mardi 23 mai 2017

Faire disparaître la France dans la collaboration (1ère partie)



J’étais encore bien jeune quand la seconde guerre mondiale a éclaté mais à quatre ans j’avais déjà vu la guerre de près dans les colonnes de réfugiés qui fuyaient devant l’avance allemande. J’ai connu la France Libre et au plus près du Maréchal Pétain à Vichy. J’y ai vu François Mitterrand l’accompagnant en ville au contact de la population, contact que j’ai gardé sur ma joue d’enfant. Il avait un succès fou dans cette France Libre et les américains étaient derrière lui. Par un hasard de l’histoire je me suis même trouvé devant l’hôtel du Parc, tenant la main de ma mère, lorsque qu’un command car a amené deux officiers allemands pour l’arrêter, alors que deux automitrailleuses bloquaient l’avenue à chaque bout. Le traître De Gaulle était bien isolé en juin 40 et plus tard l’Algérie Française ne lui fit pas bon accueil. Ma vie a donc commencé dans une ambiance de collaboration où la milice allemande a succédé à la gendarmerie française, où tous les murs avaient des oreilles et où la presse, la radio et le cinéma faisaient la propagande allemande quand ce n’était pas les artistes eux-mêmes. Tout le monde était susceptible de porter l’étoile jaune, celle qui vous valait de finir sous la torture ou dans un camp de concentration. Si je parle de souvenirs personnels, c’est que j’ai l’impression de revivre dans une ambiance malsaine qui me fait remonter à une période sombre de notre histoire.

C’est le parti socialiste qui avait donné les pleins pouvoirs à Pétain et la France a été occupée par la faute de généraux qui ont raisonné comme pour la première guerre de tranchées quand l’Allemagne nous a imposé une guerre de mouvement. La France a fini par échapper à l’occupation allemande, grâce surtout à la défaite cuisante que l’URSS a infligé à l’Allemagne sur le front est, et l’arrivée des troupes américaines sur le front ouest en France. Si la résistance française a redonné de la fierté à une France collaboratrice, elle n’a joué qu’un rôle tactique secondaire sur le terrain malgré toutes les pertes et les tortures endurées par ces hommes qui nous ont fait honneur. N’oublions jamais le courage de ces hommes qui ont par contre permis au Général De Gaulle de se prévaloir d’une armée française et de colonies encore libres pour s’affirmer comme un partenaire incontournable aux yeux des anglais et des américains. 

C’est aussi grâce à cette France résistante que De Gaulle a évité à la France la vassalité aux États-Unis juste après la victoire. La monnaie américaine était déjà prête pour remplacer la nôtre et la stratégie américaine était l’ébauche de celle que nous voyons se dérouler actuellement. C’est pour cela que je me suis permis de faire un retour historique. Il a fallu encore que De Gaulle, revenu au pouvoir, chasse les bases américaines de notre territoire qui avaient réussi à s’implanter entre-temps. La France qui avait survécu à l’idée de la Grande Europe, à vocation mondiale et voulue par Hitler, avait échappé pour la deuxième fois à l’emprise américaine. De Gaulle a pu alors tendre la main à l’Allemagne, ce fut la rencontre historique De Gaulle-Adenauer avec la signature d’un traité qui scellait une sorte d’alliance entre les deux pays dont était exclue toute présence de traités particuliers avec les États-Unis. Les préambules votés par le Parlement allemand, qui firent ensuite partie intégrante de la version finale du traité, réintégrèrent la possibilité de ces liens avec les USA. Ceci fit dire à De Gaulle qu’il avait été floué. 

Ce dernier, réticent d’appartenir à une Europe des six prête à collaborer avec les États-Unis, se lança dans une ouverture au monde vers la Chine, l’URSS, l’Amérique du Sud, le Canada, etc. Ce fut la grande époque de la France de De Gaulle. La France retrouvait son aura universelle, le général était acclamé partout transportant avec lui le symbole de la liberté des peuples à disposer d’eux-mêmes. Quand De Gaulle a rapatrié par bateau son or des coffres américains, les USA on jugé que la coupe était pleine. De Gaulle devait disparaître. La presse française est entrée en action et Cohn-Bendit a reçu, selon ses propres dires, de l’argent américain pour ce qui peut être considéré comme le premier « printemps » d’une tactique de déstabilisation qui est devenue la base de la stratégie américaine depuis. Les traces d’un épisode Algérie Française aux blessures encore fumantes, le chaos de mai 68 dont les communistes permirent de sortir par les accords de Grenelle, l’âge du général aboutirent finalement à son départ la tête haute en respectant le désaveu d’un référendum. Ce fut la dernière fois où le résultat d’un référendum a été respecté par le pouvoir.

Depuis que s’est-il passé ? La banque Rothschild est arrivée avec Pompidou, les regards de la France se sont retournés vers l’Europe et les États-Unis. L’État s’est remis dans les mains des banques privées pour emprunter. Giscard d’Estaing a préparé une alliance des monnaies européennes entre elles et ouvert la porte à une immigration de travail, mais ensuite au regroupement familial. Le migrant n’avait plus l’envie de repartir. L’attirance pour la France était plus forte et désormais les migrants procréaient sur notre sol et pouvaient bénéficier du droit du sol. L’immigration poussait de l’intérieur et de l’extérieur. La France était mise devant le choix de l’assimilation, ce qu’elle a oublié, ou de la juxtaposition de cultures et de religions avec toutes les difficultés du vivre ensemble. 

Mitterrand est tombé dans le piège de Maastricht où il pensait cadenasser l’Allemagne dans le troc de l’euro et de la réunification de l’Allemagne. Le lien de l’euro au mark s’est avéré destructeur pour notre économie. Le lien fort entre l’Allemagne et les Etats-Unis a depuis primé sur celui avec la France. Le duo franco-allemand pour être l’armature d’une Union Européenne n’existe que comme lien secondaire, à condition que la France se plie aux exigences des Etats-Unis et de l’Allemagne. Cette illusion est entretenue par les médias et les politiciens européistes pour ne pas avouer que nous n’avons pas réellement la maîtrise de notre destin. Ceci s’avère de plus en plus évident comme l’est le pouvoir de la technocratie bruxelloise et des banquiers de la BCE, tous deux sous cette double influence allemande et étasunienne. De fil en aiguille, la France se soumet à une vision de l’Europe totalement différente de celle d’un grand pays qui a lutté pour son indépendance depuis Clovis, Philippe Auguste, François 1er, etc. Le Pays Franc se voulait un peuple libre, comme son nom l’indique.

Après avoir échappé à la domination allemande et trois fois à la domination américaine, la France se livre avec délices à une vassalité qui n’a cure de son identité et du bonheur de son peuple. Mais cette vassalité est tournée vers l’étranger. L’Allemagne n’est pas la France et elle nous le fait savoir quand elle décide seule d’ouvrir les frontières de l’UE pour une immigration de repeuplement démographique, et qu’elle impose à la Grèce la torture d’une austérité de plus en plus sévère en refusant d’envisager un allègement de sa dette. Les États-Unis sont réellement une puissance étrangère dont les intérêts ne sont pas identiques aux nôtres. Si notre intérêt est de conclure des traités économiques et militaires, ils ne peuvent être une soumission à une domination. L’OTAN et la préparation du TAFTA sont des traités de domination pour faire de l’UE un glacis économique et militaire à son profit, bien plus qu’au nôtre. Quand un pays a un tel comportement vis-à-vis de l’étranger, il entre tout simplement en collaboration au plus mauvais sens du terme. 

On vient de voir rapidement quelques étapes majeures du glissement entre une France indépendante, maître de son destin, vers une France collaboratrice devenue le valet de puissances étrangères. L’argument de la France qui n’est plus assez forte pour vivre indépendante, et celui que l’UE assure la paix et nous permet de vivre mieux, ne sont que des arguments fallacieux que l’on se garde de justifier par des faits comparatifs. La Norvège, la Suisse et même l’Islande montrent qu’il y a un avenir hors de l’UE et même un meilleur niveau de vie. L’UE n’a pas empêché la guerre au Kosovo, mais l’arme nucléaire nous a donné la paix par l’équilibre de la terreur entre deux superpuissances. Alors vers quoi nous mène cette collaboration dans l’avenir ? A la disparition de la France. On en parlera dans le prochain article.

 
Il y a deux seules façons de construire une Europe 

La première c’est une Europe des Nations

Où chacune d’elles reste indépendante. 

La seconde c’est une Europe fédérale

Qui n’existe que dans la disparition 

Des Nations et la collaboration

A la puissance étrangère 

Qui l’a voulu ainsi !
 
Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon