samedi 4 février 2017

2017 démarre en trombe mais vers où ? (4ème partie)


La tempête fait rage sur la France… et ce n’est qu’un début. Ce n’est pas 1,2% de croissance que la France a réalisé mais 1,1% vient de nous préciser l’INSEE, ce qui ne nous place que devant l’Italie et loin de la prévision à 1,5%. Par ailleurs la politique de l’offre pratiquée par les partis au pouvoir s’avère donc désastreuse. Pourquoi alléger les taxes des entreprises pour améliorer leur compétitivité de quelques %, alors qu’il suffit d’aller produire en Roumanie pour bénéficier de salaires bien inférieurs. De plus ces entreprises fabriquent des produits que, pour une grande part, nous importons, ce qui creuse notre déficit du Commerce extérieur, amputant ainsi plus de 40% de la croissance que nous aurions eu si les équilibres de notre commerce extérieur étaient restés stables. En 2016, les importations ont cru de 3,6%, quatre fois plus vite que nos exportations. La baisse des charges est une mesure coûteuse que l’Etat finance en baissant ses investissements (-0,9% en 2016) et l’augmentation des heures travaillées serait une mesure qui aurait pour résultat de diminuer les emplois et le PIB. C’est dire si le plan Fillon est un contresens. La sortie de l’euro, et des mesures protectionnistes partielles et provisoires, sont des actions autrement efficaces. 

C’est une France affaiblie qui commence 2017 alors que le chômage dans l’UE est en baisse mais c’est à une rafale d’évènements intérieurs et extérieurs auxquels elle doit faire face. Tout d’abord l’arrivée de Trump à la Maison Blanche et plus encore ses premières actions conformes à ses promesses mettent l’oligarchie globaliste dans une fureur sans égal dans les élections américaines. On envisage même sa mort ou sa destitution pour dérangement psychiatrique. Le milliardaire Soros paye pour les manifestations contre lui. La conviction de Trump que l’UE va mourir fait placer les Etats-Unis dans les ennemis de l’UE au même titre que la Russie et la Chine et Juncker le fait savoir aux pays de l’UE. La panique est totale, l’angoisse cosmique. Trump refuse les migrants musulmans de 7 pays migrateurs ainsi que les migrants mexicains. Les premiers amènent avec eux un certain nombre de radicalisés difficilement détectables mais capables de nuire gravement à la sécurité du pays. Les mexicains sont des migrants économiques dont les Etats-Unis, avec 95 millions de citoyens, en-dessous du seuil de pauvreté, n’ont nul besoin. Il ouvre la porte aux chrétiens massacrés dans le Moyen-Orient, ce qui est une mesure humanitaire qui fait appel au droit d’asile. 

Qui y-a-il d’épouvantable dans ces mesures ? Notre attitude de volonté de reflux des réfugiés vers le Royaume-Uni et d’empêchement d’entrer aux migrants venant d’Italie, notre impossibilité de fermer nos frontières que les djihadistes passent allègrement et d’empêcher les attentats, notre incapacité à éviter que nos ressortissants aillent faire le djihad en France et ailleurs, notre insouciance devant le massacre des chrétiens d’Orient, n’est-elle pas aussi inhumaine et suicidaire ? Croire que l’on va pouvoir longtemps héberger sur l’ensemble du territoire une arrivée de plus en plus massive et continue de migrants relève d’un irréalisme condamnable. Cela n’enlève rien aux mouvements du cœur que nos compatriotes ont devant la détresse qui frappe à leur porte. L’État ne peut compter sur eux éternellement et c’est à lui d’évaluer les dommages collatéraux et les solutions : immigration contrôlée et non imposée, assimilation indispensable, aide aux pays migrateurs. 

L’UE se réunit à Malte et débloque 800 millions d’euros pour essayer de régler le problème de l’émigration en provenance de Libye pendant qu’un millier de migrants sont naufragés. Le gouvernement libyen ne contrôle pas la situation sur l’ensemble de la côte libyenne. Les passeurs y ont des relais politiques complices de trafics lucratifs. Ce ne sont pas que des libyens qui fuient mais toute une partie de l’Afrique où le niveau de vie et l’instabilité politique sont les ingrédients principaux. Cette mesure de l’UE n’apportera qu’une efficacité très faible à la résolution du vaste problème de l’émigration Sud-Nord. De toute évidence c’est un plan d’une autre ampleur qu’il faut mettre en œuvre. Trump prend des solutions, condamnables ou non, pour son pays, nous n’en sommes même pas capables. On ne peut pas s’empêcher de remarquer qu’alors que ce type n’a pas encore vitrifié le moindre patelin, aucun des derniers président US pourtant responsables des pires atrocités et massacres de masse perpétrés ces 30 dernières années n’a jamais subi un tel traitement. Ce qui démontre que dans notre vertueuse contre-civilisation, on peut détruire des pays entiers et tuer peu ou prou quatre millions de personnes (coût estimé des guerres US au Moyen-Orient) et rester respectables et même désirables. 

Dans ce coup de tonnerre que Trump fait peser sur le monde en mettant un coup d’arrêt à une guerre en préparation avec la Russie, et en déclarant l’EI comme ennemi à réellement combattre avec eux, la France se contente de pétouiller d’affaire en affaire, de primaire en primaire destructrice des partis. Il va bien falloir que l’on réalise que les primaires sont anticonstitutionnelles, qu’elles introduisent un biais anormal en favorisant les partis qui y ont recours et qu’elles mobilisent les « merdias » à leur profit. Que vaut le vote d’un citoyen, qui signe une charte à laquelle il est opposé mais qui dépose son bulletin pour brouiller les cartes ? Qui peut dire combien ils sont ? La primaire de droite qui avait viré le couple favori Sarkozy-Juppé tourne à l’éviction de Fillon pour cause d’utilisation frauduleuse de l’argent public. La primaire de gauche s’est jouée dans un hallali sur Valls qui va aussi au tapis pour faire place nette. 

Finalement peu importaient les programmes, si tant est qu’il y en avait un, les primaires ont été vécues comme un jeu de massacre. Du coup la droite cherche un plan B tant la menace est grande avec Fillon, particulièrement maladroit dans sa défense, et la gauche socialiste découvre avec Hamon que le tournant socio-libéral découpe le parti jusqu’à Macron en social d’un côté et libéral de l’autre. C’est lorsque ces deux termes ont pu coexister que la gauche a pu gouverner avec Mendès-France et Mitterrand. Le vrai socialisme vit dans l’opposition en veillant à la répartition des richesses, le libéralisme vit dans l’action gouvernementale pour aider à la création de richesses. Il est curieux que le socialisme se soit laissé entraîner dans l’UE, émanation de la stratégie des Maîtres du Monde, et surtout qu’il ne se rende pas compte de son erreur. Le socialisme devrait être par nature une idée politique viscéralement antisystème. Or il a contribué, plus que d’autres, à la mainmise du Système sur l’Europe, donc celle des banquiers, des lobbies et du complexe militaro-industriel occidental. 

Trump protectionniste et antiglobaliste, Royaume-Uni en partance, flot migratoire incessant, croissance mondiale molle, menaces sur le système monétaire et bancaire, guerres en Syrie, Irak, Yémen et Ukraine, sont autant de menaces et de bouleversements qui tombent sur une France en désespérance politique et fragilité économique. Le prochain article essaiera de regarder les différentes évolutions du paysage politique qui se préparent.
 
La France est en panne de vision politique 

Elle a mis dehors ceux qui l’ont trompée

Mais les illusionnistes perdurent 

Et l’ « homme » providentiel

Se fait beaucoup attendre !

Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon