat d’une planète soumise à des influences multiples dont celle de l’astre qui nous permet d’exister. Cette réponse est capitale parce que c’est des centaines de milliards qui sont en jeu dans les orientations de la COP21. L’affirmation que nous pouvons disposer d’énergies propres est malheureusement erronée, car les énergies renouvelables concernées, solaire et éolien, sont intermittentes. J’ai montré dans des articles précédents qu’à cause de cette intermittence, on constate sur les chiffres communiqués par RTE qu’en gros 1kWh produit par les EnRi entraîne la production de 1kWh d’énergies fossiles, dites sales. De plus les panneaux photovoltaïques eux-mêmes sont loin d’être écologiques. Leur fabrication demande du phosphore, du bore, de l’EVA (éthylène-acétate de vinyle) du verre et de l’aluminium. Dans moins de 20 ans, comment recyclera-t-on ces millions de PV, d’onduleurs et de batteries associés à leur fonctionnement ? 

Si je parle des PV c’est que Ségolène Royal avant de partir a signé le 9 mars 2017 un dernier arrêté qui donne de nouveaux avantages aux particuliers pour l’installation des PV. Pour une famille qui voudrait installer entre 20 et 60 m2 de capteurs solaires sur son toit (soit 3 à 9 kW crête), le tarif d’achat s’étale de 15,89 c€/kWh à 18,7 c€/kWh, prix très supérieur à celui de la production industrielle estimé à 5 c€/kWh. Ceci va entraîner, si l’on examine cet arrêté particulièrement touffu, avec la nouvelle prime à l’installation et le nouveau tarif d’achat, il pourrait coûter à la collectivité jusqu’à plus de 100 milliards d’euros à rembourser sur nos factures pendant 20 ans ! Je me sers de l’actualité pour sensibiliser les lecteurs à une véritable arnaque mondiale mais qui touche particulièrement notre pays qui se veut être un leader dans le « sauvetage de la planète ». Le pire c’est que cela trompe même les véritables écologistes qui luttent pour assainir notre environnement. L’article suivant reviendra sur ce sujet qui va peser lourdement sur le budget français, comme il le fait en Allemagne, alors que l’information donnée à l’opinion est particulièrement vicieuse et déformée.
 
Nos politiques énergétique et migratoire sont contraires

A nos intérêts comme la politique monétaire,

Mais c’est toujours les mêmes 

Qui tirent les ficelles !
 
Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon
 
Annexe

http://merionwest.com/2017/04/25/richard-lindzen-thoughts-on-the-public-discourse-over-climate-
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