mardi 21 février 2017

2017 tout est possible même l’incroyable… (2ème partie)

Avec Sarkozy nous entrons dans la phase précédant la chute de notre pays vers un abîme dont les futurs votants pour la présidentielle se crèvent les yeux pour en voir le fond. Le sentiment d’entrer dans une nouvelle phase de notre histoire après une fin de quinquennat sans relief de Jacques Chirac, l’envie de la jeunesse de croire enfin à l’avenir meilleur promis par l’Union Européenne et l’euro, la pression des milieux d’affaires pour une relance économique, demandaient de l’énergie et du neuf et ont mobilisé un électorat prêt à s’enthousiasmer. La droite voulait sortir définitivement des périodes de cohabitation et affirmer que majoritairement la France était à droite. La gauche n’arrivait que lorsqu’elle promettait du rêve crédible parce que rien ne permettait de prouver que cela avait déjà échoué, ou quand la droite nous laissait y croire. Chirac ne croyait à l’UE qu’à reculons mais il a laissé faire. L’homme providentiel a alors émergé sur la scène politique, soi-disant héritier du gaullisme. Il vibrionnait d’énergie, surfait sur les promesses d’un mondialisme heureux et une autorité de l’État, héritée de son passage au Ministère de l’Intérieur, qui garantissait des jours tranquilles en cet avril 2007.

Le soir de l’élection de Sarkozy au Fouquet’s, il est tombé comme une trombe d’eau sur les épaules du peuple qui se lève tôt. Cet homme vivait dans un monde qui n’était pas le nôtre, le monde de l’argent, celui des grandes fortunes dont on comprenait que celles-ci avaient réussi leur coup et que l’élu leur était redevable. C’est ainsi que l’on a découvert le Sarkozy américain qui partageait l’intimité des Bush, et le divorce d’un couple que l’on avait projeté sur le devant de la scène pour rassurer les familles traditionnelles et promouvoir l’image paisible du couple présidentiel. D’un seul coup l’homme providentiel sentait l’argent jusque dans l’oligarchie financière étasunienne, le bling-bling, et rapidement l’homme, qui voulait se marier avec le peuple, ne savait pas garder son épouse. L’image écornée laissait encore la France dans un état économique suffisant pour entretenir une image tournée vers l’avenir où tout était possible. La gesticulation et les talonnettes gardaient l’illusion de grandeur et d’autorité. Pourtant le langage et la posture avaient changé, l’homme allait au contact du peuple d’en bas et l’interpellait le karcher à la main. 

On commençait pourtant à voir remonter vers lui des affaires alors qu’il était au gouvernement, l’affaire des frégates d'Arabie saoudite et des sous-marins du Pakistan, et l’affaire des frégates de Taïwan, affaires qui dorment en attendant de nouvelles révélations. Ce n’était que les premières affaires d’une longue suite mais il était facile de crier à l’acharnement et l’immunité du Chef de l’État lui permettait de passer entre les fourches de la suspicion populaire. Mais la catastrophe financière de 2008-2009 n’a pas pu étouffer le rapport de la Cour des comptes en 2009 sur le budget de la présidence de la République qui cible une affaire concernant la commande irrégulière d'études d'opinion par l’Elysée à partir de 2008. Toutefois rendons à César ce qui appartient à César, ce gouvernement a réagi plus rapidement à la crise de 2008-2009 que l’Allemagne au prix d’un accroissement de la dette de 600 milliards pour maintenir la croissance. La dette sous Hollande a été assez comparable et sans la crise.

Mais les affaires ont pollué tout ce quinquennat et leur poursuite judiciaire sous Hollande ont largement participé au discrédit de l’intéressé et de toute la classe politique. L’affaire Tapie et celle de Kadhafi parlant, trois jours avant la campagne de Libye, du financement de la campagne de Sarkozy. Jamais condamné, Sarkozy n’en finit pas de traîner des boulets qui le rendent vulnérable pour longtemps. Sarkozy est l’homme de l’attachement à l’hégémonie américaine, au fédéralisme européen doublé de l’austérité à l’allemande. C’est l’homme de la règle d’or sur les contraintes imposées au déficit/PIB et à la dette publique/PIB, contraintes qui ont conduit la France à presque 100% de dettes/PIB. C’est l’homme du traité de Lisbonne qui fait fi du vote populaire sur la Constitution européenne. C’est l’homme qui a définitivement tourné le dos à l’indépendance de la France et au gaullisme en lançant l’idée de réintégration de la France dans l’OTAN dès novembre 2007 à la tribune du congrès des États-Unis. L’ironie de l’histoire et la félonie de nos politiques veut que, le 8 avril 2008, une motion de censure était déposée contre le projet de notre engagement en Afghanistan et de réintégration dans le commandement intégré de l’OTAN… par le Parti Socialiste ! Le plus beau est que le rapporteur de cette motion était… François Hollande. 

«  … si notre pays renonçait à son autonomie de jugement au sein de l’Alliance, c’est l'ensemble de l'Europe – pas simplement la France – qui se trouverait en situation d'alignement sur les États-Unis. Et que vaut l'argument sur la contrepartie offerte en termes de reconnaissance de l'Europe de la défense ? C’est un jeu de dupes ! […] L'OTAN est dans une fuite en avant, ses missions l'éloignent de ce qu'elle est et doit rester – une alliance militaire – pour la faire devenir l'organisation politique de l'Occident. Ce que le président Bush veut faire de l’OTAN – et pas simplement lui – c’est une "ligue de démocraties", selon la formule de Mc Cain, le candidat républicain. […] L’OTAN, dans ce schéma, deviendrait le bras armé d'un bloc occidental dont la mission principale serait de défendre partout les valeurs de l’Occident. » C’est François Fillon qui défendait ce projet de Sarkozy. De plus lors du vote de confiance du 17 mars 2009, c’est Laurent Fabius, au nom du parti socialiste, qui déclarait :  « Que vous le vouliez ou non, au Proche et au Moyen-Orient, en Amérique du Sud, en Russie, en Afrique, si l’on sait demain que la France est rentrée dans le rang, et c’est ainsi que votre décision sera considérée cela portera tort à son influence. Vous aurez beau le contester, nous le verrons dans les faits. »

Le sommet de l'OTAN des 3 et 4 avril 2009 à Strasbourg entérinait la réintégration dans le commandement intégré. Sarkozy, Fillon, Hollande, Fabius, sont tous des félons qui ont joué avec l’indépendance de la France, l’ont livrée aux États-Unis et nous ont entraînés dans des guerres ignobles en Libye, en Irak et en Syrie avec des centaines de milliers de morts, soldats, et civils dont femmes et enfants. La contrepartie d’une Europe de la Défense reste toujours un chantier en déshérence. Pourtant en septembre 2011, Sarkozy, lors d’une cérémonie d'hommage aux victimes des attentats du 11 septembre 2001 à l'ambassade des États-Unis en France, s'était félicité du retour de la France dans le commandement intégré de l'Otan, estimant que celui-ci avait permis à la France de jouer un rôle de premier plan dans l'intervention militaire de 2011 en Libye qui a conduit au départ de Mouammar Kadhafi. On juge aujourd’hui les conséquences du chaos libyen avec le djihadisme sur une grande partie de l’Afrique et du Moyen-Orient, et sur l’immigration de masse Nord-Sud. 

Sarkozy a eu un successeur, pâle héritier de François Mitterrand mais tout aussi insondable, François Hollande. Malgré les apparences des lois sociétales, destinées à donner le change, rien n’a changé et le « Le changement, c’est maintenant » était le premier enfumage d’une série inépuisable qui a poussé le peuple justement vers le changement en cours de ses hommes politiques sans même entrevoir qui est vraiment digne d’exercer cette fonction présidentielle. Ce quinquennat Hollande et ses conséquences sur le vote de 2017 feront l’objet du prochain article.
 
Il y a eu en 2007 un changement profond que nous percevons maintenant. 

Les français n’ont pas compris que tout ceci n’était pas dû au hasard.

Des forces extérieures, relayées à l’intérieur de notre pays, 

Ont patiemment tissé la toile de la camisole de force

Que ses suppôts ont fait endosser à la France. 

Aujourd’hui la France ne se reconnait plus ! 

Claude Trouvé  
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon