jeudi 14 avril 2016

Premier « bail-in » européen, et vent de panique à venir ?



Pendant que Michel Sapin nous distille des paroles doucereuses sur la réalisation du budget 2015, des évènements précurseurs majeurs et inquiétants se déroulent en Europe et aux Etats-Unis. D’abord il faut noter que la France, comme les autres pays de la zone euro, a bénéficié d’une conjoncture très favorable avec l’euro faible, les taux d’emprunt tendant vers les taux négatifs et la baisse du pétrole. Il est venu s’ajouter la ressource supplémentaire de retour des capitaux camouflés à l’étranger pour bénéficier de la clémence de Bercy. Ceci a permis des dépenses supplémentaires non prévues et des cadeaux tous azimuts pour préparer la campagne électorale, comme le font d’ailleurs tous les gouvernements, et tous les pouvoirs territoriaux jusqu’aux communes. On peut signaler aussi que le gouvernement français a obtenu de Bruxelles que les dépenses militaires supplémentaires ne soient pas comptées dans le respect du déficit budgétaire, ce qui permet de dépenser tranquillement un argent qu’il va pourtant bien falloir sortir de quelque part.

Mais que se passe-t-il donc dans le monde occidental, voire mondial ? Suite à une décision des autorités financières autrichiennes, l’Autriche est devenue le premier pays de l’UE à recourir à la réglementation de la directive européenne BRRD sur le redressement des banques et la résolution de leurs défaillances, entrée en vigueur au début de cette année. Cette réglementation est entrée aussi en vigueur en France par validation du Parlement. Dans les règles fondamentales de fonctionnement de l’UE et de la BCE, il a été acté que les Etats ne pouvaient plus se servir de l’argent des contribuables pour renflouer les banques en faillite, la pratique du « bail-out » est proscrite. Les échanges monétaires des banques se font par l’intermédiaire de la BCE exclusivement, laquelle ne doit pas échanger avec les Etats. Le renflouement des banques doit passer par la BCE et celui des Etats par des prêts des banques privées. Pour garantir que la BCE soit en mesure de faire face à une faillite de nombreuses banques, un fonds de résolution des faillites bancaires a été officiellement lancé en janvier. Il sera progressivement abondé par les banques pour atteindre 55 milliards d'euros en 2025, afin de renflouer les établissements en difficulté ou leur permettre de faire faillite de manière ordonnée.

Or, si un grand établissement bancaire fait faillite entre 2016 et 2025, il se peut que le fonds ne soit pas encore suffisamment fourni : les pays doivent par conséquent trouver un accord sur le financement avant cette date. Selon le consensus obtenu le 10/11/15, ce sont les Etats qui vont fournir des lignes de crédit, en cas de faillite d'une de leurs banques. Il apparaît que le risque n’est pas négligeable puisque trois banques italiennes ont déjà fait faillite, et dans le cadre de cet accord l’Etat italien est intervenu. Il vient d’ailleurs de décider de créer le fonds d’investissement Atlante. Celui-ci aidera à recapitaliser les banques en difficulté et à les libérer de leurs 200 millions d’euros brut de créances douteuses. On voit que le danger est réel et les Etats ont peur de devoir piocher dans les fonds privés. D’ailleurs l’Autriche vient de prendre cette décision d’y faire appel comme l’autorise l’UE, c’est à dire de mettre à contribution les actionnaires, puis les détenteurs d’obligations, et enfin, les déposants qui détiennent au moins 100.000 euros (le montant du dépôt garanti) sur des comptes ouverts auprès de l’institution en faillite. Ce “bail-in” autrichien pour la Heta Asset Résolution AG, une « bad bank » récupérant les créances douteuses, est une première. Dans un contexte de secteur bancaire européen sous-capitalisé et vulnérable en raison de son exposition à des produits dérivés et des problèmes de liquidité, il ne devrait pas rester un cas isolé. 

Mais d’autres évènements plus importants sont en train de se passer. Le lancement de la fuite des Panama Papers se présente comme un lessivage prémédité dont seront victimes plus de particuliers que de lobbies, en particulier américains. Jusqu’à présent, les « Panama Papers » ne concernent pas de gros fraudeurs occidentaux. Il s’agirait plutôt de renforcer le contrôle sur les contribuables lambda. On pourrait donc être en face d’une fuite organisée, destinée à renforcer la répression financière. Celle-ci, ainsi que l’élimination de l’argent liquide, poursuivent le même but : fermer toutes les portes de sortie pour permettre aux gouvernements de siphonner votre épargne via les taux négatifs. D’une façon générale on voit se mettre en place une préparation d’un « reset », remise à zéro de la dette mondiale, car l’amplification des déversements de monnaie de singe par les Banques centrales sont en train de déstabiliser le système économique et monétaire mondial. Ce « reset » ne peut trouver une solution que dans la monnaie scripturale (les écritures bancaires) privée disponible, c’est-à-dire la nôtre, particuliers et entreprises. Cette monnaie n’est pas dans notre poche comme la monnaie fiduciaire (billets et pièces), et elle ne demande qu’un clic de souris pour disparaître des fichiers d’ordinateur.

Il semble de plus se passer des évènements graves au niveau de la Fed qui ont engendré 3 réunions successives urgentes. Plusieurs signes nous montrent que quelque chose d’énorme se trame en ce moment même – les révélations récentes de certains membre des élites, des prédictions d’économistes, comme hier encore JP Chevalier qui prédit la fin de l’Euro « à court terme , en mai » , les politiques de taux négatifs. Ceci montre que les planificateurs sont désespérés, les mouvements sur les marchés signalent une perte de confiance , etc. etc. Les choses se corsent cette semaine tandis que les dictateurs et chefs de la finance internationale se rassemblent dans des réunions secrètes d’urgence partout en Amérique, pour discuter de la fin inéluctable de l’économie mondiale. Des dirigeants de la Réserve Fédérale, en passant par Obama, Joe Biden (Vice-Président des USA), Janet Vellen (Présidente du Conseil des gouverneurs de la Réserve fédérale des USA) et plein d’autres. Le 15 avril, Washington DC tiendra une deuxième conférence du G 20 en rapport aux rouages de la finance. Beaucoup d’économistes font pâle figure. 

Les échelles ne montent jamais jusqu’au ciel… 

La dette mondiale croît de plus en plus vite

Le système économique et monétaire 

Survit sous perfusion permanente

L’heure de vérité ne va pas… 

Tarder à arriver !

 Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon