dimanche 10 avril 2016

Monde unipolaire ou multipolaire, ou être ou ne pas être



Derrière toutes les guerres, tous les attentats, toutes les batailles diplomatiques et politiques, toutes les lois européennes, toutes les politiques économiques et monétaires, il n’y a qu’un seul combat, celui de la gouvernance du monde. On ne peut absolument rien comprendre à tout ce qui se passe sans en évaluer en permanence sa présence dans toutes les actions des Etats et de l’élite mondiale. Notre planète a connu de nombreuses guerres des Empires mais elles ne pouvaient englober la planète entière parce que les moyens de transports ne fonctionnaient pas à près de la vitesse du son voire nettement au-dessus pour les avions militaires, et ceux de communication au milliardième de seconde. Nous allons bientôt nous disputer la Lune et Mars pour les meilleures raisons du monde comme toujours. C’est pourquoi certains pensent que la solution est déjà un gouvernement mondial, ce qui évitera de nouvelles guerres de possession planétaire et spatiale.

Le raisonnement est séduisant et fortement étayé par l’idée que le pouvoir mondial aura les moyens de décider de l’arrêt des guerres, de stopper les épidémies, de lutter contre le réchauffement climatique, de lutter contre les inégalités, la démographie galopante, le gaspillage des ressources de la planète et la pollution générée par l’homme, d’unir les efforts de prospérité, etc. Le tribunal sera international et personne n’y échappera. Pour éviter ces querelles historiques à base d’ethnies, de civilisations, de religions, de langues différentes, on peut penser à une seule langue, une seule religion et un seul corpus de lois mondiales. On peut penser aussi à une régulation de la démographie et même à une optimisation du nombre d’êtres humains en fonction des moyens de production et des biens nécessaires. Plus les moyens de production seront efficaces, moins il faudra d’êtres humains, moins ils consommeront, moins ils pollueront et plus les ressources de la planète seront économisées.


C’est l’un des commandements inscrits sur les Guidestones en Géorgie : « Maintenir l’humanité sous les 500 millions dans l’équilibre perpétuel avec la nature ». Ce tableau idyllique a tout-de-même le défaut de générer une décroissance asymptotique, comme diraient les mathématiciens, vers zéro être humain. En réalité la décroissance asymptotique n’atteint jamais le zéro, mais certains ont déjà gravé le chiffre dans la pierre, à savoir 500 millions. Tout dépend donc de la vitesse de décroissance car cela veut dire diviser par 14 la population mondiale. Si la réduction de 6,5 milliards d’individus se fait en mille ans, c’est tout-de-même 6,5 millions d’individus en moins chaque année, un dixième de la population française. Qui peut prévoir mille ans devant nous ? il semble donc que ceux qui veulent voir les choses bouger rapidement sont plutôt sur l’optique du siècle C’est alors 65 millions d’êtres humains en moins chaque année, la population française.


Vous croyez peut-être que tout cela est du domaine de l’affabulation ? J’espère que vous ayez raison mais les chiffres sont écrits et certains parlent délibérément de la diminution de la population mondiale, comme Bill Gates et d’autres parmi les puissants. Ce discours est d’ailleurs bien reçu par la population avec les arguments que j’ai développé ci-dessus. Mais diminuer la population mondiale demande un consensus des peuples. Or on nous prépare des méthodes beaucoup plus expéditives. La vaccination de peuplades africaines est en cours pour la stérilisation, quelquefois sous couvert de lutte contre les maladies endémiques. La guerre se répand comme une traînée de poudre. On se bat au Moyen-Orient, en Asie, en Europe, et dans une partie de plus en plus grande de l’Afrique. Des millions d’êtres humains errent sur les routes ou dans les camps en proie à l’insalubrité, à l’infection et à la maladie. Le nombre de morts noyés dans leur fuite ne se compte plus avec en plus les morts de faim, de soif, de froid, d’abandon médical et psychique. Les politiques d’austérité imposées jettent les Grecs dans la misère et appauvrissent les peuples, enfin les 90% qui ne sont pas en haut de l’échelle sociale. Le FMI en rajoute même sur la Grèce qui demande grâce et se tourne vers la Russie pour plaider sa cause.


La diminution de la population et l’aspiration des richesses vers le 1% de la population mondiale sont les deux moteurs des puissances qui dominent encore le monde. L’Etat qui les représente le mieux, c’est les États-Unis qui mènent une politique hégémonique depuis bien longtemps mais dont on a vu qu’elle s’est vraiment affirmée après la première guerre mondiale. Ils ont joué sur les deux tableaux pendant la seconde en ayant facilité l’arrivée d’Hitler au pouvoir, puis fait passer des finances à l’Allemagne, fourni des brevets comme pour la fluidification de l’essence d’avion, brevet et fourniture sans lesquels Hitler n’aurait pu agir. Depuis, la prise en main de l’Europe est en cours et la dernière phase se déroule sous nos yeux. Le traité transatlantique de libre-échange est quasiment à la signature et les forces américaines de l’OTAN se placent dans tous les pays d’Europe. La France vient de lui ouvrir sa porte. Le piège se referme et la puissance restante des États-Unis entend bien mener un combat sans merci à ceux qui veulent lui enlever son rôle de gendarme du monde et de seule puissance pouvant y régner.


Si l’Europe, je dis bien l’Europe, en excluant peut-être la Biélorussie, a déjà baissé pavillon et rejoint les rangs des vassaux, l’Afrique est dans la prochaine étape qui vient de débuter. Par contre une opposition frontale de niveau mondial se développe de jour en jour et contrairement au bloc occidental où il y a les États-Unis, au budget militaire énorme, et les autres aux ordres, le bloc concurrent rassemble des pays suffisamment puissants pour que toute idée de leader et de vassaux soit écartée par simple constat pragmatique. Dans ce bloc on trouve la Russie et la Chine. Mais l’Inde s’y joint. C’est une puissance montante qui va être le pays le plus peuplé du monde. On trouve aussi l’Afrique du Sud et surtout le Brésil, qui représente une puissance en difficulté mais au potentiel énorme. Enfin autour de ces BRICS, on voit arriver un pays comme l’Iran, grand pays pétrolier qui fait la pige aux pays du golfe. Son lien avec la Russie et la Chine se concrétise jour après jour. De nouvelles routes de la soie, terrestres et maritimes sont en cours ou en projet et le premier train allant de la Chine à l’Iran après un parcours de 10.000km en dit long sur ce qui est en train de se construire.


Bien que les États-Unis aient fait le forcing pour faire signer un traité de libre-échange et d’alliance dans le Pacifique sud avec les pays, dits amis, comme le Japon, les Philippines, l’Australie, etc. de façon à entourer la Chine, la menace est présente de voir leur hégémonie contestée par une vision, non plus unipolaire du monde, mais multipolaire avec des accords de coopération entre les pays touchant au domaine économique, monétaire, structurel de développement et militaire. La Chine et la Russie accumulent de l’or et font des échanges en yuan au lieu du dollar, en particulier pour le pétrole et le gaz. Un banque asiatique est constituée et se veut le pendant de la Banque mondiale. L’affranchissement de ces pays de la tutelle du pétrodollar et du FMI aux ordres des USA est lancé.


Moscou met au point un nouveau concept pour la politique étrangère russe qui reflétera la transition actuelle vers un monde multipolaire, a déclaré le Ministre des Affaires Étrangères russe Sergey Lavrov, en ajoutant que cette tendance mondiale présente de nouveaux défis pour tous les puissances mondiales. « Nous essayons de tenir compte de cette tendance dans nos documents doctrinaux fondamentaux, à savoir la stratégie de sécurité nationale de la Russie et le concept de sa politique étrangère, » a-t-il dit. « Une transition vers l’ architecture polycentrique devrait idéalement être basée sur l’interaction des principaux centres de pouvoir dans l’intérêt de trouver des solutions communes aux problèmes mondiaux ». « Cette vision est partagée par beaucoup de nations, bien que, comme à toutes les étapes précédentes de l’ histoire, il n’y a rien d’ automatique dans  les affaires internationales. Il n’y a aucune garantie que le vecteur positif prévaudra ». « Mais dans des  conditions où la philosophie du partenariat égal dans le souci d’assurer une gestion globale efficace doit faire face à la résistance de nos partenaires occidentaux, les obstacles seront probablement multipliés »  a conclu Lavrov.


Ces propos ne font que traduire la volonté sans faille de Vladimir Poutine après les discours où il avait donné sa vision du monde nouveau qui n’a rien à voir avec le Nouvel Ordre Mondial et le monde unipolaire. C’est un combat titanesque qui est en cours à fleurets mouchetés ou non, avec la guerre totale comme un signe de ne pas aller trop loin mais quand on a affaire à une puissance militaire dont le budget dépasse celui de l’ensemble des pays du monde on peut craindre le pire. Ce n’est pas le passé d’Hillary Clinton qui peut nous rassurer si elle est élue Présidente des États-Unis. La guerre répond à cette volonté de faire disparaître des êtres humains et surtout les bouches considérées comme inutiles car improductives et polluantes. Elle relance l’économie par l’industrie des armes et elle permet d’effacer les dettes. Voilà bien des tentations qui peuvent s’avérer déterminantes pour notre avenir. Le monde multipolaire est sans aucun doute une vision du monde qui s’oppose au gouvernement mondial. C’est une bonne chose car, qui dit gouvernement mondial dit un chef et autour un noyau de puissants. Qui peut affirmer qu’ils voudront le bien des peuples et non le leur ? Seront-ils si différents de ceux qui gouvernent les États, comme la France, quand ils gouverneront le monde ? L’argent ne sera-t-il pas concentré dans quelques mains comme nous le voyons actuellement avec la pompe aspirante en marche ?


 Pendant que les serfs cherchent à s’affranchir du joug 

Les seigneurs préparent un carcan encore plus dur.

Pendant que des peuples regardent à l’Ouest 

Sans voir venir leur propre servitude

L’espoir se lève à l’Est pour un 

Nouvel Avenir Mondial ! 

Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon