mercredi 24 mai 2017

Faire disparaître la France dans la collaboration (2ème partie)

Dans la première partie de cet article j’ai essayé de montrer d’une part que nous suivions une lente mais inexorable descente vers la perte de notre indépendance, et d’autre part que l’argumentation du danger d’une sortie de l’UE ne relevait que de la propagande. Le Royaume-Uni montre à tous les pays européens que sa sortie était largement prise en compte par les marchés boursiers qui s’accommodent de la baisse de 10% de la Livre, ne sanctionnent pas la dette britannique et ne font pas fuir les capitaux. Le directeur de la Banque d’Angleterre avait prévu la catastrophe et a dû reconnaître en décembre dernier qu’il n’en était rien. L’argument, avançant que la sortie n’est pas faite mais la demande seulement signée, ne tient pas plus parce que les marchés ont déjà anticipé cette sortie inéluctable. Les rodomontades de Junker, de Moscovici n’effraient pas le Royaume-Uni qui va menacer de claquer la porte des négociations. L’Allemagne intercèdera alors car elle a une balance commerciale très bénéficiaire avec ce pays.

Nous sommes donc le jouet d’une propagande européiste dans la politique du Nouvel Ordre Mondial cher aux grandes puissances de l’argent et de la stratégie hégémonique américaine. De gré ou de force nous singeons les Etats-Unis. Comme eux, nous créons un parti Les Républicains, nous introduisons des primaires, qui n’ont rien de constitutionnel et qui donne un avantage médiatique considérable aux partis dominants. Le langage politique lui-même s’américanise. On va créer aujourd’hui une Task Force auprès du Président. Tout ceci n’est pas de simples détails, c’est une politique générale à long terme d’une UE américanisée. Il s’agit donc de démonter les différents rouages mis en œuvre pour réduire en miettes la France historique.

1.- La régionalisation 

La régionalisation des pays européens est lancée depuis longtemps. Le Comité européen des régions (CdR) a vu le jour en 1992 avec le traité de Maastricht. C’est l'assemblée des représentants locaux et régionaux de l'Union européenne qui permet aux pouvoirs infranationaux (régions, comtés, provinces, départements, communes, villes, etc.) de faire entendre directement leur voix au sein du système institutionnel de l'UE. Il ne s’agit pas d’une petite instance. Il est composé de 350 membres et autant de membres suppléants. La France y dispose de 24 membres. Leur nombre pour chaque État membre reflète son poids démographique. Les membres sont des représentants élus au niveau territorial et le CdR est assujetti au principe de subsidiarité. Le CdR, depuis le traité de Lisbonne, peut saisir la Cour de Justice Européenne pour faire valoir ses droits. Le CdR œuvre pour la montée du régionalisme et en servant de porte-voix des régions, il minimise le pouvoir des Etats et incite plus ou moins directement aux mouvements indépendantistes régionaux.

Chacun peut constater que le régionalisme augmente en France et que la création des super-régions n’a pas pour objet de ressembler aux länder allemands, qui ont des tailles très différentes entre elles, mais bien aux Comtés américains. Déjà la Corse affiche ostensiblement son aspiration à l’indépendance, la Bretagne y pense depuis longtemps et les Catalans peuvent chevaucher les Pyrénées comme les Basques. L’Écosse veut lancer un référendum sur le sujet, idem pour la Catalogne, les Flamands ne cessent d’œuvrer vers la séparation avec les Wallons, l’Italie du Nord est historiquement opposée à l’Italie du Sud, etc. La carte des nouvelles régions de l’UE, publiée par les Verts, est déjà dessinée, la réduction des pouvoirs de l’État au profit de grandes régions est en marche. La réduction se continuera jusqu’à l’extinction des États.

2.- Le fédéralisme

  Si l’UE ne va pas bien, c’est qu’il faut plus d’Europe. On veut faire évoluer les peuples vers une identité unique sous la coupe d’une UE, et le moyen est de s’attaquer à leurs pouvoirs régaliens. Qui détient l’argent détient le pouvoir, c’est pourquoi l’œil de l’UE sur le budget des États se fait de plus en plus inquisiteur et influent. On voit même que dans le cas de la Grèce, ceci devient une mise sous tutelle. Incapable de soutenir un euromark dans son économie, la Grèce demande toujours plus d’aide. Celle-ci lui est chichement donnée mais à condition de serrer d’un cran de plus la ceinture de l’austérité. La zone euro est le carcan dans lequel on tient les principaux pays, d’ailleurs ses résultats sont globalement moins bons que ceux des pays à l’extérieur de la zone. On se garde bien dans les statistiques de montrer les chiffres comparatifs. On donne les totaux pour l’UE et la zone euro, pas pour la zone hors euro. Par contre on se sert de cette zone pour envisager un gouvernement économique chapeautant l’ensemble, dont on ne voit pas bien ce qu’il pourrait faire de bien sans un pouvoir politique. C’est tout simplement un nouveau pas vers le fédéralisme qui met les Etats en dépendance pour aller vers leur disparition.

3.- Le multiculturalisme
La politique européenne est fortement orientée vers l’immigration et l’Allemagne s’est fait le chantre d’une grande ouverture avant de rétrograder quelque peu. La politique d’empêchement des arrivées s’est traduite en réalité par une politique de sauvetage de naufragés. Il devient plus sûr de traverser la Méditerranée, le nombre de migrants est donc plus incité à migrer. Les frontières terrestres de l’UE sont des passoires et certains États refusent l’immigration.  In fine personne n’y échappera. Mais ceci est complété par une politique de multiculturalisme qui part du principe que les autochtones et les migrants seront forcés de s’entendre, par simple nécessité de survie, et que cette mixité est une source d’enrichissement. Le peu d’intérêt déployé pour une ambitieuse politique d’assimilation montre que l’objectif est un « melting pot » à l’américaine qui fait fi des oppositions culturelles et cultuelles, des langues et des mœurs. On en arrive à penser que la mise en action d’une tension perpétuelle est de nature à détourner l’attention des peuples des véritables buts recherchés. C’est accepter la loi du plus fort, le groupe le plus motivé et le plus nombreux qui imposera une « identité commune », donc sans support historique et finalement sans véritable interpénétration des cultures dans une nouvelle Europe des castes.

4.- L’intégration militaire sous la coupe étrangère
La mainmise sur l’économie de l’UE, que doit finaliser le TAFTA, traité transatlantique de libre-échange, ne peut survivre aux soubresauts que la politique d’austérité compte bien imposer de plus en plus fort sur les peuples, sans une armée de l’intérieur. L’OTAN, qui devait être dissoute après la chute du mur de Berlin, est de plus en plus présente en Europe. Elle nous justifie sa présence croissante en agitant le hochet de la Russie redevenue agressive. De toute évidence il s’agit d’un double but, le contrôle d’une UE qui va devenir sujette à de graves mouvements sociaux, voire des guerres civiles alimentées au besoin, et une attitude d’agression de la Russie. Le cauchemar américain c’est la constitution de l’Eurasie de Lisbonne-Brest à Vladivostok-Canton. La France présente une particularité dont il va falloir se servir tout en la dépouillant, sa force de dissuasion nucléaire. Celle-ci doit s’intégrer dans la politique hégémonique américaine sous couvert d’une défense européenne intégrée où l’Allemagne compte bien jouer le premier rôle. Cette défense européenne permettrait de faire passer le siège permanent de la France à l’Europe de la défense. Le passage de Ministère de la Défense à Ministère des Armées montre l’évolution assumée d’intervention permanente à l’extérieur de nos frontières pour les buts assignés par les États-Unis.
Le processus de désintégration de notre pays s’accélère,

La propagande de temps de guerre nous enfume,

Les peuples sentent que la démocratie se perd.

Mais la rapidité d’évolution les surprend

Et le rêve inaccompli de l’Europe

Fait courir encore l’électeur

Que seule la Révolution

Peut encore sauver !
Claude Trouvé
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon