vendredi 7 octobre 2016

Sommes-nous en août 1939 ?

Depuis juin 1939 la Tchécoslovaquie est sous la botte allemande. Le 23 août le pacte germano-soviétique entre l'Allemagne et l'Union soviétique est signé. Le 29 août 1939, Hitler adresse un ultimatum à la Pologne. « La situation entre le Reich allemand et la Pologne est actuellement telle que tout incident ultérieur peut conduire au déclenchement des hostilités entre les forces armées des deux pays, qui ont déjà pris position de chaque côté de la frontière. Toute solution pacifique du problème doit être de telle nature que les événements qui, à l'origine, ont abouti à l'état actuel des choses ne doivent pas se répéter en une autre occasion et déterminer ainsi un état de tension, non seulement en Europe orientale mais ailleurs aussi. Les causes de cette situation sont à rechercher dans la démarcation intolérable des frontières imposées par le Traité de Versailles et par le sort insupportable qui est fait aux minorités allemandes dans les territoires retranchés du Reich. […] Des considérations précédentes découlent les propositions concrètes suivantes :
1. En raison de son caractère purement allemand et de la volonté unanime de sa population, la ville libre de Dantzig doit être immédiatement restituée au Reich allemand.
2. Le territoire connu sous le nom de corridor polonais, c'est-à-dire le territoire délimité par la mer Baltique et par une ligne qui va de Marienwerder à Graudenz, Kulm, Bromberg (ces villes étant incluses) et de là, en direction de l'ouest, vers Schönlanke, décidera lui-même s'il doit devenir partie du Reich allemand ou rester avec la Pologne.
Etc. 
Les causes de cette situation sont à rechercher dans la démarcation intolérable des frontières imposées par le Traité de Versailles et par le sort insupportable qui est fait aux minorités allemandes dans les territoires retranchés du Reich. »

L'Allemagne demande à Londres de convaincre Varsovie d'envoyer à Berlin, pour le 30 août, un plénipotentiaire polonais afin de régler la question de Dantzig et du corridor. Le 30, l'ambassadeur du Royaume-Uni en Allemagne suggère que la demande soit présentée à la Pologne par les voies diplomatiques normales. Le 31, l'ultimatum est diffusé par la radio et remis officiellement à l'ambassadeur britannique. Le fait que Varsovie n'ait pas envoyé à Berlin, dans les 24 heures, un représentant investi des pouvoirs nécessaires pour accepter l'ultimatum est interprété comme un rejet de leurs propositions de paix par les Allemands. L’« incident de Gleiwitz » sert de prétexte au début des hostilités militaires : un commando allemand crée un faux incident en attaquant la station radio frontalière de Gleiwitz, en territoire allemand. Ce plan, monté par Reinhard Heydrich, chef de service de sécurité nazi et exécuté par le SS Alfred Naujock vise à donner un prétexte à l'Allemagne d'attaquer la Pologne. En septembre la France entre dans la deuxième guerre mondiale. 

La visite en Russie de notre Ministre des Affaires Étrangères, avec le plein accord des États-Unis, pour servir de médiateur entre ces derniers et la Russie, ressemble fort à la démarche de l’ambassadeur britannique le 30 aout 1939. L’incident du convoi humanitaire, dont on sait qu’il a été perpétré par les djihadistes mais mis immédiatement sur le compte des Russes, ressemble fort au faux incident de Gleiwitz. Le bombardement américain « « par inadvertance » de troupes syriennes, qui a tué 60 soldats syriens et une centaine de blessés, ne peut qu’être qu’une de ces provocations qui teste les réactions de l’ennemi que l’on s’apprête à combattre. Or l’ennemi est désigné il s’agit de la Russie et l’enjeu c’est Bachar el-Assad, au prix même d’une guerre classique ou nucléaire. Tout le reste est secondaire. Le chef  d’État-major des armées américaines a explicitement dit que la guerre est inévitable. Il y a de part et d’autre évidemment des bandages de muscles pour tester la détermination de l’adversaire. 

Mais les troupes se mobilisent de part et d’autre. Les pays Baltes, la Pologne et la Roumanie sont investies par les troupes de l’OTAN (hum !). Des troupes américaines sont en Syrie et un nouveau contingent doit les renforcer. La France envoie son porte-avion pour signifier qu’elle est toujours aux ordres dans la coalition. Le porte-avion russe arrive en Méditerranée et des missiles S-300 et S-400 sont déployés en nombre pour protéger Damas. Des pourparlers dans une coalition (dite anti-Daech) élargie à 64 pays sont en cours pour envisager l’attaque de Damas. L’idée est de tirer des missiles de croisières sur Damas et Lattaquié, et de bombarder l’Armée arabe syrienne. Ce projet avait été annoncé aux membres de l’Otan, lors du Conseil atlantique du 27 septembre. Il a été soutenu par le sénateur John McCain dans le Wall Street Journal. 

La bataille de Mossoul prend une autre tournure. Daech quitte Mossoul et est renvoyé vers Rakka et Deir ez-Zor. Mossoul tombera facilement mais ne sera pas redonnée à l’Irak chiite. Le président Recep Tayyip Erdoğan a vendu la mèche en déclarant au journal Sabah qu’une fois Mossoul libérée, la ville appartiendrait à ses habitants, « seuls les arabes sunnites, les turkmènes et les kurdes sunnites pourront y rester ». En d’autres termes, la Coalition se propose de terminer le travail que Washington avait confié à Daesh. Son véritable objectif est d’avaliser le nettoyage ethnique pratiqué par les djihadistes, notamment l’expulsion ou le massacre des chrétiens et des kurdes Yézidis, afin de créer un État religieusement homogène. Cela permettra à Hollande de pavoiser son succès à Mossoul à bon compte. 

La guerre Russie - États-Unis va se dérouler à Alep et Damas, cela rappelle étrangement le couloir de Dantzig. La guerre psychologique de désinformation bat son plein en stigmatisant les bombardements russo-syriens sur l’Est d’Alep. Les médias occidentaux sur la crise d’Alep diffusent des données fausses. Actuellement, la partie Ouest de la ville héberge entre 1,4 et 1,5 million d’habitants partisans de la République. La partie Est héberge entre 25 000 et 30 000 personnes, ce n’est pas du 50-50%. On passe sous silence que ce sont les djihadistes qui ont abattu les habitants d’Alep-Est qui tentaient de fuir durant la trêve de l’Aïd alors que la possibilité avait été donnée à tous les résidents d’Alep-Est, qu’ils soient civils ou combattants, syriens ou étrangers de quitter la ville. On passe aussi sous silence que les bombardements actuels sur les terroristes occupant l’Est d’Alep au risque de tuer des civils sont l’application de la résolution 2249 du 20 novembre 2015 qui demande aux États membres de l’Onu de de « mettre un terme aux actes de terrorisme commis en particulier par l’EIIL, également connu sous le nom de Daech, ainsi que par le Front el-Nosra et tous les autres individus, groupes, entreprises et entités associés à Al-Qaida ». 

La guerre totale peut-elle être encore évitée ? 

L’élection américaine va en décider. 

Hillary Clinton et le Pentagone 

Ont le doigt sur le bouton… 

Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon