vendredi 5 mai 2017

L’euro est déjà mort et on nous le cache !



Cette élection présidentielle est prémonitoire du chaos qui va naître en France par suite de l’écart entre la vérité inculquée depuis vingt ans sur l’UE et l’euro, et la réalité. Le concert des européistes, relayé par une puissance médiatique aux mains de grandes fortunes, va infliger une cuisante défaite aux indépendantistes dispersés par leur attitude sur le traitement de l’immigration. Emmanuel Macron sera élu dimanche sans surprise et le prochain vainqueur des élections législatives suivi par Les Républicains indispensables pour constituer une majorité selon les sondages. Cette large majorité ne laissera que des miettes à la France insoumise et au FN qui seront heureux s’ils ont assez de sièges pour former chacun un groupe parlementaire. Si le scénario de dimanche est déjà acté, celui de juin peut évidemment être bouleversé par des évènements imprévus et des alliances contre nature. Mais le but des législatives pour les européistes est de laminer les partis de la contestation européenne.

Une fois les européistes entre eux, la guerre ne tardera pas à s’allumer car leurs forces risquent d’être assez comparables et l’on aura sans doute un Premier Ministre républicain dans une cohabitation cohérente pour un temps. Les extrêmes seront dans la rue, les usines continueront à fermer ou à licencier, les enseignants à faire grève, les hospitaliers à réclamer un travail décent, les agriculteurs à subir la concurrence déloyale de l’étranger et le joug des prix bloqués par les grandes surfaces, les professions libérales vont voir arriver l’ubérisation de leurs professions, les retraités à 1200 euros/mois et plus vont payer un peu plus la CSG pour les actifs (un comble !). Le taux de chômage fera le yoyo autour de son palier et l’argent du travail continuera à aller du bas vers le haut des fortunes. Le rêve des jeunes sera malheureusement de courte durée parce que l’UE qu’on leur a vendue n’existe déjà plus. 

« L’UE est morte » a prévenu Philippe De Villiers et l’euro sera sans soute son fossoyeur. C’est l’analyse stupéfiante qui va ressortir de cette élection manipulée par un trucage préparé depuis plusieurs années. Jacques Attali se frotte les mains, avec ses compères Jouyet, Minc et BHL. L’UE va gagner par KO et le Nouvel Ordre Mondial sera remis « En Marche » après une période de doute des français. Tout a été fait pour masquer la réalité d’une UE lézardée et d’un euro au bord de l’apoplexie. Pour cela il faut regarder la France à partir de l’étranger et avec l’œil des banquiers car les signes d’euphorie que l’on distille avec une reprise de la croissance sont bien pâles. La Bourse de Paris se porte à merveille en déconnection avec la solidité de notre économie mais ses yeux sont rivés sur la City et Wall Street. Abreuvés par les liquidités de la BCE, les banquiers, les fonds de pension et les assureurs spéculent tant et plus. En deux ans c’est 1.500 milliards que la BCE a déversé sur les banques ! Apparemment tout va bien sauf que…

Il s’est installé parmi les banquiers une méfiance sur la prise de risque. Les risques de faillite des banques italiennes, voire allemandes, ont fait leur effet sur leur attitude de prêteur et d’investisseur. Ceci se traduit par un engouement pour les obligations souveraines et autres dérivés les plus sûrs et d’autre part par une méfiance interbancaire. Les banques se recroquevillent sur elles-mêmes et n’alimentent plus normalement l’économie. Ce sont les pays qui apparaissent les plus sûrs, en premier lieu l’Allemagne et les Pays-Bas, mais aussi la France et la Finlande avec toutefois une bien moindre attirance, qui accumulent dans leurs banques les liquidités déversées sans fin par la BCE. C’est 348 Milliards qui se sont accumulés dans la Bundesbank allemande dont une bonne partie est constituée d’obligations de pays en difficulté ou d’obligations pourries. Le risque pour cette banque est énorme et inquiétant. Elle peut être emportée dans une crise systémique. 

En fait les banquiers ont anticipé la fin de l’euro qui entraînera le chaos dans l’UE et sa disparition sous sa forme actuelle. L’euro constitue l’épine dorsale économique de l’UE. Les économies de l’Allemagne et des Pays-Bas sont de plus en plus divergentes de celles de la Grèce, du Portugal, de l’Italie, de l’Espagne et même de la France. L’Allemagne avec 247 milliards d’excédents de sa balance des paiements éponge l’argent des pays du sud dont la France qui a un déficit de 47 Mds. Les flux entre les pays montrent que l’argent, à 60 %, se stocke en Allemagne et la circulation de l’argent ne se fait plus ailleurs. Les Banques sont frileuses et méfiantes parce qu’elles attendent le pire. Comme le résume très bien Charles Sannat, on est devant la situation suivante :

  •  Il n’y a plus dans les faits d’union bancaire
  • Il n’y a plus dans les faits de confiance entre les banques.
  • Il n’y a plus dans les faits de zone euro viable.
  • Il n’y a plus dans les faits d’Europe pérenne dans cette configuration-là.

Autrement dit la situation ne peut que se détériorer jusqu’à l’implosion que les divergences de plus en plus grandes entre les pays, dont celle de l’immigration, ne feront qu’accentuer. Les Grandes Orientations de la Politique Économique européenne, imposées à tous les pays dont la France, ne vont pas dans le sens du rapprochement des économies mais dans celui de l’austérité imposée aux pays dont la compétitivité est inférieure à celle de l’Allemagne. Souvenons-nous que les quarante milliards donnés aux entreprises françaises contre la promesse du Medef de la création d’un million d’emplois n’a rien créé du tout et que la croissance de la France n’est pas revue à la hausse par le FMI contrairement à celle du Royaume-Uni.
Voilà la situation ubuesque qui sera le résultat de cette élection présidentielle où l’on a soigneusement caché l’état actuel de l’UE en la présentant toujours comme la seule issue possible et souhaitable, tout en tambourinant le catastrophisme de sa sortie. Ceci n’a fait que renforcer la frilosité des électeurs à la pensée de perdre l’euro, à tel point que la candidate Marine Le Pen a gommé tout ce qui fâche derrière des délais et un référendum qui ne serait déclenché que si elle était sûre de le gagner. Elle a ajouté en plus une méconnaissance de ce dossier et une incapacité à le défendre pied à pied. Elle a même omis de dire tout simplement que l’on vivait très bien en dehors de l’UE et de l’euro en Suisse, Norvège et Islande mais dans l’EEE, Espace Économique Européen. Elle a focalisé sur la fermeture des frontières qui ne peut être efficace quand la politique migratoire est entre les mains de l’UE.
Il fallait expliquer aux français que l’UE et l’euro sont indissolublement liés, mais que l’on peut sortir du traité de Schengen et de celui de l’OTAN indépendamment de notre appartenance à l’UE. En mettant la charrue avant les bœufs, la candidate est apparue comme peu sûre sur ce sujet et a distillé involontairement que la sortie de l’euro offrait un risque qu’elle hésitait à prendre. Elle n’a pas osé faire comprendre que la sortie de l’UE entraînait automatiquement la sortie de l’euro et que la Suède, le Danemark, la Pologne ont une monnaie nationale et une économie en forme. Dire que la France est trop petite pour résister économiquement à la Chine et aux États-Unis, c’est avouer que nous ne voulons pas recevoir de leçons de la Suisse, notre voisine, dont le PIB/habitant est l’un des plus élevés du monde. La Suisse a une industrie horlogère, chimique et pharmaceutique qui en fait un pays commerçant dans tout l’univers avec une monnaie nationale.
En conclusion il va falloir saluer la victoire en rase campagne des européistes, en attendant l’explosion sociale en France et l’implosion de l’UE par la chute de l’euro. Mais on peut voir aussi arriver le jet de l’éponge par l’Allemagne qui ne peut envisager que les pays du sud en difficulté œuvrent pour une mutualisation des dettes sachant que c’est elle qui en paierait la plus grande part. Le krach financier par les banques est aussi probable. C’est malheureusement vers des heures sombres que nous allons mais c’est un passage nécessaire pour que les bonimenteurs voient enfin les badauds éviter leurs étals. Car le “réformisme” est un leurre, nous sommes manipulés pour valider un système criminel et exploiteur. Il faut reconnaître la puissance de l’argent de l’oligarchie financière qui a échoué provisoirement aux États-Unis mais qui va réussir en France avec son pilonnage des esprits par les médias. Rien n’est perdu mais on aurait pu se ressaisir avant d’être obligés de le faire dans la douleur, car nous n’échapperons pas à la vérité de la situation actuelle de l’UE.
La France ne progresse que par grands sauts de révolte 

Car son amour de l’idéologie lui masque la réalité.

Elle ne se décide pas par pragmatisme 

Mais par élans vers le rêve

Et les déconvenues !
 
Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon