mercredi 22 février 2017

2017 tout est possible même l’incroyable… (3ème partie)



En 2012 la gauche revient au pouvoir, ceux qui l’ont promue croient à l’alternance. Depuis plus de quarante ans, l’électorat est en effet maintenu dans l’illusion de l’alternance garantie par une démocratie où droite et gauche représentent alternativement majorité gouvernementale et opposition. Le mot « opposition » a dans son esprit le sens d’une orientation politique à l’opposé de celle pratiquée par le gouvernement. Las, la réalité s’est avérée toute autre, mais en 2012 le doute n’était pas encore dans les têtes. Il fallait balayer Sarkozy pour faire une autre politique dite de gauche à laquelle le soutien communiste et celui de Mélenchon au candidat socialiste faisait rêver le peuple d’en bas selon Raffarin. Le duel s’avérait serré mais la promesse du vote des étrangers, fort justement inspirée par Terra Nova, fit basculer le fléau de la balance avec 95% des votes des musulmans. Hollande commençait alors un quinquennat en prenant le TGV pour Lille, avec un hélicoptère au-dessus, comme tout homme « normal » dans un couple normal à deux.

L’image était symbolique du changement mais la réalité de la politique française se cacha sous des réformes sociétales qui mobilisèrent l’opinion en divisant le peuple. Les premiers actes furent de trouver l’argent que l’on pourrait distribuer en faisant croire à une politique de gauche. Une solution « originale » s’est imposée de suite, augmenter les impôts. Les sociétés furent ponctionnées, les retraites bloquées, le quotient familial raboté, 840.000 foyers supplémentaires devinrent ainsi imposables en 2013 dans le cadre de l'impôt sur le revenu. Le taux maximum promis à 75%, qui provoqua un exil fiscal entre 3.500 et 4.000 contribuables français, censuré par le Conseil Constitutionnel, a finalement été abrogé le 1er février 2015. La TVA intermédiaire augmenta de 7 à 10 %. Ces différentes mesures, ressenties comme un « assommoir fiscal », se traduisirent par « une baisse historique du pouvoir d'achat » des ménages français. Il a fallu attendre les résultats de cette politique économiquement suicidaire pour que le Medef fasse revenir Hollande dès le début de 2014 sur ce qu’il avait finalement l’intention de faire, revenir au libéralisme que Valls représentait en « socio-libéralisme ». Le vote des étrangers pouvait désormais attendre, il ne pouvait qu’entraver la marche vers le mondialisme. 

La première phase n’avait existé que juste le temps de faire croire au socialisme, les réformes sociétales suffiront longtemps à maintenir cette illusion. Dès novembre 2012 le mariage homosexuel et la menace de la GPA accaparent les débats d’opinion, divisent la société et monopolisent son attention. La mobilisation des opposants, sans précédent depuis celle contre le CPE, ne fut pas entendue ni pour un référendum, ni pour son abrogation. La loi fut promulguée le 17 mai 2013. La satisfaction d’une minorité d’homosexuels sur les droits du conjoint lors d’un décès aurait pu être satisfaite par un aménagement du PACS. Cette inflexibilité de Hollande était motivée par son désir, de détourner l’attention du public de l’inflexion de sa politique qui regardait vers l’UE et la mondialisation, et de donner un gage au socialisme de réforme en profondeur de la vie publique de notre société.

Le Président normal se retrouvant seul dans ses appartements et devant chercher fortune en scooter, l’image présidentielle se trouva fort écornée. C’est en chef de guerre qu’il maintint une aura entachée en trouvant au Mali les honneurs d’une victoire militaire acquise sans combattre. Ce fut le plus beau jour de sa vie à Bamako où nous « aidions » un gouvernement fantoche. Par ailleurs le Président avait dès son arrivée foncé vers l’UE, en ratifiant  le pacte budgétaire européen que son prédécesseur avait signé et contre lequel il s’était opposé. Le « Mon ennemi, c’est la finance », son plus bel enfumage, n’avait déjà pas résisté à sa visite à la City en février 2012. Après un début mouvementé des relations avec Angela Merkel, c’est vers Washington que Hollande se tourne dès le 18 mai 2012 dans un entretien bilatéral avec Obama qui s’avèrera son mentor tout le long de son quinquennat. Les 21 et 22 mai il avalise notre intégration dans l’OTAN en participant à son 25ème sommet à Chicago.

 Son envie de chef de guerre fut exacerbée par les États-Unis. Dans le cadre de la guerre civile syrienne, François Hollande demanda le départ de Bachar el-Assad et la constitution d'un gouvernement de transition, ainsi qu'une intervention du Conseil de sécurité de l'ONU (au sein duquel la Russie et la Chine bloquent toute opération). Dans ce cadre, il n'excluait pourtant pas une intervention armée. Dans le droit fil de la politique de Sarkozy, il poursuivit la collaboration controversée avec le Qatar, la prise de pouvoir d'organisations islamistes wahhabites et takfiristes dans les pays touchés par le Printemps arabe. Il relança les relations avec l’Arabie Saoudite sur les dossiers iraniens, syriens, yéménites, en adéquation totale avec le régime de Ryad. Ce soutien scrupuleux de la politique régionale de la monarchie islamique se traduisit par des exportations d'armes records. Fin août 2013, François Hollande attribua la responsabilité de l'utilisation d'armes chimiques dans le cadre de la guerre civile syrienne au régime de Bachar el-Assad, qu'il menaça d'une intervention militaire punitive sans passer par un accord de l'ONU.

C’est la politique du « va-t-en guerre » où il pense redorer sa popularité avec les États-Unis. Son État-major est prêt à lancer l’opération qui sera stoppée par Obama in extremis. En contrepartie il aura droit à une visite d’État aux États-Unis du 10 au 12 février pendant laquelle il donna son soutien à Hillary Clinton. Ce fut un gage de plus à l’oligarchie financière qui est derrière elle. Pire, auparavant les 27 et 28 janvier, il rendit une visite officielle à Erdogan les 27 et 28 janvier 2014 avec la volonté de relancer les relations franco-turques et la procédure d'adhésion de la Turquie à l'Union européenne.  Tout cela fut offert à Obama, à l’OTAN et au grand marché du mondialisme. L’attitude de Hollande au Moyen-Orient a été pire que celle de son prédécesseur et nous passons désormais pour une puissance vassale des États-Unis, mercantile et prêtant main-forte à une double politique américaine, de soutien et de combat simultanés du djihadisme, dont le seul but est de maintenir le chaos au prix de centaines de milliers de morts. Ce chaos est destiné à redéfinir les frontières au profit du Grand Israël, des pétroliers, de l’hégémonie américaine et de l’encerclement de la Russie.

Le bilan de ce quinquennat est lamentable tant sur le plan intérieur que sur le plan extérieur où la France se déshonore et perd son aura de puissance stabilisatrice de la paix. L’impopularité de Hollande est méritée par son enfumage permanent où ses principales promesses sur les étrangers, le chômage, la finance, l’école, la croissance, ont toutes échouées. Fin janvier 2017 on annonce 629.400 demandeurs d’emploi de plus depuis le début du quinquennat. Les 40 milliards injectés, récupérés par les grands lobbies, n’ont produit que des chômeurs. Fin décembre 2016 la dette française s’établit à 2.160,4 milliards d'euros, soit 97,6% du PIB tricolore, fin mars 2012 elle était de 1.717,3 Mds, soit 86,3% du PIB. C’est 443 milliards et 11,3%/PIB de plus sur la dette ! En quatre ans le PIB/habitant a crû de moins de 1% alors que la moyenne des 28 pays de l’UE est de 2,7% comme pour l’Allemagne. En quatre ans notre croissance totale a été de 2,6% alors que celle de l’UE était de 3,5% et celle de l’Allemagne de 4,4%. L’enseignement et ses 60.000 emplois supplémentaires n’ont pas empêché la dégringolade dans le classement PISA. Avant 2012 la France était 20ème en mathématiques, 26ème en culture scientifique et 22ème en compréhension de l’écrit, soit un classement moyen à la 23ème place. En 2016 nous sommes à la 25ème place sur 70 pays bien loin derrière la Suisse et les Pays-Bas.

La France n’attend plus rien de ces politiques qui ont fait semblant de s’intéresser au peuple mais n’en ont rien fait, seuls les banquiers et les multinationales en ont profité. Notre vassalisation rampante nous amène à une perte d’indépendance et d’identité. Alors dans un climat de doute et de désespérance où la sécurité et la liberté sont menacées, tout peut désormais se passer. Ce sera l’objet du prochain et dernier article.


Le socio-libéralisme a « macronisé » le socialisme. 

La droite a oublié ses racines patriotiques.

Gauche ou droite ne veut plus rien dire. 

La France est à vendre au pouvoir

De l’oligarchie financière.


 Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon