dimanche 9 octobre 2016

Écoutons les lanceurs d’alerte plus que les politiques



Il y a ceux qui font de la politique un ascenseur social vers le pouvoir et l’argent, le plus grand nombre, et il y a les autres, les grands commis de l’Etat et les lanceurs d’alerte. Ceux du plus grand nombre ne considèrent de la démocratie que le fait qu’il faut passer par les urnes pour atteindre le pouvoir, encore que… certains, comme Emmanuel Macron, estiment que le chemin qui consisterait à emprunter les marches successives des élections est beaucoup trop long et s’intéressent uniquement à la dernière étape. Ceux du plus grand nombre n’ont aucune considération envers les lois ou les principes d’éthique qui peuvent freiner leur carrière, ni pour la vie privée de leurs adversaires quand ce n’est pas pour la vie tout court. Un passage devant la justice n’est souvent vécu que comme un passage obligé car, pour avancer, il ne faut pas hésiter à se salir les mains. Ce passage se traduit généralement par une période volontaire dans l’oubli des électeurs pour préparer le retour d’un nouvel homme, tout blanc et les dents plus acérées. Pour eux l’habileté politique est plus importante que la compétence, la prévision et la vision. Leur habileté est synonyme d’enfumage des électeurs et de mensonges assumés, de capacité de se construire une cour dévouée ou dévoyée, de capacité d’encaisser tous les coups et d’en rendre plus qu’on en reçoit. Ce sont eux qui atteindront le plus sûrement les plus hautes marches du pouvoir.

Dans la catégorie des grands commis de l’État, il y a ceux qui mettent plus ou moins en avant le service de l’État par rapport à leur carrière personnelle et parmi eux il y a ceux qui ont vraiment la taille de l’emploi et les autres. La taille de l’emploi se définit selon le principe de Peter. Selon ce principe, « dans une hiérarchie, tout employé a tendance à s'élever à son niveau d'incompétence », avec pour corollaire que « avec le temps, tout poste sera occupé par un employé incapable d'en assumer la responsabilité. » Une grande partie d’entre eux est décrite par ce principe. Parmi les autres il y a quelques visionnaires qui peuvent montrer aux citoyens ce que l’avenir risque de leur réserver et qui préconisent des actions préventives, ce sont les rares qui suivent le principe du « gouverner, c’est prévoir ». On a pu voir avec l’affaire Alsthom que ce principe n’était pas connu ou oublié, volontairement ou non, de notre élite dirigeante. 

C’est bien l’application du corollaire du principe de Peter que nous voyons dans la Présidence actuelle où le passage de la Présidence d’un Conseil Départemental de Corrèze à celle de la République a fait surgir le niveau d’incompétence. Lorsque nous sommes dans cette situation depuis plusieurs quinquennats, il ne reste qu’une catégorie d’hommes ou de femmes qui, hors du pouvoir et libres de leur pensée, ont pris suffisamment de recul pour mettre en lumière les grands axes sur lesquels notre avenir va se dérouler. Ce fut le cas du Général de Gaulle, qui quoique l’on puisse lui reprocher avec raison, a montré que sa vision de l’avenir de la France était prémonitoire et qui a pris les meilleures décisions préventives. La sortie de membre permanent de l’OTAN, la nécessaire coopération avec l’Allemagne au-delà des haines cumulées de l’histoire, la reconnaissance nécessaire de la Chine, la méfiance à avoir avec les Britanniques issue de notre histoire depuis Jeanne d’Arc, mais surtout cette vision d’une France tournée vers l’Est jusqu’à l’Oural, sont d’une actualité brûlante et prémonitoire.

On n’a guère plus d’un homme de cette trempe par siècle et il faut faire avec les autres. La démocratie doit s’en accommoder mais elle doit avoir la lucidité de chercher en permanence à s’informer, à confronter des informations, à ne jamais croire à priori, et à comprendre que l’exercice du pouvoir est synonyme d’enfumage du peuple. Pour ces citoyens qui prennent le temps de réfléchir au-delà de l’information immédiate qui les submerge, il y a ces quelques hommes politiques, ces philosophes, ces économistes, ces journalistes que l’on nomme les « lanceurs d’alerte ». On peut en citer quelques-uns, Jean-Pierre Chevénement,  Michel Onfray, Jacques Sapir, Eric Zemmour, etc. La plupart sont honnis par les tenants de la « pensée unique », qu’ils soient de pensée dite à gauche ou à droite. Évidemment gauche-droite ne veut plus rien dire. Il y a ceux qui volontairement ou par suivisme béat voient leur avenir dans le sillage de l’UE et des Etats-Unis sans se préoccuper que cela ne fait qu’un et que ce « un » c’est le jouet d’un cartel de puissants anglo-saxons juifs qui trustent les banques, les multinationales lesquelles tiennent la plus grande partie de l’économie mondiale, industrielle et militaire ainsi que la recherche scientifique et technologique. Et puis il y a les autres, les « Astérix » qui savent que les Romains tiennent tout, « romanisent » tout, mais que l’on peut encore défendre son pré carré, sa vision du bonheur de l’homme, sa liberté de pensée et d’agir, son identité. 

Alors je pense à Philippe De Villiers et à son livre « Les mosquées de Roissy », ce livre que trop peu de gens ont lu mais qui a profondément énervé la bien-pensance politique parce que cela touchait un point sensible dans la doxa du multiculturalisme qui commençait son effet destructeur sur le bon sens des citoyens en faisant miroiter une vision idyllique de la France d’après. C’était un lanceur d’alerte parce qu’il était bien seul il y a dix ans à marteler dans ses interventions médiatiques sur l’urgence de freiner la conquête musulmane de notre pays. Certains l’ont rejoint par la suite et un grand parti populaire en refait une de ses idées de campagne. Mais le vrai visionnaire c’est lui. C’est ce grain de sable mis dans les rouages de la « pensée unique » qui a soulevé l’intérêt et l’inquiétude chez une partie de la population et chez certains politiques, essentiellement de droite il faut le dire à cette époque avant que l’on voit Michel Onfray oser faire chorus et se voir exclu de la pensée de gauche qu’il personnifiait. Philippe De Villiers a quitté la politique mais il n’a pas quitté l’envie de penser à la France de demain. Son prochain opus, qui va sortir en librairie « Les cloches sonneront-elles encore demain » montre que le visionnaire ne désarme pas. Quand on voit qu’il va aussi à contre-courant en prônant le rapprochement avec la Russie, on sait qu’il ne quitte pas totalement le combat mais qu’il compte sur le « remue-méninges » pour lancer en avant une jeunesse en quête de repères.

A côté du matraque médiatique et politique de la « pensée unique » il y a des hommes qui prennent le temps de réfléchir, de s’éloigner de la politique de l’instant (celle de la course au vote ou de bouchage des voies d’eau). Parmi eux Philippe De Villiers nous dit : la France sera islamisée dans vingt ans, désigner la Russie comme notre ennemi nous conduit à la guerre OTAN contre le bloc Russie-Chine, la vraie écologie c’est celle qui se préoccupe de la vie des abeilles pour notre survie et non du climat sur lequel notre influence n’est qu’illusoire. La caractéristique des « lanceurs d’alerte » c’est qu’ils voient plus loin et plus vite que les autres, c’est d’ailleurs pour cela qu’ils ont du mal à se faire entendre. 

Dans la multitude d’informations dont les hommes sont abreuvés

La plupart sont du niveau du fait divers ou de la propagande. 

Les plus perspicaces essaient de croiser leurs sources

Pour tenter d’approcher une parcelle de vérité. 

Le lanceur d’alerte s’assoit dans son champ,

Regarde les étoiles et y lit l’avenir. 

Ecoutons-le, c’est lui qui voit

A travers les nuages ! 

Claude Trouvé
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon