samedi 11 février 2017

Un siège pour cinq qui font deux

La campagne présidentielle est lancée même si les candidats connus aujourd’hui doivent attendre la confirmation officielle de leurs promesses de soutien. Cinq candidats se détachent pour l’instant : Mélenchon, Hamon, Macron, Fillon, Marine Le Pen. Mais peut-on dire qu’il y a réellement une tendance de fond qui les différencie ? Mélenchon et Hamon apparaissent proches et les meilleurs tenants de ce qu’étaient les valeurs de gauche. Macron et Fillon sont aussi très proches dans leur attachement à l’économie de l’offre avec leur lien au Medef. Il reste donc en fait Marine Le Pen que l’on classerait à part, ce qui limiterait le choix à trois orientations politiques.

Mais la réalité est plus complexe. Le clivage gauche-droite fait partie désormais de l’histoire ancienne. C’est ce qui permet à Emmanuel Macron de dire qu’il n’est ni de gauche, ni de droite. Le socialisme écartelé entre une politique libérale en économie et des réformes sociétales sur le mode de vie des français, réformes dites socialistes, a perdu le sens de ses valeurs originelles. Mais du côté de la droite, dont tout un chacun ne rate pas une occasion de se dire gaulliste comme on agite son drapeau pour le 14 juillet, les valeurs du gaullisme ont fondu comme neige au soleil, même la probité dont avait fait preuve le Général. La droite a fini par se rallier à Maastricht, traité soutenu surtout par la gauche, elle s’est soumise à la politique de la règle d’or avec l’accord préparé par Sarkozy et signé par Hollande dès le début de son mandat. Non contente de s’enfoncer dans une UE à vocation fédéraliste, à l’inverse de l’Europe gaulliste des Nations, elle a fini par rentrer dans l’OTAN et assumer la politique hégémonique des États-Unis avec un droit d’ingérence au mépris des conventions internationales. Au lieu de donner à sa défense les moyens de s’opposer à un ennemi venu de l’extérieur, elle l’a provoqué sur le pourtour de la Méditerranée et récolté une guerre intérieure qu’elle ne sait plus maîtriser. L’ouverture assumée des frontières sonne celle du grand remplacement de population. Il n’y a rien de plus anti-gaulliste. 

C’est donc à l’aune de leurs soutiens que l’on doit différencier les candidats. Entre Macron et Fillon il y a un lien fort, c’est le monde de la Finance. Tous deux ont participé au groupe Bilderberg et tous deux sont les candidats de la Haute Finance pour ne pas dire des Maîtres du Monde. Tous les deux travailleront pour eux et rien ne sera fait qui puissent les mécontenter. Les 40 milliards, qui ont profité au Medef sans créer le million d’emplois promis, ressurgiront d’une façon ou d’une autre dans les actions de ces deux-là. Voter pour l’un ou pour l’autre c’est voter pour le Système. A contrario le Système crée un clivage entre Mélenchon et Hamon car Hamon ne renie rien de l’attachement à l’UE, tenue par le Système. Il devrait s’il est élu, faire aussi ce qu’on lui dicte. Le ralliement de Thomas Piketty, économiste atlantiste, est d'ailleurs révélateur. La souveraineté de notre pays passerait aussi par la Haute Finance. J’ai dit que le revenu universel, révélateur du vrai problème de la robotisation, était néanmoins une idée balancée discrètement par le Système, car c’est un moyen de dépendance du peuple. Ou tu travailles et tu m’enrichis ou je te paye sans rien faire mais de loup tu deviendras chien.

En fait ou Hamon se rallie à Mélenchon et s’éloigne du Système ou il ne comptera pas pour beaucoup dans l’élection présidentielle. Cela revient à ne conserver que Mélenchon dans la course en tête. Donc de cinq candidats et choix principaux, on en est réduit à trois : Mélenchon, Macron-Fillon, Marine Le Pen. Macron et Fillon sont donc dans un combat frontal que paye et surveille la Haute Finance. Cela me fait penser aux tournois de chevalerie, ou au combat de gladiateurs. Le gagnant aura le gant de la Belle Finance et la défendra dans la joute finale. D’un côté on a Macron qui a été porté par une vague médiatique sans précédent dans un premier temps avec comme supporter le couple globaliste Attali-Minc, et le milliardaire Soros entre autres, plus l’homme de l’ombre Hollande, ami du président du Canard Enchaîné. De l’autre côté on a Fillon soutenu par le président du groupe Bilderberg des Rothschild et Rockefeller, De Castries et son groupe AXA. Ce dernier a aussi barre sur la presse dont l’Express et Libération. La guerre est lancée et finalement pour la Haute Finance le vainqueur n’a pas une grande importance, ce seront deux laquais. Il n’est d’ailleurs pas impossible que la presse se mette  à défendre Fillon, l’homme outragé, pour focaliser les votes sur le couple antagoniste Macron-Fillon. Cela permet de détourner l’opinion des autres candidats. L’important pour les Maîtres du Monde c’est l’importance de la victoire finale d’un de leurs deux poulains. 

Nous en sommes donc au trio Mélenchon + Macron ou Fillon + Marine Le Pen. Du couple Macron-Fillon il ne sortira qu’un vainqueur que la Haute Finance nous fera finalement choisir au premier tour par le pouvoir médiatique que l’argent lui confère. Or il n’y aura que deux candidats au deuxième tour des présidentielles. Si l’osmose ne se fait pas entre Mélenchon et Hamon, comme on peut le pressentir vu le Système qui les différencie, leur chance devient faible d’appartenir à la lutte finale. Il ne reste donc que deux candidats, le candidat du Système (Macron ou Fillon) et la candidate de l’Antisystème (Marine Le Pen). Autour d’eux graviteront les candidats malchanceux, qui se répartiront d’un côté ou de l’autre, et la diversité de l’opinion publique qui cherchera à voter contre ou pour. Parmi ceux-ci on va retrouver les sensibilités, communistes, écologiques, et souverainistes, entre autres. Il ne faut pas oublier le parti des abstentionnistes, qui devrait être en nombre conséquent, car une grande partie de l’opinion ne se retrouvera dans aucun des deux candidats restants.

La bataille finale sera donc entre deux orientations très différentes et on ne peut échapper à la comparaison avec les élections américaines où démocrates et républicains avaient été phagocytés par les Maîtres du Monde et où un candidat antisystème a déjoué les pronostics. Cette fois ces derniers ne veulent pas de nouveau perdre la partie en France. Le déferlement médiatique qui va départager les deux candidats du Système va se reporter sur son élu du second tour. L’attaque contre Marine Le Pen va se déchaîner comme candidate antisystème. Car c’est bien de cela qu’il s’agit en dehors de toute autre considération pour le programme des candidats au deuxième tour. Dans ce combat on peut noter que, comme pour Trump, le combat est inégal, mais Trump avait la puissance financière indépendante de la Haute Finance. C’est l’énorme différence qui creuse l’écart en faveur du Système et de son candidat. 

Faire comprendre à l’électorat qu’il faut sortir du Système n’est pas chose aisée car cela donne l’impression de sauter sans filet dans l’inconnu tant les affirmations de catastrophisme en dehors du Système ont marqué la communication depuis Maastricht. Le Brexit vient pourtant de montrer la voie mais la communication du Système s’ingéniera à propager l’idée de son fiasco en dépit de la réalité. C’est tout l’art de la désinformation. Tout semble joué à l’avance, à moins qu’un candidat que l’on n’attendait pas vienne troubler le rouleau compresseur du Système en lui enlevant une part décisive de l’électorat au profit de l’antisystème en ralliant des eurosceptiques sur l’ensemble du spectre politique. On aura l’occasion de voir si cela peut encore se produire dès le début de la campagne officielle une fois les candidats définitivement autorisés.
 
Cette élection est sans doute la première chance 

Donnée au peuple français de changer de cap

Après un passage désastreux pour la France 

Dans le carcan de Bruxelles et sous le joug

Des Maîtres du Monde qui ont aspiré 

L’argent du peuple qu’ils méprisent !
 
Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon