mercredi 1 février 2017

2017 démarre en trombe mais vers où ? (1ère partie)

2016 sentait le souffre avec la guerre en Syrie à Alep, l’immigration de peuplement, l’éviction d’Hillary Clinton de la course à la Présidence des États-Unis, la volte-face de la Turquie, la remontée des cours du pétrole, les faillites bancaires dans l’UE, le vote du Brexit, la primaire de la droite qui éliminait Juppé et Sarkozy et le renoncement de Hollande. Mais 2017 ouvre la voie aux changements de paradigme dans la géopolitique, le mondialisme et la manipulation monétaire. Reprenons rapidement ces différents évènements :

La libération d’Alep

Cette offensive de l’armée syrienne appuyée par l’aviation russe a déclenché une colère croissante des occidentaux au fur et à mesure de la libération de la ville. Les commentaires sur le massacre des habitants et l’encerclement d’Alep Est ont servi une propagande antirusse dont le paroxysme a été la dénonciation de Poutine coupable d’un génocide. La désinformation et la mauvaise foi occidentale est un modèle du genre. On a oublié qu’Al Qaïda a encerclé la plus grande partie d’Alep qui a subi un véritable siège et des bombardements répétés de rockets avant que la situation s’inverse. Tout militaire sait que l’on ne peut délivrer une grande ville sans s’attaquer aux immeubles qui servent de caches, et que les écoles et les hôpitaux servaient aussi dans ce but. Les civils ne peuvent être épargnés même si les tirs essaient de viser les soldats seulement. On a retrouvé des hommes de la coalition occidentale pris au piège et des fabrications d’armes chimiques, alors qu’on a accusé Bachar El Assad de les avoir utilisés. De plus on apprend aujourd’hui que l’offensive irakienne sur Mossoul a été retardée pour coïncider avec l’offensive sur Alep afin de faire fuir la population de Mossoul et diriger des combattants de Daech vers Alep. Depuis on n’a plus de commentaires sur l’offensive sur Mossoul où on ne tue certainement pas des civils, à moins que l’on se garde de vraiment attaquer la ville. Alep est libérée et les médias se sont bien gardés de le mettre à la une en relayant la joie des habitants. 

L’immigration de peuplement
La décision allemande, prise par Angela Merkel dans un accord, initié bilatéralement avec la Turquie, d’un million de migrants dans son pays, a créé une situation de chaos dont le peuple allemand va tenir rigueur à la chancelière. Le nombre d’arrivants et la brutalité de leur arrivée font de la décision de celle-ci une erreur politique. L’impact de cette décision issue d’un seul membre de l’UE a été interprétée comme un appel de toute l’UE à l’immigration essentiellement musulmane d’Asie et d’Afrique. Les frontières très perméables de l’UE ont déversé un flot dont des ramifications se sont répandues partout avec en plus une décision de quotas. Les réactions ne se sont pas faites attendre et plusieurs frontières nationales se sont fermées violant le traité de Schengen sous le prétexte de danger national. Il s’en est suivi des divergences graves entre les pays de l’UE. La France a fermé sa frontière avec l’Italie et accusé le Royaume-Uni de ne pas vider les camps de migrants du Pas-de-Calais qui voulaient entrer dans ce pays. Elle a eu le front de demander au Royaume-Uni de le débarrasser de migrants et d’imposer à l’Italie de les garder chez elle ! Un grand nombre de migrants circulent dans l’UE sans papiers, donc sans travail légal et exposés à la mendicité, au trafic, au viol et plus généralement à la délinquance. 

L’éviction d’Hillary Clinton
C’est sans aucun doute l’évènement qui aura le plus fort impact en matière de géopolitique. Il a pris de court toute l’oligarchie ploutocratique des États-Unis et tous les grands banquiers judéo-américains. Les médias aux ordres ont perdu et les sondeurs se sont couverts de ridicule. La corruption qui régnait dans le camp Clinton, aux mains des banquiers, a fini par être connue et les révélations de Wikileaks ont donné de la vraisemblance aux propos de Donald Trump. Mme Clinton a été la tenante de la politique hégémonique concoctée par Brezinski auprès d’un Obama facilement manipulable. Elle est l’initiatrice de tous les « printemps arabes », de l’aide à la levée du peuple ukrainien et à l’arrivée de Porochenko, de la guerre en Libye, de celle en Syrie, et de la présence renforcée de l’OTAN au plus près des frontières de la Russie, désignée ennemi numéro 1. Sa défense d’un mondialisme hégémonique a continué à faire des États-Unis un État agresseur sous de faux prétextes contre tous les régimes forts ne rentrant pas sous la coupe des États-Unis. Malgré sa défaite, elle a clairement indiqué qu’elle continuerait à peser de tout son poids pour contrer la politique souverainiste du nouveau Président. Néanmoins une nouvelle ère d’apaisement s’ouvre dans les relations entre les États-Unis et la Russie, alors que la tension ne cessait de monter. 

La volte-face de la Turquie
Ce pays a souvent joué un double-jeu, sans doute issu de sa positions géographique en limite de l’Europe et de l’Asie. Sa complicité avec Daech, sous bannière pétrolière, a été dévoilée par les bombardements russes sur les convois de camions citernes. Les pays de la coalition fermaient les yeux car ils procédaient eux-mêmes à des parachutages et aides diverses comme celle de privés dont se servait l’Arabie Saoudite pour leur verser de l’argent. La mise en attente des pourparlers avec l’UE pour son admission, la pression économique de la Russie pour le gazoduc Turkstream, qui permet au pétrole russe d’arriver en Grèce en traversant la Turquie, a décidé Erdogan de changer de politique et de s’éloigner des relations avec les Etats-Unis et l’UE. Cet évènement est d’une grande importance car l’armée turque est un maillon indispensable de la stratégie des Etats-Unis dans ses actions au Moyen-Orient et dans les républiques de l’ex-URSS. 

La remontée des cours du pétrole
La bataille engagée, sous impulsion américaine, pour faire sombrer l’économie russe, très tributaire du gaz et du pétrole, se retourne contre les pays du Golfe et en particulier l’Arabie Saoudite. La tactique de l’effondrement des cours du pétrole et du gaz n’a pas fait sombrer l’économie russe mais elle a eu deux effets importants : la baisse des ressources des monarchies pétrolières qui se voient obligées d’emprunter et la faillite de nombreuses compagnies pétrolières américaines exploitant le gaz de schiste, ce dernier devenant non rentable. Les États-Unis et les pays du Golfe ont signé la fin de la partie et les cours du pétrole remontent sensiblement sans atteindre le prix précédent mais permettant encore l’exploitation rentable du gaz de schiste. Cette remontée impacte l’économie européenne, très tributaire de ces matières énergétiques alors que sa croissance est déjà faible. 

Les évènements géopolitiques majeurs qui vont avoir des prolongements importants sur l’année 2017 ont été passés en revue mais d’autres vont toucher plus particulièrement l’Europe et la France. Les faillites bancaires dans l’UE, le vote du Brexit, la primaire de la droite qui éliminait Juppé et Sarkozy et le renoncement de Hollande, feront l’objet du prochain article avant de parler de 2017.
 
2016 a fourni des évènements géopolitiques 

D’une importance mondiale considérable,

Plus encore que la chute du Mur. 

2017 en verra leurs effets

Sur un monde instable !


Claude Trouvé

Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon