dimanche 12 février 2017

Nucléaire ou (et) énergies renouvelables ? (1ère partie)



Si le débat appartenance ou non à l’UE est le débat fondamental duquel les français sont frustrés pour l’instant, les médias mainstream se gardant bien de parler de ce sujet comme les politiciens du Système, il en est de même sur le plan de transition énergétique dont il ne faut absolument pas mettre en doute son impérieuse nécessité. Cette dernière s’appuie sur quatre éléments forts, la dangerosité du nucléaire, l’énergie gratuite, l’indépendance énergétique et la création d’emplois. Évidemment l’émission du CO2 doit être exclue de cette confrontation, les deux ne donnant du CO2 que lors de la construction des éléments et des infrastructures., c’est-à-dire très peu. Au moment où l’on va demander aux candidats reçus à l’examen des 500 signatures de préciser leur programme, ce que l’on attend toujours de Macron, et d’en donner les grandes lignes du chiffrage, l’énergie électrique représente un choix crucial qui n’avait pas échapper à De Gaulle et à Pompidou. Le virage vers le nucléaire, s’est révélé près de 60 ans après comme une des meilleures décisions politiques sur l’avancée de notre pays dans la technologie de pointe exportatrice, dans l’indépendance énergétique et même dans son utilisation militaire pour la force nucléaire de dissuasion.

La France a pu fournir une énergie électrique bon marché par rapport aux autres pays européens et ce sans qu’aucun accident n’ait été mis sur l’échelle internationale des accidents nucléaires. La dernière « explosion » à Flamanville est encore cet abus de langage destiné à engendrer la peur car s’il y a eu un incendie maîtrisé, il n’y a eu nulle explosion, ni danger pour l’homme ou l’environnement. D’ailleurs le classement donné par l’Agence de Sûreté Nucléaire est « incident de niveau 1 » soit le plus bas dans l’échelle internationale de gravité qui en comprend 7. On peut penser que si cela s’était produit à Fessenheim, l’impact médiatique aurait été bien plus important malgré la focalisation des médias sur Fillon. A contrario on a eu plusieurs accidents dans des usines chimiques ayant causé des dégâts matériels très importants sur l’environnement et sur l’homme, comme celui d’AZF dont le procès est en cours. Si le nucléaire est potentiellement dangereux, la France a montré qu’elle savait prendre les précautions nécessaires, beaucoup plus faciles d’ailleurs que pour les produits chimiques dangereux par eux-mêmes et pire par association comme à AZF. 

Notre connaissance dans ce domaine ne cessant de progresser, la probabilité d’un danger dans l’exercice normal de l’exploitation des réacteurs est proche de zéro. La protection contre les attentats, les phénomènes sismiques, les inondations, a été prise en compte et nous n’avons pas à redouter de tsunami. La question piège est « pouvez-vous nous assurer qu’un accident est impossible ? ». Ma réponse est la suivante : « quelle industrie dangereuse, soumise à la loi Seveso, peut l’assurer ? » Il n’est pourtant pas question, même après AZF, de fermer ces industries. Par contre la probabilité de tuer quelqu’un est infiniment plus petite que celle d’être victime d’un accident d’automobile, de moto, de vélo ou même en tant que piéton. Il faut un jour mettre en balance les morts par accident de circulation depuis 60 ans et ceux dus à la radioactivité dans la production électrique nucléaire. A ma connaissance il n’y en a pas eu même si des travailleurs employés par des sociétés privées ont intenté des procès basés sur des effets à long terme supposés de dose reçues dites anormales.

A ce propos il faut bien souligner que le fait d’avoir reçu une dose dite au-delà du seuil permis, n’implique nullement une attaque grave de notre santé. La norme est mise, comme pour les ascenseurs et même avec plus de marge, à un niveau très bas dit de certitude de son innocuité. La physique veut que l’on parle souvent de Becquerels pour mesurer les chocs de particules émises qui « peuvent » nous atteindre, unité extrêmement faible qui donne des chiffres toujours très élevés. Ceci a pour effet d’abuser le public simplement par l’énormité des chiffres. Le millisievert est une unité de dose reçue plus manipulable, sachant que la dose de radioactivité naturelle dans laquelle en moyenne nous vivons est de 2,4 mSv/an et qu’en moyenne nous recevons en plus 1,1mSv/an dans les examens médicaux. Mais lorsque nous passons au scanner nous engrangeons 9 mSv d’un coup sachant que la limite réglementaire des travailleurs du nucléaire est de 20 mSv/an. Cela vous donne une appréciation de la relativité des choses quand on crie qu’on a reçu plus de 1 mSv, norme pour le public. Enfin nous sommes tous radioactifs par le potassium 40 contenu dans nos os à raison de 0,17 mSv ! 

Il est important de dire qu’aucun scientifique intellectuellement honnête ne peut déterminer à partir de quelle valeur de dose on peut détecter des effets néfastes sur le corps humain. L’apparition de brûlures n’est observée que pour des doses fortes et les zones les plus exposées après Tchernobyl sont mesurées à 50 mSv avec une moyenne de 21 mSv. Des habitants ukrainiens n’ont toujours pas évacué les zones interdites sans que l’on puisse encore déterminer statistiquement si leur santé en est affectée. Pour établir les normes on s’est basé sur un calcul probabiliste et non sur des observations souvent impossibles vus la multiplicité des causes pouvant produire le même effet, en particulier pour le cancer. On est donc dans un domaine où la peur est facile à manipuler. J’ai fait des conférences avec un morceau d’uranium sur la table en invitant les personnes à s’en approcher sans le toucher, la plupart d’entre eux refusaient alors qu’il n’y avait aucun danger. La radioactivité et ses effets sont complexes et génèrent une peur que manipulent tous ceux qui n’ont que l’objectif de nous détourner de cette utilisation énergétique. Enfin, par suite du suivi médical opéré, les travailleurs du nucléaire ont globalement une santé au-dessus de la moyenne.

L’attaque sur la dangerosité du nucléaire, qui se réfère à Tchernobyl et à Fukushima, ne peut être raisonnablement retenue pour l’énergie nucléaire française et occidentale. Tchernobyl, le plus grave accident, est dû à une somme d’erreurs humaines commençant par la conception des réacteurs et finissant par la mise en marche du réacteur en zone anormale pour essai alors que les experts étaient en WE ! Fukushima est un accident dû à un phénomène naturel exceptionnel dont on n’avait aucun historique et ce tsunami a surtout provoqué des milliers de morts sur les côtes et non autour des réacteurs. Il a de plus coupé l’électricité fournie par le réseau plongeant les sauveteurs de la centrale dans l’obscurité. Avec plus de 440 réacteurs fonctionnant dans le monde, dans un pays qui a le plus fort taux d’électricité nucléaire par 58 réacteurs et sans accident depuis 60 ans, il est parfaitement illogique de continuer à surfer sur la dangerosité de la production d’énergie électrique par le nucléaire. 

Les attaques se concentrent sur la vétusté de nos centrales. Le pire ennemi des installations industrielles en général et le nucléaire n’y échappe pas, c’est l’eau qui finit toujours par corroder ou par accumuler des produits provoquant des bouchages de tuyauterie. Dans les réacteurs, ce sont les générateurs de vapeur, qui font fonctionner les turbines produisant l’électricité, qui sont visés. Il faut prévoir leur remplacement au bout d’un certain temps de fonctionnement, c’est le grand carénage où d’autres tuyauteries sont remplacées. Une fois cette opération faite, le réacteur repart comme le fait un avion dont la durée de vie est longue. Les américains ont poussé la durée de vie de leur centaine de réacteurs à 60 ans sur des réacteurs en majorité du même type que les nôtres, nous avons donc encore de la marge.

Il reste à parler des déchets nucléaires ultimes, ceux que l’on va devoir stocker pour une très longue période au moins un siècle pour la plupart d’entre eux afin d’éviter leur dangerosité. Ce sera dans le prochain article la fin de l’exposé sur le danger du nucléaire avant de parler des autres attaques dont il est l’objet et d’examiner les énergies renouvelables en comparaison.

Le nucléaire a été une grande chance pour la France 

Et nous sommes en train de le jeter aux chiens.

Cette attaque de notre savoir scientifique, 

Cette offense à nos meilleurs chercheurs,

A tous nos prix Nobel de Physique, 

Est terrifiante de bêtise,

Et d’ignorance !

Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon