mardi 11 octobre 2016

Notre avenir se joue à Washington et à Damas



On ne sait quelle épreuve catastrophique va nous toucher la première, le Krach ou la Guerre ou les deux en même temps car il y a un lien entre eux, l’hégémonie américaine soutenue par le Nouvel Ordre Mondial. La poussée musulmane vers l’Europe n’est qu’un danger supplémentaire dont les effets s’amplifient mais dont la victoire finale est à échéance de vingt ou trente ans. Le communautarisme montre que la fracture s’agrandit d’année en année avec celle des zones de non-droit aux mains de la mafia et des religieux. Les attentats au couteau, symboliques d’une autre civilisation, meublent de plus en plus les faits divers mais des policiers viennent d’être agressés par des cocktails Molotov dans un quartier où l’État de droit baisse les bras. Les attentats « terroristes », dont les commanditaires ne sont pas si bien connus que cela selon Wikileaks, ne sont que les aspects meurtriers certes mais spectaculaires destinés à frapper l’opinion. La délinquance ordinaire reflète mieux l’état d’avancement de l’insécurité propagée par l’immigration dans son ensemble et plus particulièrement le climat d’insoumission et de révolte à connotation musulmane. La pression monte dans les ghettos comme dans une cocotte-minute non pourvue de soupape de sécurité, et l’éclatement d’une révolte massive se répandant en hordes hors des lieux communautaires est prévisible à court terme. Une simple étincelle, une simple opportunité y suffiront. Mais tout ceci est déjà alimenté par le chaos qui se répand en Europe à partir des guerres au Moyen-Orient et de l’utilisation de l’Islam pour l’alimenter.

En effet aujourd’hui Alep est au carrefour d’une guerre militairement perdue par les troupes de la coalition qui soutiennent les clans « modérés » (dans les têtes occidentales à couper). Mossoul n’est pas tombée sous l’offensive annoncée de celle-ci mais Alep vit ses derniers jours de l’occupation terroriste des musulmans dits « modérés » puisque la coalition vient à leur rescousse sous prétexte d’acte humanitaire. Si Alep est en train de retomber aux mains des troupes loyalistes syriennes c’est que la Russie leur apporte une aide décisive dans les airs, dans le matériel, dans la surveillance des mouvements de l’ennemi et dans la stratégie militaire. Poutine a compris que la Syrie fait partie de la grande stratégie de l’histoire russe et est prêt à tout pour sauver un régime qui lui est favorable. Si Alep tombait ce serait la fin de Damas. Si la Syrie tombait, la Russie serait, en plus d’une humiliation diplomatique, menacée dans son intégrité territoriale, ce qui pourrait induire un éclatement de la Fédération de Russie. Les événements qui se déroulent actuellement en Syrie ne sont en aucun cas liés à la question de démocratisation de la société ni pour plus de liberté pour les Syriens. Il s’agit d’un ordre mondial que cherchent à imposer les États-Unis avec leurs vassaux occidentaux prédateurs à un autre monde qui, la Russie en tête, réclame plus de participation dans la gestion des affaires internationales desquelles ils ont été exclus depuis des décennies. 

Le point de départ pour la nouvelle configuration géopolitique du monde passe aujourd’hui par Damas. L’avenir de la Russie s’y joue actuellement. Poutine sur la ligne de Catherine II qui considérait que « Damas détient la clé de la maison Russie » comprend bien que « Damas est la clé d’une nouvelle ère ». Cette attitude géopolitique a été parfaitement comprise par le politologue américain toujours très influent à la Maison Blanche, Zbigniew Brzezinski. Il a été conseiller à la sécurité nationale du président des États-Unis Jimmy Carter, de 1977 à 1981. En tant que tel, il a été un artisan majeur de la politique étrangère de Washington, soutenant une politique plus agressive vis-à-vis de l’URSS – en rupture avec la Détente antérieure – qui mettait l’accent à la fois sur le réarmement des États-Unis et l’utilisation des droits de l’homme contre Moscou. Certaines de ses déclarations sont la justification du conflit en cours : « Sans l’Ukraine, la Russie cesse d’être un Empire », « L’Eurasie reste l’échiquier sur lequel se déroule la lutte pour la primauté mondiale », « Quiconque contrôle ce continent, contrôle la planète ».

La triste vérité est que les États-Unis n’ont vraiment pas l’intention d’aider à construire des Etats forts au Moyen-Orient ou ailleurs. Au contraire, comme nous le voyons encore et encore – par exemple, en Yougoslavie, au Soudan, en Libye, au Yémen, en Syrie, en Somalie, en Ukraine- l’objectif de la politique étrangère américaine, que ce soit déclaré ou pas, est la destruction de plus en plus agressive et la balkanisation des États indépendants . Cependant, il est important de savoir que cet objectif n’a rien de nouveau. La guerre des États-Unis en Corée (1950 – 1953) fut sans doute génocidaire comme l’affirme le sud-coréen spécialiste des droits humains Dong Choon Kim. Cette guerre « était un pont pour relier l’ancien type de massacres sous le colonialisme et les nouvelles formes de terrorisme d’État et le massacre politique pendant la guerre froide… Et que les massacres commis par des soldats américains pendant la guerre de Corée ont marqué le début des interventions militaires des États-Unis dans le Tiers Monde, au prix d’énormes victimes civiles » . 

De même, l’objectif des États-Unis au Vietnam a été la destruction de toute perspective de créer un Etat indépendant intact. Comme nous le savons, les Vietnamiens ne capitulèrent pas, et donc subirent la destruction quasi totale de leur pays aux mains des États-Unis. Pendant ce temps, pour faire bonne mesure, les États-Unis bombardaient simultanément le Cambodge et le Laos, les renvoyant eux aussi à l’âge de pierre. Pour conserver leur primauté dans la consommation des ressources du monde presqu’un quart dans tous les domaines pour 5% de la population mondiale, les États-Unis ont entrepris de saper, de nombreuses fois fatalement, la capacité des États indépendants d’exister, de se défendre et de protéger leurs propres ressources, du pillage étranger. C’est la raison pour laquelle les Etats-Unis ont fait équipe avec les forces les plus déplorables du monde dans la destruction des Etats indépendants dans le monde entier.

Juste pour ne citer que quelques exemples, depuis 1996, les États-Unis ont soutenu les forces rwandaises et ougandaises pour envahir la République démocratique du Congo, ce qui rend ce pays ingouvernable et le pillage incroyable de ses ressources naturelles . Le fait que près de 6 millions d’innocents ont été assassinés dans le processus importe peu, et certainement pas dans le courant principal de la presse qui mentionne rarement la RDC. Ils ont aussi soutenu des forces de déstabilisation en Colombie et fait main basse sur les ressources pétrolières en aidant à déplacer environ 7 millions de personnes de leurs maisons et leurs terres,. Au Moyen-Orient, Afrique du Nord et en Afghanistan, les États-Unis font équipe avec l’Arabie Saoudite et les forces islamistes radicales – que même les États-Unis qualifient de «terroriste» – afin de saper et de détruire les États laïques. 

La guerre contre la Russie, alors URSS, a continué en Afghanistan après la guerre froide. Déjà dans les années 1970, les Etats-Unis commençaient à soutenir les moudjahidin en attaquant l’État marxiste laïque de l’Afghanistan, afin de détruire cet État et aussi d’affaiblir fatalement l’État soviétique pour, selon les mots de Zbigniew Brzezinski, « attirer les Russes dans le piège afghan. . . [et] donner à l’URSS sa guerre du Vietnam ». L’ Afghanistan ne put jamais se remettre de la dévastation causée par cette décision funeste des États-Unis et de son intervention ultérieure qui est maintenant dans sa 15ème année. Comme nous le savons très bien, l’URSS n’a jamais récupéré non plus, et les États-Unis tentent fortement d’empêcher la Russie post-soviétique de redevenir à nouveau un Etat rival fort.

Pendant ce temps, en Libye, les États-Unis ont un nouveau partenariat avec les djihadistes en 2011 pour renverser et même détruire un Etat qui utilisait sa richesse pétrolière pour garantir de meilleures conditions de vie de tous les pays d’Afrique, tout en aidant les luttes d’indépendance dans le monde entier. De cette façon, la Libye, qui, sous Kadhafi est également arrivée à être l’un des ennemis farouches d’Al-Qaïda dans le monde, présentait une double menace pour leurs objectifs de politique étrangère. Après l’intervention, la Libye est maintenant un Etat avec peu de perspectives d’être en mesure de posséder sa richesse pétrolière pour son propre peuple à nouveau, et encore moins pour tous les autres peuples du Tiers-Monde. 

Les États-Unis considèrent que la conquête de l’Eurasie

Est la clé de la conquête des richesses du monde 

La Russie est décidée à voir dans la Syrie la clé

D’un monde multipolaire et de sa survie… 

Comment ? Concluez vous-même !

Claude Trouvé
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon