lundi 15 mai 2017

Sortir de l’UE oui ! Mais après ? (fin)

Si la sortie de l’UE est un préalable à toute action orientée vers le bien collectif de notre peuple, elle doit s’accompagner d’actions fortes dans de nombreux domaines. On peut citer parmi celles-ci, l’arrêt du démembrement de notre nation avec la régionalisation accélérée et le court-circuitage de l’État, le retour du pouvoir au peuple avec la pratique renouvelée du référendum, l’arrêt du démembrement des services publics par la privatisation, le contrôle des délocalisations et achats étrangers de notre patrimoine. Le contrôle des réseaux en général, routiers, fluviaux, ferroviaires, numériques, énergétiques fait partie des tâches urgentes de reprise de souveraineté sur notre pays qui se vend petit-à-petit aux marchands. Il faut prendre conscience que si les multinationales prennent le contrôle de nos voies fluviales, autoroutières, ferroviaires, numériques et énergétiques, aériennes avec les aéroports, c’est eux qui mettront le pays sous leur coupe en ayant en main les moyens de le paralyser en cas de rébellion. Petit-à-petit c’est ce qui est en train de se passer. La prise en compte de l’aéroport de Toulouse par un gang chinois est l’image même de la prise de contrôle d’un pays par une puissance étrangère.

Je vais vous parler de la politique énergétique française qui est aussi débile que notre politique monétaire. Comme il va être question d’écologie et de réchauffement climatique, je tiens à préciser de suite que je suis un climato-sceptique, mais un protecteur de notre santé et de tout ce qui participe à notre survie, ce que je nomme l’écologie de base, celle du bon sens. Je suis cependant contre l’idéologie écologique, l’écologisme, qui fait souvent fi du bon sens et du raisonnable. Pour le réchauffement climatique, en tant qu’expert des modèles mathématiques, je dénie toute valeur à la centaine de modèles actuels, dit prévisionnistes, dans la mesure où ils sont incapables de coller avec la réalité mesurée depuis vingt ans, ni même d’expliquer les énormes variations climatiques depuis des milliards d’années. Enfin des carottages en profondeur en Arctique, ont montré que l’on est plutôt sur une conséquence de la montée du CO2 et non sur une cause quand on a une élévation de température, et ce avec un décalage dans le temps. Ceci étant je vais continuer cet article en supposant que le réchauffement de 2° à la fin du siècle est une prévision fiable. 

Je vais même admettre que l’énergie nucléaire est à proscrire parce qu’elle est trop dangereuse, même si ayant été professionnellement au contact d’importants dangers chimiques, électriques et radioactifs, je les ai classés dans cet ordre décroissant de dangerosité. Mais il s’agit là d’un autre débat. Cessons donc d’augmenter notre production électrique nucléaire après le démarrage de l’EPR de Flamanville. La première question qui se pose est a-t-on besoin d’énergie supplémentaire ? A première vue non, puisque notre consommation est stable depuis plusieurs années… à moins que tous les véhicules soient électrifiés, ce qui fait alors faire un bon énorme à la consommation électrique. Nous n’en sommes pas là. La raison ne peut être alors que le remplacement du nucléaire. Les Etats-Unis ont poussé à 60 ans la durée de réacteurs dont la technologie est comparable à la nôtre. Aucun réacteur français n’a atteint cet âge et la décision d’arrêt pour raison technique est entre les mains de l’Autorité de Sûreté Nucléaire qui est indépendante et seule à en juger. Le reste est une décision politique qui n’a rien à voir avec le danger mais avec la satisfaction de positions idéologiques.

Admettons encore que l’arrêt progressif du nucléaire soit souhaitable même si de nombreux pays continuent à construire et projeter des réacteurs comme le Royaume-Uni, la Chine, l’Inde, etc. et que le Japon relance progressivement les réacteurs arrêtés. Il nous faut donc envisager une production électrique de complément qui respecte la dernière condition, respectée par le nucléaire, de non-émission de CO2. L’énergie hydraulique ne peut plus être développée, et les énergies fossiles, pétrole, gaz, charbon, et même biomasse ne répondent pas à cette contrainte. Il reste donc les énergies renouvelables, les EnR, mais elles sont intermittentes et aléatoires, ce sont des EnRi. RTE, le réseau de distribution électrique, a publié le bilan de production électrique de 2016 ci-dessus, mais sans la production des énergies fossiles que j’ai ajoutée en rouge ! C’est le genre de désinformation qui permet de fausser le jugement des français. Les énergies fossiles, c’est mal, alors on les cache. 

Les chiffres donnés par RTE permettent de voir que la production a baissé de 14,7 TWh en 2016 due en grande partie à la baisse de la part nucléaire de 32,8 Twh. L’énergie hydraulique a fourni 5,2 TWh de plus, soit 9,5 TWh restants à compenser. Les énergies non renouvelables (fuel, charbon, gaz) et biomasse ont fourni 12,4 TWh, soit un excédent de 2,9 TWh. Pourquoi ? L’explication se trouve dans l’augmentation de 0,5 TWh de la production des EnRi (éolien et solaire). En effet nous sommes exportateurs nets de 39,1 TWh malgré l’arrêt de certains réacteurs pour maintenance exceptionnelle. Nous n’avons donc aucune raison de faire tourner des centrales thermiques polluantes. Le seul impératif est la compensation de l’intermittence des EnRi. Les EnRi ne peuvent fonctionner sans une compensation thermique polluante. Plus on augmente la puissance des EnRi, plus les centrales thermiques devront compenser, car la flexibilité des réacteurs nucléaires est faible et à variations non instantanées. Une étude plus fouillée que j’ai faite et publiée ici sur les 3 années 2014-2015-2016 montre qu'en gros 1kWh produit par les EnRi entraîne la production supplémentaire de 1kWh de production thermique. http://34pourlafrance.blogspot.fr/2017/02/la-desinformation-vole-bas-meme-chez.html
Le plan énergétique sur l’électricité part sur une donnée fausse. On ne peut pas faire évoluer la production des EnRi sans faire évoluer la production thermique. Ceci se vérifie d’ailleurs en Allemagne où on est dans l’obligation de surproduire de la lignite et même d’ouvrir de nouvelles mines puisque les EnRi représentent déjà 29% de la production électrique allemande. L’objectif de réduction des émissions de CO2 ne peut pas être atteint par les EnRi. De plus celles-ci ont un prix de revient supérieur à l’hydraulique et au nucléaire et nécessitent des investissements conséquents sur le maillage du réseau électrique. On ne peut mener cette politique sans augmenter le prix du kWh comme les allemands où celui-ci a grimpé au double du nôtre. La politique énergétique ne devrait pas plus se construire sur l’idéologisme que la politique économique à la Corbeille de la Bourse. N’oublions pas que l’Allemagne y a déjà investi des centaines de milliards. En avons-nous les moyens, alors que nous sommes exportateurs d’électricité et que nos réacteurs nucléaires n’ont pas eu l’ordre d’arrêt de l’Autorité de Sûreté Nucléaire, instance indépendante et garante de la sécurité de fonctionnement des réacteurs ? 

Un grand débat sans passion doit être mené

Sur la politique énergétique électrique. 

Sur ce sujet comme sur d’autres

L’information a trop été 

A sens unique !
 
Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon