samedi 16 avril 2016

La France encore dans la gueule du loup ! (1ère partie)

Les français finissent toujours par se faire avoir et cela risque de continuer. Nous nous trompons depuis la démission du Général de Gaulle lors du référendum sur la régionalisation. Cela prend d’ailleurs une allure tragi-comique quand on voit les super-régions créées alors que tout a été mis en œuvre par la gauche pour faire chuter le Général sur la régionalisation proposée aux français. Nous avons cru que la France était sur un chemin glorieux jusqu’en 1981, car en effet nous étions dans une période euphorique et notre PIB/habitant faisait des envieux à l’étranger. On prédisait à la France le plus bel avenir. Nous marchions en fait sur la lancée de l’aire gaullienne qui, que l’on soit d’accord ou non avec sa politique sur l’Algérie, avait remis la France en marche avec fierté. En plus des secteurs traditionnels, l’aéronautique et le nucléaire nous plaçaient aux meilleures places mondiales. La voix de la France pouvait s’exprimer sans référence aux Etats-Unis, à Wall Street, à la City. Apparemment seulement, car se tramait l’aventure européenne avec les USA en sous-main par l’intermédiaire de Jean Monnet. L’attitude frileuse de la France vis-à-vis de ce projet commençait à évoluer sous le mandat de Giscard D’Estaing qui par ailleurs ouvrait les porte à l’immigration dans un but de récupération d’une main-d’œuvre bon marché.

En fait les vers qui nous rongent étaient dans le fruit, l’arrivée de l’UE et de l’euro, et l’immigration de peuplement. Cela signifiait à terme la triple férule de l’Allemagne, des puissances économiques et bancaires israélo-américaines, et de l’OTAN. La longue parenthèse de la droite au pouvoir, la personnalité éloignée du peuple de Giscard d’Estaing et son attachement au monde de la finance, ont fini par créer l’alternance. C’est sous François Mitterrand qu’a commencé le déraillement de notre pays. L’aire gaullienne demandait un nouveau souffle et la politique socialiste n’était pas encore libérale, le souffle s’est essoufflé. Par contre l’Europe était en marche. Poussée par les USA, l’Allemagne voulait réaliser son unification. On a d’abord vu le projet de traité instituant l'Union européenne en 1984 qui a conduit à l'adoption de l'Acte unique européen, lequel ouvrait la voie à la mise en place du marché unique. Dès juin 1988, le comité Delors (alors président de la Commission européenne) étudiait les étapes concrètes devant mener à cette union et posait l’objectif de l’union économique et monétaire caractérisée par la fixité définitive des taux de change puis la création d’une monnaie unique. Le projet fut approuvé par les États lors du Conseil européen de Madrid de juin 1989 pour mise en place le 1er juillet 1990. 

A l’issue de deux conférences intergouvernementales sur l’union économique, monétaire et politique, le traité de Maastricht était signé le 7 février 1992. Notons que tout cela s’était déroulé sans l’approbation du peuple français alors que c’était une évolution aussi fondamentale que toutes les guerres de son histoire. Le Congrès français vote alors l’introduction d’un titre nouveau dans la Constitution intitulé « Des communautés européennes et de l'Union européenne ». Un référendum est alors proposé aux citoyens sur la ratification du traité. Malgré l’intervention brillante de Philippe Seguin, et les discours de personnalités de poids de l’époque comme Villiers, Pasqua, Chevènement et même Le Pen et Fabius (eh oui !) le traité de Maastricht est voté sur un score étriqué de 51,05% des voix. Les promesses de la paix (on l’a vu dès le Kosovo), de prospérité et d’avancée sociale ont désormais montré à ceux qui croient aux promesses que la lucidité d’un peuple est souvent enfumée par la puissance des partis et celle des médias toujours en majorité acoquinés au pouvoir.

La France venait de jeter sa souveraineté dans les bras de la finance et des grands lobbies. La porte était ouverte pour voir arriver la politique d’austérité d’un budget contrôlé à Bruxelles, le peuplement d’une Europe sans frontières par une vague migratoire « submersive » et civilisationnelle, la férule d’un Empire hégémonique drivé par l’argent des puissants plantant ses soldats au cœur de l’Europe et proposant un traité de libre-échange captant le marché européen dans un ensemble transatlantique. Pour ce dernier les reculades apparentes vont se heurter à la volonté américaine à laquelle l’UE n’est pas « armée » pour refuser et devra se contenter de quelques aménagements mineurs. Croyant tenir l’Allemagne sous contrôle avec la monnaie unique, François Mitterrand a vendu une bonne part de notre souveraineté à celle-ci. Nous ne sommes plus que le tandem de la machine allemande qui décide de la politique d’austérité et de l’immigration entre autres. 

L’endettement de la France a continué pendant les mandats de François Mitterrand et la désindustrialisation de la France s’est mise en marche. L’ère Jacques Chirac n’a rien changé sinon un sursaut dans la politique étrangère avec le refus de participer à la guerre en Irak. De 1996 à 2000, les traités d’Amsterdam et de Nice ont durci l’intégration européenne et l’entrée dans la mondialisation. Ils ont abouti en 2003 à un projet de traité établissant une Constitution pour l'Europe. Signé par les États membres de l'Union, ce projet a vu toutefois son processus de ratification interrompu après son rejet par référendum en France et aux Pays-Bas au printemps 2005. Ce fut sans aucun doute la dernière réaction salutaire du peuple français mais dix ans d’abêtissement et de soumission ont suivi. Elle a d’ailleurs convaincu gouvernements et technocrates de Bruxelles que le référendum devait désormais ne plus faire partie de l’exercice de la démocratie. Nous en parlerons dans le prochain article. 

La démocratie n’est pas vue de la même façon 

Par le peuple et les puissances de l’argent.

Ces dernières contrôlent les Etats. 

Les Etats enfument les peuples

Pour garder le pouvoir. 

Claude Trouvé
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon