mercredi 6 avril 2016

Honte pour le marchandage humain et l’arrivée des bases américaines !

Les accords léonins de l’UE avec la Turquie atteignent les sommets de l’abjection. Proposés sur l’impulsion de l’Allemagne, ils se concrétisent dans un énorme marché d’esclaves où l’on trie sans vergogne des hommes, des femmes et des enfants que l’on a chassés de leurs terres et de leurs foyers par nos ingérences guerrières dans leurs pays. Quel spectacle insoutenable que ces immigrés aussi bien à Calais qu’en Grèce où l’on procède à un tri selon les exigences de chacun ! Les Syriens sont privilégiés alors que la Syrie a déjà libéré la plus grande partie des territoires les plus peuplés et que le retour au pays est souhaité ou souhaitable. L’Allemagne fait son tri dans une immigration en partie choisie. Plusieurs pays ferment leurs frontières et soudain la porte de sortie vers l’Allemagne et tout l’espace Schengen devient inatteignable. La Grèce succombe sous le nombre croissant de réfugiés bloqués chez elle et déversés avec la complicité de la Turquie. La Turquie joue un jeu malsain de tri dans ce flux comme avec des marchandises que l’on estampille ou non au passage pour retour ou non à l’envoyeur grec.

Bien difficile de savoir si les papiers présentés sont vrais ou faux la plupart du temps et l’on assiste aux drames humains de ceux qui ont donné leur fortune pour arriver en Grèce, enfin ceux qui ne sont pas morts noyés, et qui sont désignés pour le retour en Turquie où la préférence religieuse au sein même de l’Islam promet des traitements très différenciés et des menaces vitales pour certains. Chacun fait son tri au mieux de ses intérêts comme on le fait d’un stock en cherchant ce qui est encore vendable et à quel prix. Il n’est plus question de savoir s’il s’agit d’immigration légale ou non à ce stade, il convient de parler de traite d’esclaves pris au piège d’un plan démoniaque auquel nous participons. Ce plan a plongé la Syrie dans une guerre civile, enflammée et aidée par un clan occidental où les États-Unis veulent la déstabilisation de l’Europe et du Moyen-Orient par manipulation d’un « ennemi » fabriqué Daech et la complicité d’Al Qaïda comme au temps de la guerre en Afghanistan qui couve de nouveau. 

Je suis atterré par la façon dont les médias traitent de ce sujet d’une façon proprement inhumaine et désinvolte. Ceci ne nous grandit pas et donne une bien triste image de notre civilisation au nom de la supériorité de laquelle on va vendre ses valeurs l’arme au poing. Infoutue de résoudre le problème de Calais, la France n’a eu aucune voix pesante pour que ces drames soient évités, bien au contraire elle a participé à leur création et traité du bout des lèvres les conséquences. La recherche des voyous, embrigadés et payés, commis dans les attentats, font plus la une des journaux et l’on va nous servir à gogo l’affaire panama papers qui sent à plein nez l’action sous fausse bannière qui fait partie de la guerre de communication et la déstabilisation des récalcitrants aux puissances étasuniennes. On aura l’occasion d’en reparler. J’ai fait partie des enfants errants sur les routes en 1940, parfois sous la mitraille, mais j’étais dans mon pays. Tous ces gens-là sont livrés pieds et mains liés en terre étrangère à notre égoïsme et à notre action guerrière que l’on peut qualifier de barbare.

Mais décidément la France ne sait plus qui elle est, sinon un chiffon qu’agitent les États-Unis. Où les Américains mettent le doigt sur les cartes d’État-major nous allons avant même d’être sollicités pour être reconnus comme leur meilleur allié. Nous nous plaçons dans une espère de surenchère idiote avec la Grande-Bretagne, qui quoi qu’il arrive a toujours eu les regards tournés de l’autre côté de l’Atlantique, parce que la City et Wall Street jouent la main dans la main et que ce sont les armes bancaires des puissances de l’argent. Hollande, lors de sa dernière entrevue avec Obama, a vendu notre pays à la présence des bases militaires de l’OTAN, comme l’ont fait la plupart des pays d’Europe. La France a baissé pavillon et mon cœur se serre pour avoir servi toute ma carrière à notre indépendance militaire vis-à-vis des États-Unis. Sans De Gaulle nous n’aurions pas l’arme nucléaire indépendante et, pour le moins, nous n’aurions pas un siège permanent au Conseil de Sécurité de l’ONU qui est notre dernière carte laquelle nous permet de pouvoir influencer les décisions mondiales et de pouvoir utiliser notre droit de véto. 

J’ai vécu le temps des bases militaires en France. Je me souviens avoir arpenté les rues de Metz en tenue militaire avec l’impression d’être en territoire occupé avec les patrouilles US et les bars à bière. Je me souviens de la base de Châteauroux et de toutes les inscriptions sur les murs, les ponts, les bâtiments publics avec ce cri des français « US go home ». Je me souviens des empêchements mis par les USA pour la recherche et la mise en œuvre de l’arme nucléaire française, alors que la Grande-Bretagne bénéficiait du savoir-faire US. Nous avons néanmoins réussi et ce fut un moment de grande fierté pour la science et la politique étrangère française. Nous avions retrouvé le droit à la parole, nous pouvions influer sur notre destin.

François Hollande va proposer d’actionner une nouvelle phase de la vassalisation de la France, et l’occupation militaire de l’Europe par l’OTAN, autant dire les USA, sera désormais définitivement acquise. Y-a-t-il une menace si importante venant de la Russie pour que cette décision soit prise ? Évidemment non, s’il y a une menace elle vient de l’intérieur, de ce mouvement qui commence à frétiller de toutes parts et où les gouvernants européens s’inquiètent. Le temps où je travaillais sur des cartes d’État-major avec le thème des colonnes de chars russes déferlant sur la Pologne est dépassé, et le thème n’est plus crédible. Serait-ce alors que l’on prépare une guerre globale ? Il serait temps de nous le dire car nous serons en première ligne et totalement destructibles ! Mais l’arrivée de l’OTAN arrime la France aux USA, elle conforte l’exclusion voulue de l’Europe de l’influence russe, elle arrange beaucoup de gouvernements européens pour qui sa présence militaire peut être utile devant la rébellion des peuples. Il faut que les européens digèrent l’immigration de peuplement sans détruire l’économie, ou plutôt le marché de consommateurs pour les USA, par des mouvements sociaux ou révolutionnaires. Certains pays européens lèvent le drapeau de la non-vassalité, la France les abandonnent… comme elle le fit pour la Pologne autrefois. Mais les français ont-ils encore le choix de leur destin ? 

Le pavillon de la France peut être mis en berne.

La coupe européenne de football remplace 

Cette humiliation par un jeu du cirque

Pour que le marché aux esclaves 

Ne trouble pas ses nuits ! 

Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon