samedi 25 février 2017

La désinformation vole bas même chez RTE et EDF

RTE, sigle de Réseau de transport d'électricité, est une entreprise française, filiale d'EDF, qui gère le réseau public de transport d'électricité haute tension en France. Elle vient de publier les résultats sur la consommation et la production électrique de 2016 et la lecture de leur compte-rendu est particulièrement édifiant dans la manipulation de l’information sous contrôle de l’Etat. Il lui arrive pourtant de se prendre les pieds dans le tapis et je vais commencer par l’annonce qui figure en tête : « La consommation brute s’établit à près de 483 TWh en 2016, soit 1,5% de plus que l’année précédente. La température moyenne de 2016 a été plus basse (-0,8°C par rapport à 2015) ce qui explique en partie la hausse observée. » N’est-ce pas merveilleux de lire ça quand Météo France a fait passer l’information de la plus chaude en 2016 depuis des dizaines d’années ! Celui-ci va certainement enlever ce crime de lèse-majesté du compte-rendu de RTE qui met les pieds dans le plat.

Mais RTE reste néanmoins un excellent élève. Il nous publie d’ailleurs une jolie représentation de la production électrique française comme vous le découvrez ci-contre. Si vous faites le total des productions représentées, il vous manque, 49,5 TWh, une paille alors qu’éolien et solaire n’apportent à eux deux que 29 TWh. Le manque c’est les centrales thermiques au gaz, fuel et charbon, centrales polluantes et la Biomasse pas très propre. Or la production thermique est passée de 34,1 à 45,9 TWh augmentant sa pollution de près de 35% entre 2015 et 2016 ! Il était donc inutile de mettre en avant ce petit détail qui souligne que quand le nucléaire fait défaut, c’est le thermique qui y pallie. Mais j’ai aussi montré dans un article précédent que lorsqu’on augmente la production des énergies renouvelables intermittentes (EnRi), on augmente celle des centrales thermiques en gros du même nombre de Twh. 

Mais la désinformation continue quand on présente en parallèle la diminution de la part de production du nucléaire et l’augmentation de la puissance installée des EnRi. D’un côté une puissance supplémentaire de 2215 MW en EnR (biomasse, éolien, solaire, hydraulique), soit en gros celle de 2 réacteurs nucléaires, et de l’autre une baisse de 7,9 TWh de la production nucléaire qui ne représente plus que 72,28% de la production électrique contre 76,34% en 2015, soit 4,06% de moins. Cela paraît un pas significatif vers l’ambition d’arriver à 40% de nucléaire. Le problème est que, sur ces 2215 MW, les 1939 MW du solaire et de l’éolien (581 pour le solaire et 1358 pour l’éolien) ont produit 0,5 TWh supplémentaires en 2016. Or 1939 MW de nucléaire auraient produit 12,7 TWh, soit 25 fois plus.

Sachant que les 1,519 Mds (pour 1Mds estimés au départ) ont été investi pour le plan de transition énergétique qui a nécessité 2012 km de lignes en plus, on voit que l’énergie des EnRi n’est pas gratuite. Il faut y rajouter l’investissement de construction des éoliennes ( 1 Mds par GW soit 1,8 Mds x 1,358) et celui du solaire photovoltaïque (2 Mds par GW soit 2 Mds x 0,581) soit un total de 6,6 Mds. C’est donc 8,1 (6,6+1,5) Mds qui auront été investis dans les EnRi en 2016. Le fait, que ce sont des privés qui ont investi dans le solaire, ne diminue pas la charge de l’État puisque les installations leur sont vendues comme rentabilisées en 7 ans par les subventions d’État et le rachat à 2 fois le prix par EDF que nous payons finalement dans le prix du kWh et dans la taxe CSPE. 

Ces EnRi sont censées produire pendant 20 ans, moyennant une maintenance annuelle à hauteur de 3% de l’investissement soit (6,6 Mdsx 1,03 x 20 = 136), et, selon les prévisions 1,5 Mds€/par an soit 30 Mds pour les réseaux concernant surtout les éoliennes. On obtient un total de 166 Mds pour une production supplémentaire des EnRi (solaire + éolien) de 0,5 TWh (0,9-0,4) en 2016 soit 10TWh sur 20 ans. Soyons juste les installations supplémentaires s’étant étalées sur l’année 2016, elles n’ont pu donner toute leur puissance. Le calcul est plus juste en prenant le taux de disponibilité des éoliennes et des panneaux solaires à une valeur optimiste respectivement de 25% et 15%, soit 426,65 MW disponibles et 3,74 TWh. Sur 20 ans cela donne une production totale  de  74,7 TWh. Pour 166 Mds€, le coût de l’électricité des EnRi est de 2,2 /kWh. C’est seulement 10 fois plus qu’annoncé par EDF pour les éoliennes en mer. A titre de comparaison, un réacteur de 1000 MW produit 6,6 TWh par an à un coût donné par EDF à 0,045 €/kWh. Le coût du carénage d’un réacteur est de 1 Mds et ceci ajoute 0,155 /kWh sur un an et 0, 0076 /kWh étalé sur 20 ans soit 16,8%. Ceci donne un nouveau coût de 0,0526 /kWh du nucléaire encore bien loin du 0,082 /kWh publié par EDF pour l’éolien terrestre. On nous ment effrontément en masquant de nombreux coûts dans l’évaluation des coûts par MWh en jouant sur l’opacité des entrées-sorties des budgets et des comptes de l’État et de l’EDF, mais nous finissons toujours par payer cette gabegie. Le plan de transition énergétique fera exploser les coûts de l’électricité comme en Allemagne.

Mais cette volonté de manier l’information pour influencer le lecteur se perçoit dans l’affirmation que : « La production des énergies renouvelables progresse et couvre près de 20% de la consommation d’électricité française (+4,8%) grâce à des conditions météorologiques favorables. » Regardons-y de plus près.  La consommation d’électricité en 2016 a été de 483 TWh pour une production de 531,3 TWh soit une possibilité d’export de 48,3 TWh. Nous produisons donc plus que nous ne consommons. La production de l’ensemble solaire et éolien a été seulement de 29 TWh… Nous n’en avions donc pas besoin. La phrase de RTE ci-dessus aurait dû être : « La production des énergies renouvelables solaire et éolien progresse de 0,5 TWh soit de 1,75% et couvre 60% de l’export d’électricité… que nous vendons en priorité à l’étranger souvent à prix cassé, voire en payant, parce que la demande et l’offre ne coïncident pas toujours. » Présenté ainsi c’est beaucoup moins justifié de se lancer dans les énergies renouvelables, surtout quand la consommation stagne, fluctuant un peu au gré des conditions météorologiques. 

Ce plan de transition énergétique est une arnaque et tout est fait pour nous masquer la vérité. Surfant sur un écologisme idéologique qu’encourage les grands lobbies, celui-ci devient une pompe aspirante de l’argent du peuple pour quelques grandes entreprises et les banquiers qui les assistent. Même l’écologie, la vraie, n’y trouve pas son compte car les énergies renouvelables font croître la pollution par leur nécessaire complément thermique entraînant un surplus de CO2 et de pollution. Si la France investissait plutôt pour redevenir une grande puissance maritime, son argent serait infiniment mieux placé !
 
Nos candidats amusent et enfument le peuple avec des économies 

Qui ont tendance à diminuer la qualité du service public

En laissant grand ouvert aux prédateurs privés 

Le marché de l’ énergie électrique !
 
Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon