jeudi 11 décembre 2014

France pire que la Grèce ? Allemagne en danger ?

L’horizon pour la France pourrait bien être plus sombre que ce que les gouvernants nous laissent entendre. Oui bien sûr on nous dit qu’il faut se mobiliser, que le gouvernement est à l’œuvre avec le Pacte de Responsabilité et la future loi Macron. J’avais écrit que la dette de la France était comme une épée de Damoclès au-dessus de nos têtes. En effet la France accumule de la dette et emprunte pour payer seulement les intérêts dans un cercle vicieux où la somme des intérêts devrait augmenter d’année en année. Si ce n’est pas le cas en ce moment c’est que les taux d’emprunt n’ont cessé de baisser et ont largement compensé l’augmentation. Tout ceci est dû en la confiance que les investisseurs ont dans les obligations de l’Etat français. Elle apparaît encore comme un endroit sûr pour y placer son argent.

Le couple franco-allemand est encore considéré comme indissociable et moteur dans l’économie européenne. La solidité de l’économie allemande entraîne donc la France dans une spirale de moindre risque pour les investisseurs. Par ailleurs l’épargne française, en cas de malheur, peut largement rembourser la dette. Malheureusement si tel est le cas cela veut dire que la France est en faillite et que nous donnons notre argent pour rendre à la France sa crédibilité vis-à-vis des investisseurs qu’il nous faudra solliciter si nous accumulons toujours des déficits budgétaires. Notre situation favorable ne tient pourtant qu’à un seul mot « confiance » qui est le déclencheur qui nous permet de vendre nos obligations d’État. 

Dans le cas où cette confiance faiblit ou disparaît le pays se retrouve dans une situation intenable car les taux d’intérêt augmentent inexorablement et avec la hauteur de notre dette la faillite n’est plus impossible. C’est la situation dont l’UE, la BCE et le FMI, donc la troïka, se sont préoccupés pour la Grèce. Or des bruits inquiétants commencent à circuler dans le milieu des investisseurs et pas des moindres. C’est ainsi que David Einhorm, l’un des gourous de Wall Street et PDG du fonds activiste GreenLight Capital, a dressé un tableau dramatique de la France lors d’une conférence d’investisseurs à New York. Sa clairvoyance compétente lui a valu d’être l’un des premiers à prévoir la faillite de Lehman Brothers dès 2007, faillite qui a déclenché la crise de 2008. 

Que dit-il ? « Les marchés obligataires considèrent la France comme l’Allemagne, alors qu’elle ressemble bien davantage à la Grèce […] La Grèce a bu la potion amère, et a restructuré ses obligations et son économie. Elle a cessé de vivre au-dessus de ses moyens. La France, elle, semble trop fière pour se réformer ». Il démontre que la charge de la dette payée par la Grèce est désormais inférieure à celle de la France en pourcentage de leur croissance respective alors que la dette à 10 ans est rémunérée à 1,3% en France et à 9% en Grèce ! Il avertit même que le risque souverain français est largement sous-estimé et engage les investisseurs à se débarrasser des obligations françaises ! Ce n’est qu’un avis certes, mais un avis autorisé et qui peut faire mouche. Si c’est le cas, les taux d’emprunt de la France vont monter et le péril est grand, voire insoutenable sans prendre l’argent dans notre poche ou passer sous les fourches caudines de la troïka avec un plan d’austérité à la grecque. 

La croissance faiblit en Allemagne avec le ralentissement général dans l’UE mis à part quelques pays dont le Royaume-Uni. Ceci est normal vu la baisse des importations des grands pays européens. Mais son potentiel industriel est intact et ses exportations hors de l’UE ne souffrent pas de ralentissement aussi net. Toutefois son économie peut être gravement menacée par le choix de son plan énergétique. Le doute du bon choix des énergies vertes s’installe dans ce pays. J’avais cité le verdict sans appel du ministre de l’économie et de l’énergie allemand sur l’idiotie économique et écologique de ce type d’énergie à un tel niveau de pourcentage dans la production électrique du pays. Or pour la première fois Angela Merkel évoque publiquement un possible échec de l’ « Energiewende », l’énergie éolienne. 

Ceci n’est pas étranger aux difficultés financières du principal énergéticien allemand, l’E.ON qui est présent dans la production d’électricité à partir d’énergies fossiles et renouvelables. Mais le développement de l’énergie verte est supporté exclusivement par le tarif électrique des particuliers avec un prix deux fois plus élevé qu’en France. Si E.ON veut retrouver l’équilibre financier il n’y a que deux solutions, augmenter le prix de l’électricité pour les particuliers et les entreprises ou vendre une partie du Capital à l’État donc aux contribuables. Si l’on ajoute le risque de déséquilibre de tout le réseau électrique européen par suite de la production erratique de l’éolien, on voit que l’Allemagne joue gros désormais avec une économie allemande entrant dans de grandes turbulences. 

La France et l’Allemagne ont toutes deux du vent dans leurs voiles 

L’Allemagne par sa politique énergétique à tous vents 

La France par un budget qui se vante ! 

Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon