dimanche 19 février 2017

Pollution et désinformation

Dans ce domaine comme dans tant d’autres la désinformation est notre lot lorsque nous lisons les grands médias, en particulier un journal comme Le Monde qui se veut le garant (ou le justicier) qui trie les bonnes et mauvaises informations, les bonnes et les mauvaises sources  avec la puissance des Google, Apple, Amazone, etc. Le Monde a perdu son statut de journal intègre et sans couleur politique (enfin pour ceux qui le croyaient dans la classe des intellectuels, des bourgeois et des financiers). Ce journal est entre les mains de l’oligarchie financière qui entend régir notre monde. Il est évident que celle-ci soutient mordicus, le réchauffement climatique, les EnR, et tout ce qui peut nous convaincre que tout cela a des conséquences qui peuvent être catastrophiques.

La pollution fait désormais partie de la préoccupation majeure si l’on veut sauver la planète, et nous à l’occasion, selon le leitmotiv constamment employé. Nous allons tous mourir bientôt, brûlés par le soleil, submergés par la montée des eaux, emportés par des cataclysmes de plus en plus fréquents et importants, irradiés par le nucléaire et, s’il nous reste un espoir d’y échapper, pollués dans nos entrailles et crachant nos poumons asphyxiés. D’ailleurs beaucoup de gens mélangenr dans la pollution aussi bien le CO2 que les particules fines, le SO2, les NOx, les pluies acides, etc. en disant qu’il s’agit des ennemis de l’homme. Pourtant le CO2 n’a mauvaise presse que depuis qu’on lui a mis sur le dos la cause du réchauffement climatique. Sans lui nous mourrions parce que la vie végétale serait détruite. Quand le CO2 augmente dans l’atmosphère de la planète, celle-ci reverdit comme le montre les satellites. Le CO2 est néanmoins mis à l’index mais les autres polluants évoqués ont toutes les raisons de l’être car ils ont un effet direct sur notre santé.


Il faut donc bien faire le distinguo entre le CO2 et les autres polluants dont il n’est nullement question d’en nier la nocivité. Mais il faut néanmoins constater que la pollution a nettement diminué en un demi-siècle même si elle prend d’autres formes. Les particules fines issues principalement des chauffages au bois et au charbon ont diminué mais l’augmentation du trafic automobile est venu en ajouter. Mais on oublie que ces particules sont surtout issues de la combustion des énergies fossiles, particulièrement du charbon et du fuel dans les centrales thermiques productrices d’électricité et dans certaines industries. La focalisation sur le CO2 surtout en France, liée au réchauffement climatique, amène une désinformation auquel le journal Le Monde s’est prêté en affirmant que « le taux de CO2 n’avait pas augmenté en Allemagne avec la mise en œuvre des EnR en 2016 ». C’est une déclaration pour répondre par avance à la critique de l’intermittence de ces énergies renouvelables qui nécessitent des compensations par des apports de kWh des centrales thermiques connues pour polluantes. Malheureusement pour Le Monde, aucune information officielle réelle n’a été notée dans les statistiques d’Eurostat qui s’arrêtent à 2012. Les valeurs suivantes que l’on peut trouver sont des estimations ou plutôt des extrapolations linéaires des résultats des années précédentes. Il s’agit donc d’une manipulation de l’information par une annonce prématurée.  La presse médiastream en devient coutumière pour soutenir la doxa du Système. 

Par contre on trouve une carte intéressante de la pollution en Europe dans la publication « Toute l’Europe » sur 2012 donnant une illustration des émissions de gaz à effet de serre par habitant qui montre que notre voisine allemande fait partie des pays qui produisent le plus de CO2/habitant. Comme c’est le pays le plus peuplé, c’est  le pays qui a la plus forte présence de CO2. On dit présence car on ne peut pas parler d’émission de ce gaz sans affiner ceci en tenant compte de l’apport extérieur. On voit que la France fait partie des bons élèves et il faut bien reconnaître que c’est grâce au nucléaire car la part des EnR en 2012 était de 13,4% dont 10,5% d’EnRi (éolien + solaire). Cette faible part ne peut que marginalement contribuer à ce résultat, le nucléaire couvrant 75% de notre consommation. La France est donc plus polluée que pollueuse.

Mais poussons le raisonnement plus loin sur l’Allemagne.
On constate que la production thermique d’électricité est de 58,7%, dont 45,2% à base de charbon, ce qui explique l’apport important de CO2 mais aussi de polluants comme les particules fines, et le SO2. La politique énergétique allemande étant d’arrêter les 9 centrales restantes d’ici 2020 en augmentant la puissance électrique des EnRi, la production des centrales thermiques au charbon ne baissera pas. Elle augmentera même car ces dernières joueront un rôle de compensation à l’intermittence de l’éolien et du solaire photovoltaïque. L’Allemagne ayant décidé de transformer rapidement son parc automobile à la propulsion électrique, cela augmentera substantiellement la consommation. Devant l’énormité des investissements à faire dans les EnRi, l’Allemagne risque d’être poussée à conserver le nucléaire beaucoup plus longtemps qu’annoncé. En effet l’objectif de diminuer le CO2 tend à arrêter les centrales thermiques, mais cela amplifie les investissements sur les EnRi. 

Il est assez stupéfiant de constater que l’Allemagne avait la possibilité de diminuer la production des centrales thermiques qui polluent par des investissements sur les EnRi au lieu d’arrêter les centrales nucléaires. Alors que la France n’a que 5 à 6% de production thermique et est amenée à arrêter ses centrales nucléaires qui ne polluent pas en CO2. La politique allemande se justifierait-elle parce qu’elle est productrice de lignite et aussi parce qu’elle est consciente que développer les EnRi demande d’augmenter la production thermique ? Ce genre de question n’a pas effleuré la politique française qui court, tête baissée, dans l’arrêt des centrales nucléaires avec la conséquence d’augmenter la production des centrales thermiques et la pollution.
 
La désinformation qui fait sienne l’idéologie écologique 

Mène nos deux pays à des aberrations financières

Ainsi qu’à des résultats sur la pollution 

Qui vont à l’encontre des buts visés.

 Cherchez qui en profite et alors 

Vous comprendrez pourquoi !
 
Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon