mercredi 26 octobre 2016

Chômage : ralentir n’est pas reculer !



Le matraquage de nombreux médias et du Président Hollande continue avec des communiqués de victoire sur le chômage : « L’inversion de la courbe est acquise », sous-entendu Hollande peut se représenter. Le graphique ci-contre  montre visuellement que ceci n’est pas acquis sur l’ensemble des catégories de demandeurs d’emploi. Si le ralentissement est perceptible, le nombre total de ceux-ci ne cesse de croître. Il faudra au moins attendre le mois de janvier qui est un point haut saisonnier du nombre de chômeurs pour avaliser le ralentissement et surtout l’inversion, encore à réaliser pour l’instant. Ce graphique montre clairement les fluctuations saisonnières et la non-validité de l’interprétation sur des variations mensuelles. Même les comparaisons sur des périodes de trois mois ne sont pas significatives en raison des variations saisonnières. Il faut raisonner sur l’année.

On voit sur ce graphique que la baisse du mois de janvier au mois de juillet a été plus importante que les autres années, c’est ce qui provoque un ralentissement de l’évolution du nombre de demandeurs. Ceci correspond à une reprise de l’activité des entreprises sous l’effet de quelques mesures gouvernementales, comme le CIPE, mais surtout à la conjonction de trois facteurs extérieurs favorables, la baisse de l’euro, du pétrole et des taux d’intérêt. L’affaiblissement de la conjoncture économique mondiale et la remontée du pétrole viennent désormais affaiblir l’effet exogène. La remontée du nombre de demandeurs d’emploi de juillet à septembre 2016 ressemble plus à celle de 2014 qu’à celle de 2015. Elle est de plus grande ampleur, ce qui n’est pas un signe positif. De toutes façons le bilan de François Hollande est tout-de-même depuis mai 2012 de 686.400 demandeurs en plus dans la catégorie A et de 1.343.300 sur l’ensemble des catégories soit respectivement +24,7% et +27,5%. 

C’est apparemment mieux que Sarkozy, avec 746.400 demandeurs en catégorie A et 1.195.800 sur l’ensemble des catégories soit +37,0% et +33,5% durant la période équivalente. Toutefois les périodes ne sont pas comparables car l’année 2009 a été catastrophique pour l’économie mondiale et  a eu un terrible impact sur le chômage. Plus de la moitié de l’augmentation du nombre total de demandeurs a été cumulée de février 2009 à février 2010. Par ailleurs les conditions extérieures étaient nettement moins favorables pendant tout le quinquennat. Si l’on imagine que la variation du nombre de demandeurs aurait été, de février 2009 à février 2010, la même que sur la période suivante fév. 2010-2011, on trouverait le chiffre de 779.600 demandeurs sur l‘ensemble des catégories de mai 2007 à septembre 2011, durée équivalente à celle de Hollande aujourd’hui, soit une augmentation de +16,4% à comparer aux 27,5% pour Hollande. Ce dernier n’a vraiment pas de quoi être félicité !

Mais revenons à la Catégorie A, la seule qui soit mise en avant dans les statistiques. La baisse sur un mois est significative, la hausse sur trois mois est comparable à celle observée sur la même période de 2014 mais en dessous de celle de 2015. La baisse sur un an vient conforter l’impression d’inversion de la variation du chômage. Le nombre de demandeurs de  la catégorie A en septembre 2016 soit 3.466.800 est inférieur à celui de septembre 2015 soit 3.534.900 demandeurs. La baisse est de 68.100 soit -1,9%. Pourtant si l’on regarde de plus près, la chute brutale du nombre de demandeurs en septembre après une montée rapide en août ne correspond pas aux variations saisonnières normales. Cet à-coup brutal laisse une interrogation sur la valeur des chiffres. 

La visualisation des catégories B (78 heures ou moins travaillées dans le mois) et C (plus de 78 heures travaillées dans le mois) apporte un élément de réponse. Ces deux catégories sont en hausse rapide et continue depuis 5 ans, particulièrement la catégorie C. Il y a donc basculement de la catégorie A dans les deux autres catégories. Ceci veut dire que le suivi de la catégorie A est de moins en moins représentatif du chômage. Les contrats à plein temps diminuent et les salariés se réfugient dans les travaux à temps partiel. Sans doute un certain nombre d’entre eux cumulent plusieurs employeurs. Quand la moyenne de 39 heures travaillées dans un mois en catégorie B représente un salaire mensuel de moins de 377 € au SMIC, on ne peut décemment pas continuer à parler du chômage en ne considérant que la catégorie A. Il faut regarder les statistiques du chômage publiées, par l’INSEE par trimestre et Eurostat mensuellement mais ces chiffres ne sont pas encore publiés, pour avoir une idée plus précise sur l’évolution du chômage et du taux d’emploi plus représentatif de la variation de l’emploi.

Il nous reste à regarder l’évolution de la catégorie D contenant les personnes sans emploi mais non tenues de rechercher un emploi. On y met entre autres les formations et les emplois aidés. On constate une accélération de la hausse annuelle dans cette catégorie. C’est une hausse de 32.900 par rapport à septembre 2015 et de 76.900 par rapport au mois dernier. La variation entre août et septembre 2015 avait été de 62.100 seulement soit 14.800 de plus en septembre 2016. On voit que le basculement dans les autres catégories B, C, D explique la baisse de la catégorie A. S’il y a un ralentissement de la hausse du chômage qui soit confirmé le mois prochain, la variation de la catégorie A n’est pas représentative de l’évolution de l’emploi et ne devrait plus être l’objet de telles communications médiatiques. La hausse ralentit peut-être mais elle ne recule pas ! 

Nous constatons encore la manipulation des chiffres

Sans souci que ceux-ci donnent une image vraie 

Des principales préoccupations des citoyens.

C’est ainsi que nous finissons par élire 

Des gouvernants incapables…

De gouverner ! 

Claude Trouvé
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon