samedi 16 avril 2016

Macron démasqué, Hollande empaillé dans une France qui bout debout !



Hollande, empaillé dans un discours d’ancien régime et de fin de règne, s’est exprimé hier 15 avril devant un quarteron de représentants de la masse laborieuse triés sur le volet. Le choix peut être contestable mais peu importe cette rencontre a manqué son but, celui de redynamiser le peuple derrière son gouvernement. L’audimat, à lui seul, a rendu le verdict avec près des deux tiers perdus depuis la précédente intervention. Se réjouir d’avoir fait plus que Sarkozy, désormais candidat fragilisé, montre à quel point le rejet de l’opinion est flagrant. La perte d’autorité se manifeste dans le ton des interventions où le respect pour la fonction présidentielle n’existe plus. Le Président est redevenu « normal » selon son souhait, donc sans distinction particulière. Il n’est plus reconnu comme le chef qui aime guider son peuple dans la tempête. Il restera de lui l’image de l’homme coureur de jupons sortant casqué et incognito sur son scooter pour rejoindre sa belle, image qui a fait le tour du monde, celle d’un homme « normal » qui n’a plus conscience qu’il est Président et que son image privée est regardée comme celle de la France. Il lui a fallu d’ailleurs réaffirmer qu’il est le chef en taclant Macron pour ses propos à Londres, en affirmant que celui-ci doit comprendre qu’il doit être « sous son autorité ». Le chef ne dit jamais qu’il est le chef où alors c’est que son autorité est contestée. 

Le désenchantement est tel que 80% des français pensent que François Hollande est nul et qu’il est fini. François Hollande n'en demeure pas moins un redoutable tacticien loin d'être maladroit lorsqu'il s'agit d'arriver à ses fins. Tant qu’il n’aura pas publiquement annoncé son retrait, l’homme jouera de toutes les manœuvres et roueries qu’il a apprises aux côtés d’un autre François, Mitterrand, son maître. Il étouffera ceux qui rêvent de sa fonction, en particulier les deux jeunes Valls et Macron, en les dressant l’un contre l’autre. Pourtant Hollande ne pourra lutter contre le Système, la grande Cabale des puissants. C’est Emmanuel Macron qui est reçu par les banquiers à la City, comme le candidat Hollande après l’éviction de Strauss-Kahn. C’est Emmanuel Macron qui a été la vedette de Davos, pas la politique de Hollande. Il ne lui sert plus à rien d’être le tandem de la locomotive allemande, ni le féal empressé auprès d’Obama. Pour lui, les dés sont jetés. Il fait perdre son temps aux français dans des interventions d’autosatisfaction qui ne satisfont pas les français. 


Le discours « La France va mieux » ignore la réalité de la dette et du chômage, de la croissance plus faible et du nombre de jeunes chômeurs beaucoup plus élevé que la moyenne européenne (erreur impardonnable de son discours), et la radicalisation de la population des jeunes musulmans issus de l’immigration. Il passe sous silence la réalité d’une situation particulièrement préoccupante dans la sécurité intérieure et dans l’économie mondiale. Toutes les grandes formations qui ont en charge d’intervenir dans l’économie mondiale tirent la sonnette d’alarme comme le FMI. La Fed multiplie les réunions d’urgence. La France entre comme les autres pays dans une zone de risque qui laisse présager des jours sombres. L’équipe d’enfumeurs Hollande-Sapin-Cazeneuve continue à masquer la réalité qui éclatera encore plus durement à la tête des citoyens alors que des signes annoncent que le voile de fumée se déchire de plus en plus dans la violence et les gaz lacrymogènes des manifestations de masse un peu partout en France. On sait que lorsque la France bout (du verbe bouillir), la violence y trouve toujours son compte. 

Bientôt le pouvoir sera acculé à sévir, réprimer, blesser, interdire car le rejet prend de l’ampleur et dépasse la loi El-Khomri. C’est un rejet global qui va d’ailleurs atteindre l’ensemble de ceux qui ont occupé des fonctions ministérielles importantes. Nul ne peut prévoir ce qui va se passer alors que le pouvoir est faible et que l’UE elle-même est remise en cause et pas seulement l’euro. Le Brexit devient de plus en plus possible. Les pays de l’Est ruent dans les brancards. Les Pays-Bas refusent l’annexion de l’Ukraine. La Grèce regarde vers la Russie. L’OTAN envahit l’Europe et pousse son TAFTA pour nous enclaver un peu plus. Dans ce contexte inquiétant et qui demande d’en informer le peuple et de tracer la route que la France doit suivre et non seulement celle de son Président, celui-ci nous enfume et se momifie. Le socio-libéralisme à la Hollande est devenu la politique du « cul entre deux chaises » et désenchantent les socialistes et les libéraux.

Nous retrouvons l’homme de la "fraise des bois" de Laurent Fabius, du célèbre "capitaine de pédalo" de Jean-Luc Mélenchon en passant par le "Flanby" d'Arnaud Montebourg. « Hollande président ? Vous n’y pensez pas ! » disait Fabius, plus lucide là qu’en politique étrangère. En effet la France mène une politique de boutiquier, peu à cheval sur les principes, indigne d’un pays majeur. Les « Mistral » refusés à la Russie alors que le contrat était signé, les Rafale vendus à l’Arabie Saoudite quand celle-ci ignore les Droits de l’Homme, dont nous nous targuons d’être les premiers défenseurs, nous font rougir de honte. Nos rodomontades au Mali, en Irak et en Syrie, avec les résultats que l’on sait ne montrent pas au monde la grandeur de notre pays. Nous menons une double politique illisible pour les citoyens qui ne voient que les cérémonies à nos soldats tués au combat, comme les trois derniers cette semaine. 

Le candidat Hollande avait fait de la jeunesse sa première priorité mais par la suite il n’a cessé d’en changer comme la sécurité et le chômage. La jeunesse française fait partie de celle ayant le chômage le plus élevé en Europe. La priorité pour la jeunesse a été réaffirmée par la sémillante franco-marocaine Najat Vallaud-Belkacem, experte dans les traces de Vincent Peillon en nouvelles orientations de l’enseignement de l’histoire, du genre, de la citoyenneté, des notes, des horaires, des langues mortes donc inutiles, etc. Nous n’avons cessé de reculer dans le classement mondial dont il est facile de dire qu’il ne nous convient pas. Grand défenseur de l’égalité des chances, en bon socialiste qu’il devrait être, on aurait pu au moins penser que les inégalités scolaires étaient en diminution. Patatras le verdit vient de tomber : les élèves défavorisés accusent un retard scolaire « très préoccupant » et les inégalités se renforcent en France qui est classée par l’Unicef 35ème sur 37 pays de l’OCDE en termes d’écarts de performance en lecture, maths et sciences en fonction du milieu social. « Le fossé entre les performances des élèves en fonction de leur milieu social est très important » en France. Fiasco total pour le budget le plus important de l’Etat dont l’action est sous la responsabilité directe du gouvernement. 

Le pédalo France n’était pas prêt pour les tempêtes 

Son capitaine l’a fait s’échouer par temps calme.

Les nuages deviennent si lourds et menaçants 

Qu’il doit au plus vite quitter le navire

Les marins ne le supportent plus !


Claude Trouvé

Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon