mercredi 17 mai 2017

Arrêtons de tuer la démocratie par le vote "utile" et "contre"

Il ne s’agit pas pour moi de jeter l’opprobre sur quiconque concernant les votes auxquels vous avez participé, primaires, premier ou deuxième tour de la Présidentielle. Mais le constat de nombreux citoyens, lorsqu’ils ont vu le score d’Emmanuel Macron au second tour, n’a pas été de se réjouir d’avoir voté pour lui, mais de se dire que, vu l’ampleur du résultat, ils auraient mieux fait de s’abstenir. Ce sentiment est né du constat du décalage entre les votes d’adhésions et les votes contre Marine Le Pen. Ce sentiment est partagé par nombre d’électeurs aussi bien de gauche que de droite. Mais il prend une autre signification quand on constate que le vote contre Marine Le Pen n’avait aucune raison d’être, car celle-ci n’avait de chances d’être élue que dans les incantations des médias mainstream, et des politiciens allant de Mélenchon (on peut comprendre pourquoi) et tous ceux à sa droite jusqu’aux Républicains. La diabolisation de ce mouvement est une vieille tactique à laquelle les électeurs se font toujours prendre. L’extrémisme, dit de gauche ou de droite, ne prendra jamais le pouvoir tant que la démocratie règnera encore en France. 

Mais à rejeter les extrêmes par l’emploi du vote contre, il faut réaliser que l’on promet des nouvelles formes de fascisme dont le couple Macron-Philippe va être l’illustration. En effet ce couple se présente avec le vote des 2/3 des français, enfin c’est ce qu’en retire les étrangers et les électeurs qui ne cherchent pas plus loin la signification réelle des votes des inscrits, et se limitent aux votes exprimés. L’adhésion réelle, au moment de la sortie de l’isoloir, ne dépasse pas 1/3 des votes des inscrits sur les listes électorales et pas plus de ¼ des citoyens pouvant voter. D’après les sondages, le vote d’adhésion sur le « programme Macron » se réduirait  à quelques % du corps électoral. Pensez-vous vraiment que le vote issu du mélange des votes pour et contre sur un même nom peuvent donner une image réelle de l’opinion de nos concitoyens ? Reconnaissez honnêtement que non. Avec un vote sur ses véritables choix au premier tour et une abstention au deuxième tour n’aurait rien changé au résultat final, Macron aurait été élu.

Pourtant nous serions dans une situation toute autre comme le montre le graphique ci-contre. Macron ne pourrait pas plastronner comme il le fait, les médias mainstream baisseraient un peu l’intensité des discours béats sur une réussite exceptionnelle. Mais plus important encore, l’explosion des anciens partis aurait été beaucoup moins destructrice, et le ralliement des ambitieux, des corrompus, à la gamelle Macron, aurait beaucoup moins attiré ceux qui cherchent où est leur meilleur intérêt. Le paysage politique en général ne serait pas un tel champ de ruines, et nous n’aurions pas élu un homme du Système qui espère se doter définitivement du pouvoir monarchique après les législatives. Si nous continuons nos habitudes prises depuis le constat de la faiblesse de nos dirigeants, donc de longue date, de voter finalement plus en vote utile et contre qu’en vote d’adhésion, le résultat sera le même. Nous aurons un grand parti macroniste et majoritaire, un parti de droite issu des cendres fumantes de la Présidentielle, et des partis extrêmes croupions. La monarchie des puissants et de leur élu de Président aura les mains libres pour affamer le peuple par petites touches déjà préparées.

Au premier tour, le vote pour ses réelles convictions affaiblit les groupes politiques les plus puissants, le vote utile les renforce. A ceux qui disent que, si l’on ne vote pas utile, les macronistes emporteront la mise, je peux affirmer sans grand risque qu’ils gagneront en effet ses élections législatives, mais dans tous les cas. Pourtant la démocratie veut que l’Assemblée Nationale représente la diversité des opinions des français, sachant déjà que la non-proportionnalité donne un avantage considérable aux groupes politiques les plus représentatifs. Or le vote utile et le vote contre ont deux effets, celui de pénaliser un peu plus les petits groupes politiques, et celui de donner une image déformée des résultats du deuxième tour avec une avantage supplémentaire en nombre de sièges au groupe le plus représentatif, celui qui est dans la dynamique présidentielle. Pour le premier tour j’ajoute, et ce n’est ni primordial ni anodin, cela prive les petits groupes de subventions de l’Etat, à raison de 1,4 par vote, et ensuite de représentation médiatique future puisque le CSA se base sur le score obtenu aux élections précédentes. 

Le vote utile fait par les électeurs socialistes sur le nom de Macron a tué le parti socialiste et rendu ridicule le verdict des primaires en abandonnant lâchement leur candidat Hamon. Mais, à un moindre degré, il en a été de même à droite, puisqu’il a fallu sortir le bazooka des affaires pour tuer Fillon. Son score décevant, qui l’a exclu des primaires, est dû au report d’électeurs de droite qui n’ont plus crû en ses chances et voté sans conviction pour Macron. Le résultat se voit aujourd’hui, les Républicains, regardent fuir les rats du bateau qui coule. Si nos concitoyens arrêtent d’écouter les sirènes des groupes les plus puissants, et en particulier celui du Président, et votent selon leurs convictions, le paysage politique français au premier tour sera représentatif des opinions diverses des électeurs. Les petits groupes y trouveront une nouvelle vigueur et des armes médiatiques pour contester les autres, comme ils ont pu le faire dans le seul débat télévisé à onze avant le 1er tour de la Présidentielle.

L’élection législative permet aux groupes politiques d’obtenir des sièges à l’Assemblée donc de représenter des opinions politiques sur la conduite des affaires du pays. Il ne s’agit pas de désigner un maire comme aux élections communales ou la personnalité du candidat a souvent plus d’intérêt que sa couleur politique. Le candidat à la députation représente une tendance politique et sa personnalité est moins importante que cette tendance qu’il représente. Il faut donc voter pour un groupe politique plus que pour un individu, sous réserve que celui-ci ne traîne pas des casseroles qui le disqualifie. A ce vote POUR lors du premier tour, le vote au second tour ne devrait être qu’un autre vote POUR si le candidat du premier tour est toujours présent, ou l’abstention et non le vote blanc tant que celui-ci ne sera pas compté avec l’abstention. 

Tous les leaders politiques qui vous ont incité à voter CONTRE n’ont eu aucun respect pour le déroulement normal de la démocratie et vous ont conduit vers un résultat que finalement beaucoup regrettent vu son ampleur. L’un de mes amis, pur socialiste au bon sens du terme, ne dort plus pour avoir voté Macron et non Hamon au 1er tour. Je lui ai dit qu’il avait participé à l’extinction du parti qui lui est cher. Il va voter socialiste au 1er tour de la législative, mais le mal est fait. Le raisonnement se serait aussi bien appliqué en cas de présence de Mélenchon avec Macron au deuxième tour. Il nous importe donc de s’imbiber des programmes des différents leaders politiques quand ils existent encore pour voter en pleine conscience aux législatives. Il faut aussi comprendre que le clivage gauche-droite n’a plus de sens et le couple Macron-Philippe est là pour convaincre les incrédules. C’est notre présence, plus ou moins acceptée, dans le Système qui devient l’enjeu majeur. On vote pour les européistes ou on se retourne sur notre passé récent pour constater que l’UE nous tue, et que l’on ne nous propose rien d’autre que de continuer plus vite et plus fort ! 

Ne vous laissez plus influencer par les politiciens manœuvriers 

Ils sont surtout en quête de stratégie pour eux-mêmes.

Votez POUR en conscience du véritable enjeu : 

La France au service des puissants de l’UE

Ou la France de toujours qui se veut 

Libre, pacifiste et indépendante !
 
Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon