mercredi 12 octobre 2016

L’État se joue de notre humanité



Robert Ménard a fait placarder une affiche qui fait réagir les bonnes consciences. Le titre « Ça y estIls arrivent » est évidemment provocateur et choque le côté solidaire et humanitaire qui sommeille plus ou moins dans chacun de nous. La sphère « boboiste » de gauche s’étrangle et nombreux sont ceux, même dans des opinions plus centristes ou droitières, qui s’indignent jusqu’à monter des opérations commandos pour détruire les panneaux d’affichage, qui n’y sont d’ailleurs pour rien, en signe de contestation de cette attitude considérée comme inhumaine et fasciste. La lecture qui en est faite est prise au premier degré. Toutes les personnes qui se dévouent en France, souvent au mépris de la loi, pour faire le « geste qui sauve » stigmatisent cette initiative municipale comme on peut s’y attendre. Je voudrais déjà dire deux choses, premièrement certains gestes dits « humanitaires » sont illégaux, deuxièmement détruire des installations municipales est un délit et souvent faits par ceux que l’on désignent du terme de « racailles » à droite et de « sauvageons » à gauche. Dans les deux cas il s’agit de gestes anarchiques, ce qui n’aide pas le bon fonctionnement de la démocratie.

Robert Ménard sait très bien qu’il mérite le titre de « provocateur » mais son passé journalistique lui a appris la force des mots et de la communication publique. Il sait que nous sommes dans un bain de communication de la « pensée unique » que transmet la quasi-totalité des médias à longueur d’antenne et de publications. La présidentielle va d’ailleurs se résumer à la victoire de la « pensée unique gaucho-droitière » contre le « diable » et ses archanges dévoyés qui osent penser autrement. Je n’ai pas entendu pour l’instant de voix dénonçant une attitude agressive de sa part envers les citoyens musulmans qui remplissent totalement l’un des quartiers de la ville et qui désormais apparaissent en centre-ville, en particulier dans la vieille ville. J’ai même personnellement assisté à la réception d’une arabe par le maire pour une demande de l’amélioration des aides qui étaient déjà consenties. Dans la conversation en salle d’attente, celle-ci n’a émis aucune critique sur un racisme municipal affiché envers elle. 

Je sais que le fait d’avoir compté les élèves en cherchant les musulmans à partir des prénoms a soulevé des ires de la gaucho-sphère, mais l’intention, étant de donner des moyens matériels supplémentaires aux classes à très grande majorité musulmane, aurait dû au contraire lui apporter la considération de l’Etat. La demande d’armer les policiers dans une ville à forte délinquance lui a été refusée par le préfet et a encore fait la une des médias dont le Midi Libre qui œuvre contre lui depuis son élection. Tout cela pour que Bernard Cazeneuve fasse passer un décret l’autorisant… là ce n’est plus du racisme ou du fascisme, c’est la loi du Prince. Loin de moi l’idée d’avaliser toute la politique municipale, ni de dire s’il fait ou non du bon travail dans cette ville proche de la mienne. Je dénonce simplement un acharnement qui devrait comprendre que le Maire doit se limiter à respecter la loi qui veille à punir tout acte municipal qui ne la respecte pas. Libre aux citoyens de ne pas le réélire. En dehors de la loi, eux seuls sont juges.

Mais revenons au fond du problème. Un certain nombre de ces « bonnes âmes », qui viennent aider les « migrants » en dehors des actes autorisés par la loi, ont-ils fait diminuer le nombre de migrants qui s’agglutinent à Calais avec parmi eux des têtes radicalisées et quelques djihadistes formés ? Non bien au contraire et l’État est mis en demeure de résoudre le problème humanitaire. Je dirai même que les moyens de communication ont permis aux migrants de répandre chez leur famille et leurs amis les solutions locales que certains habitants pratiquent. Ils leur ont indiqué comment cela se passait et à qui il fallait s’adresser. Le voyage vers la France s’en trouve facilité et plus attractif. Doit-on pour autant punir les fauteurs humanistes ? Évidemment non et l’État devrait faire évoluer la législation pour que ceux-ci ne soient pas punis mais qu’ils soient mis devant leur responsabilité par une information montrant qu’ils agissent contre ce qu’ils ne voudraient plus voir. 

Doit-on souhaiter que Béziers commence à ouvrir la porte d’un petit Calais qui ne va demander qu’à grossir tant le flot vers l’Europe est continu et que l’appel à la solidarité entre Etats est demandée par l’Allemagne qui au départ n’a pensé qu’à elle ? Lorsque j’ai une maladie contagieuse dois-je souhaiter la passer aux autres ? Je suis étonné de la réaction de certains qui pensent que l’on supporte mieux son mal quand les autres le subissent aussi. La nature humaine est ainsi mais il est fondamental pour une nation que le sentiment égocentrique n’efface pas celui du bien de la communauté. Robert Ménard traduit l’inquiétude de la plupart des français devant l’arrivée d’un flux migratoire que l’on ne peut contrôler et les « quotas » sont bien loin de représenter l’ensemble du flux. Il provoque et met en cause l’Etat qui a failli depuis la loi sur le regroupement familial, l’ouverture inconsidérée des frontières et l’impossibilité de décider de l’entrée ou non de communautés comme les Roms pour lesquels il a dû se plier devant Bruxelles.

La France n’a pas de politique migratoire, elle répète ce que dit Bruxelles largement influencée par l’Allemagne sur ce point comme sur bien d’autres. Elle répète, comme elle le fait en politique étrangère avec les États-Unis, la politique migratoire, une des facettes. La démocratie est mise à l’écart et l’on nous fait accepter les pays dans l’UE, les flux migratoires, les lois sociales différentes d’un pays à l’autre en prétendant que c’est pour le bien de tous, etc. On voit le résultat et on s’apprête à redonner les clés, des quelques pouvoirs qui restent à l’État, à un homme qui a violé la loi et qui acceptera la situation actuelle de dépendance à Bruxelles et aux États-Unis comme les précédents dans la mouvance du Nouvel Ordre Mondial. L’État nous impose les normes, les directives bruxelloises, les guerres derrière les États-Unis, l’austérité par les impôts, les migrants sans que nous ayons notre mot à dire. Pour le flux migratoire, l’État se joue honteusement de notre humanité. On peut tout-à-la fois respecter ceux qui ne peuvent souffrir de voir la pauvreté, l’insalubrité, la faim, etc. sans intervenir, et forcer l’État à prendre les dispositions qui n’appelleront pas l’intervention de ces derniers. Malheureusement l’État punit et s’avère incapable de résoudre le problème. Étaler la tache sur un vêtement ne la fait pas disparaître. 

L’État ne résout pas les problèmes de son ressort

Il les dilue, comme de l’État aux régions 

Et de l’État aux bonnes âmes,

Aux restos du cœur, etc. 

Oui il faut crier STOP ! 

Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon