lundi 11 avril 2016

L’imposture des Energies Renouvelables



En cette période où l’on discute de compétitivité, que la loi El-Khomri est sensée aider, à en croire le sourire du Medef, au prix de conditions de travail plus difficiles et globalement moins payées, on aimerait que l’État mène une politique de rigueur budgétaire en limitant les subventions à ce qui est strictement nécessaire ou prometteur. Nous assistons pourtant à une gabegie inutile et coûteuse dans le domaine des EnR. On n’implante pas des éoliennes là où il y a du vent mais où il y a des subventions que l’on prend dans notre poche grâce à la ligne CSPE (Contribution du Service Public d’électricité) de notre facture d'électricité qui nous ponctionne plus de 5 milliards d’euros. Il en est de même pour l’énergie photovoltaïque, qui n’est pas à la recherche de soleil mais aussi de subventions.

Première question à se poser : a-t-on besoin d’une puissance électrique installée plus importante ? La réponse est non car nous sommes exportateurs d’électricité en moyenne annuelle export. En 2015 le solde export-import était de +61,7 TWh, et l’export de 91,3 TWh ce qui correspond à une puissance de 10422Mw soit 8% de la puissance électrique installée française et 11,3% des 546TWh d’électricité produite. Notons que les réseaux de lignes Haute-Tension qui permettent ces échanges ne permettent pas d’exporter plus. Exportant 11,3% de notre production électrique, nous avons donc plus de courant qu’il nous en faut. Je me souviens de l’époque où les écologistes militaient pour l’arrêt des centrales nucléaires en dénonçant le fait que nous étions exportateurs de 5% ! Les EnR nous sont donc vendues pour deux raisons, l’énergie propre et la fermeture des centrales nucléaires. On n’a pas, depuis 10 ans, vu la fermeture d’une seule centrale nucléaire et Mme Royal vient même de prolonger leur durée de vie de 10 ans soit jusqu’à 50 ans. Il nous reste de la marge puisqu’aux États-Unis, c’est 60 ans et nos centrales sont sur le modèle américain. 

Les éoliennes se répandent néanmoins dans nos paysages sans que notre consommation électrique ait augmenté. En 2006 nous consommions 478,4 TWh et 475,4 TWh en 2015. Pourtant on continue à dépenser des milliards en subventions pour les EnR dans un programme ambitieux avec 6000 éoliennes fin 2015 et une puissance installée de 10312MW soit 8% des 129310 MW de la puissance totale installée. Pourtant avec 21,1TWh produits, l’éolien ne représente lui que 3,9% de l’électricité totale produite, ce qui veut dire que l’éolien n’utilise sa puissance installée que la moitié du temps ou ne fonctionne qu’à la moitié de celle-ci. Pour le solaire c’est pire. Pour 4,8% de puissance installée, le solaire produit 1,4% de la consommation totale. Il ne fonctionne qu’à 28% de la puissance installée. Les chiffres des puissances installées qui font les articles de presse ou les discours sont à diviser par 2 pour l’éolien et par plus de 3 pour le solaire. C’est bien d’ailleurs pour cela que l’EDF  rachète le courant produit par les éoliennes à deux fois le prix. Alors que nous n’avons nul besoin des éoliennes pour le réchauffement climatique, le nucléaire ne produisant pas de CO2, nous sommes partis pour un programme de 25000 éoliennes au moins.

Le résultat sera celui de l’Allemagne où l’arrêt des centrales nucléaires et le développement des EnR de remplacement a coûté 24 milliards de plus en 2014 pour la production électrique et le prix du kWh était deux fois plus élevé qu’en France. De plus la mise en route de nouvelles centrales à lignite, polluantes en CO2 et en soufre, a augmenté le taux de CO2 et l’Allemagne devient le pays tueur du climat pour les tenants du réchauffement. Chez nous la CSPE de 12 à 15% est en voie d’atteindre les 30% pour les subventions aux EnR et nous prenons le chemin de l’Allemagne car en même temps que l’éolien et le solaire produisaient respectivement 23,3% et 25,1% de plus, la production thermique à base de charbon, de gaz et de fuel, augmentait de 31,9% par rapport à 2014. C’est le lot des EnR, elles ne sont pas « renouvelables », ce qui introduit une idée de continuité, elles sont intermittentes. On ne peut les développer sans utiliser l’énergie thermique de compensation pour réguler le réseau électrique. C’est d’ailleurs là un point de sémantique, utilisé par l’écologisme, pour tromper le citoyen. Dans le même ordre d’idée, les fermes d’éoliennes n’ont rien d’agricole, ce sont des usines de production d’électricité et elle déparent le paysage, ce qui n’est pas très écologique. 

Les éoliennes sont des moyens de production d’électricité de mauvaise qualité, intermittente et imprévisible. Elles ne peuvent se développer que grâce à des subventions et des taxes imposées au consommateur. Le courant est 2 à 3 fois plus cher que le coût moyen du mixte de la production où les deux énergies les moins chères, l’hydraulique et le nucléaire, représentent 87% de l’énergie électrique produite. Pour éviter le « black-out », coupure totale d’électricité comme à New-York et en Californie, l’implantation des éoliennes et du solaire nécessite une compensation équivalente en puissance disponible. Une éolienne de 2MW, au pylône de 100m et 150m avec les pales, demande de disposer d'une compensation thermique de 2Mw. Une ferme de 200 éoliennes nécessite une centrale thermique de 200MW à disposition, le doigt sur la couture du pantalon diraient les militaires, comme je l’ai vu en Allemagne. La réponse d’une centrale nucléaire est de plusieurs heures et ne peut répondre aux besoins instantanés. En 2015 la France a commencé à voir recroître le taux de CO2 avec l’augmentation engendrée du thermique et cela ne va que s’amplifier. Le message écologiste est mensonger et la réalité se retourne contre le but fixé. Plus l’on développe les éoliennes, plus le taux de CO2 produit augmente. Le couple éolienne-thermique n’est pas écologique. Mais il y a bien d’autres raisons de crier à l’imposture et au scandale et nous en reparlerons dans le prochain article. 

Les EnR sont l’arnaque du siècle, une tromperie. 

Mais les imposteurs ne sont pas les payeurs

C’est notre porte-monnaie à tous. 

Claude Trouvé
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon