samedi 2 avril 2016

La Russie au secours de la Syrie… et de l’Europe !



Alors qu’un processus de paix est en train de s’engager en Syrie, au grand dam de l’UE et de la France en particulier, le flux de réfugiés sur l’UE est l’objet d’abjectes tractations avec la Turquie dans un marchandage qui n’a rien d’humanitaire. Nous devrions être honteux d’avoir participé à ce carnage de centaines de milliers de morts et de millions de réfugiés soit officieusement par notre attitude belliqueuse soit par notre aide officielle à « l’opposition modérée », et par notre intervention aérienne et celle de nos forces spéciales. Honte à nous d’avoir reconnu un gouvernement provisoire de notables, expatriés dans des palaces 5 étoiles finalement nullement représentatifs de l’opposition démocratique syrienne. Nous devrions être honteux d’avoir souhaité la mort d’un dirigeant élu démocratiquement au nom de la démocratie, d’avoir répandu sur lui l’idée de crime contre l’humanité en l’affublant de 250.000 morts dont il était mathématiquement évident que la quasi-totalité était due à l’affrontement militaire dans une guerre civile allumée et aidée par l’étranger, puis envenimée par l’intervention d’un Etat créé de toutes pièces pour des intérêts étasuniens hégémoniques. Nous devrions être honteux de ne pas avoir aidé la Syrie à protéger l’un des vestiges les plus prestigieux de l’histoire humaine à Palmyre et de n’avoir salué sa libération que du bout des lèvres.

Bien sûr, ce nous s’adresse au gouvernement, Laurent Fabius en tête, et à son Président mais il comprend aussi la plus grande partie de la presse écrite, radiophonique et télévisée qui a lâchement relayé l’action présidentielle. La vérité éclate au grand jour et nous éclabousse, la Russie joue un rôle déterminant non seulement dans la retraite de l’EI et le maintien d’un gouvernement légal mais aussi dans le lancement d’un processus de paix. Elle met fin à conflit que nous avons sciemment créé et prolongé et pour lequel les dirigeants occidentaux, France, Royaume-Uni et Etats-Unis au premier chef, sont particulièrement coupables. Pendant quatre ans une énorme coalition occidentale a prétendu combattre en Irak et en Syrie non seulement sans vaincre mais en laissant le chaos se propager et en jetant des populations dans les charniers ou sur les routes de l’exode. En 5 mois les parties en présence évoquent la paix et les populations des territoires libérés restent chez eux. 

La Russie vient de signer une victoire sur « l’ennemi », celui du djihadisme armé que l’Europe dit combattre, en l’obligeant à abandonner les territoires conquis, comme le font les Kurdes. Si nous avions aidé la Syrie, la guerre aurait été courte car nous n’aurions jamais eu le temps de nous créer un ennemi, l’EI qui porte, ou à qui ont fait porter, le terrorisme dans notre pays et en Europe. Cet ennemi est le vecteur religieux choisi par les bénéficiaires de la théorie du chaos. Il échappe parfois à ses commanditaires mais il reste avec l’EI, Al-Qaïda et leurs vassaux dans le Front Islamique de Salut (FIS), l’instrument de toutes les actions guerrières de l’hégémonie américaine au nom de la démocratie et de la libération des peuples opprimés… mon œil ! Ce faisant la Russie marque un coup d’arrêt à l’immigration syrienne, mais non afghane, irakienne, yéménite ou érythréenne, vers l’Europe.

La Russie est venue au secours de l’UE qui continue à l’accuser de tous les maux et ne parle que d’augmenter les sanctions contre elle. En effet de nombreux réfugiés syriens vont vouloir rentrer dans leur pays qui a d’ailleurs grandement besoin d’eux après avoir été saigné à blanc. A la lumière de ce constat les tractations avec la Turquie sentent le marché de dupes ou de coquins. Il apparaît d’ores et déjà que la Turquie va se garder de permettre aux syriens réfugiés chez elle de regagner leur patrie tant c’est une excellente monnaie d’échange dans son contrat avec l’UE. Je vous prends des réfugiés et je vous les renvoie intégrables chez vous et cela vous coûte 6 milliards. Ce rôle lucratif de passeur est une honte. Ces pauvres réfugiés sont l’objet d’un trafic humanitaire alors qu’une partie d’entre eux, les vrais syriens, va demander à rentrer en Syrie. La vraie négociation est à faire avec Bachar Al-Assad de toute urgence. C’est ainsi que l’on soulagera la Grèce et Calais par la même occasion. 

S’il n’en est rien, c’est que des intérêts nous sont cachés. Compte-tenu de notre duplicité dans ce drame, cela n’a rien d’étonnant. Mais il faut cesser de croire aux bons sentiments de nos gouvernants et de surfer sur nos candides idées humanitaires qui sont manipulées à souhait pour des buts inavouables. L’immigration non choisie est une plaie que nous ne savons pas guérir, l’action humanitaire est  à placer ailleurs. Dans ce drame syrien, un seul pays a agi pour la paix en Syrie et pour la sécurité des peuples d’Europe et c’est celui que nous stigmatisons. Cela continue avec l’Ukraine mais nous allons voir un nouveau scénario à l’identique se dérouler en Afrique car les motifs restent là-bas les mêmes depuis la guerre en Libye pour tuer Kadhafi. 

La France a perdu toute dignité et sens de sa grandeur 

Elle n’est plus qu’un pays falot que protège encore

Sa place au Conseil de Sécurité de l’ONU 

Mais qui a vendu son âme au diable ! 

Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon