vendredi 12 mai 2017

Réformer, résoudre dans l’UE ? Un leurre !

La plupart des candidats du 1er tour de la Présidentielle ont porté des accusations sur le fonctionnement de l’UE et se sont affichés comme porteurs de réformes nécessaires, même notre nouveau Président. Pourtant il y a autant de types de réformes que de candidats. Le plus en pointe et le plus clair est évidemment François Asselineau et son combat en choc frontal a fait fuir la plupart des électeurs. L’emploi du vote utile au premier tour a éliminé les « petits candidats », nommés et maintenus petits en ne leur réservant qu’une fenêtre minuscule d’accès aux médias depuis la campagne commencée en septembre 2016. La fenêtre de rééquilibrage, 15 jours avant l’élection et le refus par les « grands » d’un deuxième débat télévisé, était trop étroite pour que quelques petits candidats puissent faire un score respectable. Même Dupont-Aignan, un peu mieux loti par les médias, n’a pas réussi à atteindre la barre des 5% nécessaire à l’accès au remboursement des frais de campagne. Il en est réduit à la mendicité et ceci a certainement joué dans son ralliement à Marine Le Pen.

Bref, le vote utile a été bien utile à Macron. Au deuxième tour, c’est le vote CONTRE qui a de nouveau donné un coup de canif dans la démocratie en portant Macron bien plus haut qu’il aurait dû être en nombre de votes et en limitant l’augmentation du taux d’abstention. Ce dernier est aussi affaibli par la tendance des électeurs à considérer l’abstention comme un geste non-citoyen et à préférer le vote blanc ou nul, surtout dans les petites communes. Malheureusement ce vote blanc ou nul ne sert à rien puisqu’il n’intervient pas dans le comptage des votes exprimés. Il faut faire pression pour que le vote blanc soit compté comme un vote exprimé, il y aura moins d’abstentionnistes et le véritable degré de confiance donné à l’élu pourra représenter la réalité du vote démocratique. Au moment où notre démocratie bat de l’aile, il est important de le dire. Le 7 mai, comme beaucoup d’électeurs désenchantés français le diraient, ils ont eu le choix entre la peste ou le choléra, Macron ou Le Pen. Mais il y avait un autre choix, l’abstention, pour montrer aux puissances financières leur écœurement face aux mensonges de la propagande et aux politiques qui en résultent. 

Revenons aux réformes de l’UE. Macron, le mondialiste néolibéral qui défend une économie néo-fasciste, veut réformer soi-disant, mais il est clair qu’il veut les réformes qui seront concoctées par l’UE elle-même et non celles que pourrait souhaiter le peuple français. Elles peuvent concerner la zone euro, la défense européenne, la mutualisation de la dette, etc. toutes choses qui ne prennent pas en compte les désirs du peuple mais profitent à ceux qui tirent réellement profit de l’UE. Fillon voulait une politique étrangère plus nationale avec une main tendue vers la Russie, mal lui en a pris. Son élimination devenait impérative pour l’oligarchie mondialiste qui lui a fait son « affaire ». Mélenchon, qui a voté Maastricht, ne se décide pas encore à renier son choix d’une Europe sociale et bienfaitrice. Cela lui écorche encore la langue. Il s’en tire par un affrontement direct avec l’Allemagne et une nouvelle Constitution. Nous n’avons rien à gagner à faire peser les défauts structurels de l’UE sur l’Allemagne et il oublie qu’une nouvelle Constitution française passera par les fourches caudines des traités européens. Tout cela ne peut pas aller bien loin. 

Terminons avec celle qui est arrivée au deuxième tour, comme prévu par l’oligarchie, mais de justesse devant Mélenchon et Fillon. Son projet concernant l’UE, s’est essentiellement centré sur l’euro. La recherche d’un référendum pour sortir de l’UE, après épuisement de toutes les voies de contournement, recherche vantée comme un geste démocratique, n’est en fait qu’un cache-misère de son peu de volonté d’en sortir. La monnaie commune, chère à Dupont-Aignan, est difficile à vendre politiquement et demande de longues discussions avec des partenaires qui défendront leurs intérêts particuliers. L’Allemagne sera la première à poser ses conditions car, ne l’oublions pas, l’euro est un euromark échangé un pour un.  Sa prestation de recul devant Macron, après s’être repliée sur ses positions de lutte contre l’immigration, montre bien qu’elle n’avait pas l’intention de gagner sur ce point fondamental. 

Tout bilan fait, on voit que si l’ensemble des candidats est unanime pour réformer l’UE, il y a ceux qui veulent y rester, ceux qui ont peur d’en sortir, et un seul qui affronte ce défi. La culture économique des politiques est assez faible et les justifications à apporter en particulier sur l’euro, sujet sur lequel la majorité des français briffés depuis vingt ans est réticente, les effraie. Si Mélenchon sent bien que l’UE, construite selon les vœux de l’oligarchie financière, ne peut être sociale, il s’y accroche pour des raisons politiques. Du côté du FN, Florian Philippot a bien percuté que la dépendance de la France et son ouverture sur le monde, et non sur un univers contraignant limité à l’UE, ne pouvait se faire sans en sortir. Sa position n’est pas suffisamment solide pour qu’il puisse clairement orienter ce parti plombé par le seul nom Le Pen. Mais à gauche de la gauche et à droite de la droite, il y a des électeurs qui sont en quête d’une autre voie que celle de la dépendance et de l’austérité.

Il est temps que ces électeurs se comportent non plus comme des anciens gauche ou droite, ce qui n’a plus de sens, en se dispersant aux deux extrêmes, mais comme des citoyens conscients que désormais deux camps vont s’affronter les européistes et les indépendantistes. La lutte encore inégale peut basculer grâce au vote populaire. Il en va de notre avenir. La France, comme le Royaume-Uni, est en mesure de jouer un rôle fondamental dans l’équilibre du monde et pour la paix. Elle a une vocation universelle par son histoire, son domaine maritime et par sa langue. Il serait temps qu’on libère son énergie vers d’autres buts que l’enrichissement des plus riches dans un carcan européen où sa démocratie est prise en otage. Les réformes, la résolution de nos problèmes de chômage, de niveau de vie, d’immigration, d’identité, de culture, ne sont pas possibles dans l’UE autrement que dans le sens où cet organisme y trouve l’intérêt de l’oligarchie qui la domine. Il s’agit de prendre partout un peu plus d’argent des citoyens qui ne font pas partie du 5% des riches et de le recycler dans l’appareil productif dépendant pour une grande part des multinationales apatrides qui n’ont que faire du peuple français et délocalisent à qui mieux mieux jusqu’à leurs capitaux dans les paradis fiscaux. 

C’est à un esclavage modernisé que se livrent tous ces puissants qui viennent de promouvoir un pharaon, tout frais moulu, inexpérimenté et facilement malléable puisse qu’il leur doit tout. On habitue le peuple à cet asservissement progressif et il va finir par l’aimer, comme le serf « aimait » le seigneur parce qu’il leur ouvrait ses portes devant l’arrivée des hordes de brigands. Par ce seul acte, le seigneur s’autorisait à l’esclavage. Macron, fort du dogme de la sécurité européenne,  laissera les usines pourrir si une multinationale ne lui demande pas d’intervenir et percevra une dîme de plus en plus lourde sur le possédant qui est solvable. Il va être conforté dans une politique d’austérité par les médias et les économistes appointés pour nous démontrer que le redressement passe par une politique de l’offre où l’argent du bas de laine doit être confisqué pour que les multinationales directement ou indirectement y trouvent un autre moyen de s’enrichir. Les mesures coercitives sur l’appareil d’État seront justifiées par la nécessité de… « réformes structurelles ». Le peuple lira son bréviaire tous les jours, sans bien comprendre de quoi il s’agit, mais sera chapitré sur la nécessité de le faire.

Est-ce à dire que la sortie de l’UE résout tout, la réponse est évidemment non. Comme on nous l’a dit en cours de mathématiques au lycée, c’est une condition nécessaire mais pas suffisante. Elle est même une condition primordiale pour pouvoir disposer des moyens nécessaires à la possible résolution des problèmes posés à notre pays, immigration, chômage, sécurité, terrorisme compris. Nous en reparlerons.


Le clivage obsolète gauche-droite doit se dissoudre désormais 

Dans un rassemblement national pour l’indépendance

Face à un mouvement européiste en marche 

Soutenu par une oligarchie financière

Tenante d’un nouveau fascisme !


Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon