lundi 1 décembre 2014

Mon cher et vieux pays, où vas-tu ? (1ère partie)

Les belligérants de la droite libérale se mettent dans la lumière encore tamisée de la précampagne pour les présidentielles alors que la droite-droite fait le plein de la désespérance engendrée par le gouvernement actuel et le précédent. Les feux commencent à s’allumer à gauche où chacun va commencer à prendre ses marques tout en disant comme toujours que le temps n’est pas venu à plus de deux ans des présidentielles. Les discours des candidats et les communications du gouvernement servent toujours la même soupe insipide, trop légère pour nourrir le peuple et au goût toujours aussi amer.

L’austérité appliquée à tous les citoyens se prépare à prendre la place à la rigueur budgétaire effleurée par l’État. La Réforme territoriale est en passe de désorganiser le pays sans toucher à l’empilement des mesures législatives, décrets, innombrables qui paralysent la vie publique ainsi que par la multiplication des organismes divers gouvernementaux et para gouvernementaux qui s’abattent sur les dossiers émis par les communes. Ces dernières sont transformées en quêteurs de subventions munies de patience pour pouvoir annoncer que tel ou tel investissement n’a rien coûté ou presque à la commune. Comme si les subventions n’étaient pas prises sur les recettes fiscales que nous payons. 

Alors je regarde la France avec les souvenirs de l’âge et elle m’apparaît retourner à ses périodes sombres, celle de la deuxième guerre mondiale en particulier. L’avant-guerre a préparé la guerre en affaiblissant notre armée pendant que le pays, secoué par le Front populaire, avait le plus grand mal à faire front à l’hégémonie économique britannique et pensait trouver un allié de l’autre côté du Rhin. Le Front populaire, tout-à-coup apeuré, a voté les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain… ne l’oublions pas. La ligne Maginot est devenue une ligne imaginaire faisant face au vide et les chars allemands l’ont contournée. Ils ont atteint rapidement  l’Atlantique et coupé le pays en deux avec un sud sans armée. La France amputée a du finalement livrer Pétain à Hitler (le hasard a voulu que je sois physiquement présent lors de son arrestation à Vichy, la main dans celle de ma mère). La France était alors rentrée toute entière dans les heures sombres de la vraie capitulation, celles de l’arrestation des juifs, de la milice, de la Gestapo, des dénonciations, des suspicions, des tortures immondes et du marché noir. L’espoir restait avec radio Londres et la résistance de l’ombre. 

Avec la victoire de 1945, nous avons cru avoir gagné la guerre et l’esprit patriotique a soufflé sur notre pays nous redonnant l’enthousiasme de la reconstruction et… du plan Marshall. Les trois quarts de l’effort de guerre avait pourtant été supporté par l’URSS et les 3/4 du reste par les armées alliées. L’important était cependant la confiance retrouvée en l’avenir dans un pays libéré mais déjà sous l’emprise américaine. Le patriotisme portait le peuple. Une fois revenus les vieilles querelles idéologiques et ses affrontements oratoires, dont la France est friande, celle-ci sombra dans les affres d’une quatrième république aux gouvernements éphémères, donc impuissants, et s’avéra ingouvernable. 

Si je fais ce rapide retour en arrière, c’est pour parler du présent. 1958 est une date où la France est passée de l’ombre à la lumière grâce à un homme providentiel, qui attendait son heure, le général De Gaulle. Très jeune diplômé, j’entrais à 21 ans dans la carrière professionnelle, mon esprit était rempli des jérémiades désabusées des français de toutes conditions. Une seule phrase allait de bouche en bouche « Nous sommes foutus ! ». Les plus avisés disaient que nous allions tomber aux mains des américains, les plus craintifs que nous serions bientôt russes à cause de l’insurrection de Budapest matée par l’armée soviétique en 1956. Après la répression de la révolution tchécoslovaque de 1968, nous avons basculé dans la crainte d’une hégémonie envahissante de l’URSS quand les chars russes eurent soumis les états européens de l’est. 

Il est remarquable que, devant un tel danger, la France et son chef aient choisi de fermer les bases américaines en France et décidé de construire une force nucléaire dissuasive et indépendante au nez et à la barbe des USA. C’est toujours cette option nationale courageuse qui maintient notre place au Conseil de Sécurité de l’ONU, pas autre chose, pas notre puissance militaire conventionnelle, ni notre économie en déclin.

Si la première leçon est que la France a une capacité de rebond, elle l’a montré tout au long de son histoire, c’est parce qu’elle a compris que sa chance tient à sa géographie, à son climat et à sa relative quiétude par rapport aux cataclysmes. Ceci en fait un pays de douceur angevine aux frontières presque toutes naturelles. La République Une et Indivisible avait alors tout son sens paraphant ainsi le patriotisme d’un pays béni. La France l’avait compris, mais que sommes-nous en train de faire en ouvrant ses frontières à tous vents, surtout du sud, important un cheval de Troie qui déverse une nouvelle civilisation ? Il y a bien d’autres leçons à tirer de l'histoire encore récente mais ce sera l’objet d’un prochain article. 

Il n’est pas de grande nation qui ne croit plus en sa force 

A son histoire, à ses frontières et qui les remet 

Entre des mains étrangères ! 

Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon