samedi 6 décembre 2014

L’Allemagne dernier rempart contre l’Ordre Mondial ?



Alors que les partis traditionnels, qui ont gouverné la France depuis quarante ans, se préparent pour les prochaines élections, le pays sent qu’un nouveau clivage va entrer dans l’opinion française. Le constat d’une convergence de vues, entre les politiques socialistes, centristes et libéraux de droite, devient de plus en plus évident. L’Europe à tout prix, l’appétit pour la dépense publique, l’aide directe aux entreprises privées, le recours à l’impôt, l’évolution des lois sociétales, l’écologisme etc. sont tous dans l’orientation politique de ces partis à des variations et des priorités près. 

En dehors des problèmes très importants liés au dogme du multiculturalisme, de la diversité et de l’immigration, qui sont loin de diviser cette gauche et cette droite du centre, les différents aspects de la politique économique les divisent moins que celles entre la France et l’Allemagne. Cette dernière, attachée pour des raisons historiques à une monnaie forte et à une rigueur budgétaire fait de plus en plus cavalier seul au milieu des enragés, en particulier du sud, qui demandent à l’UE toujours moins de diminution du déficit budgétaire et plus d’aide aux investissements sous prétexte de relance économique. Or si l’Allemagne avait un poids très fort sur les décisions de l’UE et sur la Banque Centrale Européenne, son léger fléchissement de croissance semble avoir redonné des ailes à ses partenaires européens et à la BCE. Sa politique est basée sur un double refus :
  1. du keynésianisme
  2. de l’inflationnisme monétaire de la Banque Centrale 

     Cette politique devient une exception et son freinage de la politique anglo-saxonne commence à gêner les grands investisseurs et financiers qui influent la politique du monde occidental. Ceci vient de transparaître dans les dernières orientations de la BCE où le gouverneur, Mario Draghi, a montré le bout de l’oreille jeudi quand il a employé le mot « divergence » pour dire que c’était ce qu’il craignait au sein de l’Europe. Il a donc annoncé les trois mesures suivantes :
  1. pause dans le processus de rééquilibrage budgétaire.
  2. nouvelles mesures non-conventionnelles monétaires.
  3. plan keynésien de 315 milliards.

L’Allemagne ne peut considérer ces mesures que comme un désaveu de sa politique économique. C’est ni plus ni moins que la politique de la Fed américaine et du Fonds Monétaire International. La France, enfin le Président et ses acolytes, ne peut que sauter de joie. François Hollande fait chorus en demandant plus de 315 Mds€ et est en passe de faire accepter le recul du déficit budgétaire en 2017. Les mesures non-conventionnelles cachent en réalité le fait que la BCE ne peut prêter directement aux États qui doivent s’adresser aux banques. Elle s’apprête donc à racheter des obligations d’État sur le marché secondaire où les banques mettent en vente des obligations d’État. Il s’agit d’un détournement du principe des statuts de la BCE, organisme indépendant une fois ses dirigeants nommés. 

En résumé, le Nouvel Ordre Mondial, qui veut étendre sa main mise sur la gestion des États, tente de mettre l’Allemagne hors jeu pour incompatibilité de politique économique. Les vannes de la création monétaire sont ouvertes et les dettes peuvent s’accumuler comme le souhaite les grandes puissances financières et industrielles.  L’enjeu, c’est ni plus ni moins que l’Ordre du Monde Occidental d’abord, et mondial ensuite. Il n’y a pas de place dans le camp occidental pour deux hégémonies. On comprend mieux l’offensive en cours du camp internationaliste contre la Russie. On comprend mieux aussi la logique des Nationaux, partout en Europe, qui, spontanément, soutiennent Poutine. 

Par les USA, le FMI et la BCE, il s’agit de maîtriser la monnaie, créée sans limite, et d’en faire l’instrument de leur pouvoir sur les États occidentaux. C’est une monnaie instrumentalisée, sans référence. La référence à l’or est une empêcheuse de tourner en rond. La monnaie fondante est la manne aux mains des Maîtres. Chaque État viendra mendier dans leurs mains. Il s’agit donc d’un enjeu primordial de société. C’est ce que les conservateurs, les anarchistes, les réformistes, les souverainistes, etc. des partis hors du système central élargi, qui nous aveugle, doivent comprendre avant qu’il ne soit trop tard. Il ne faut rien attendre des autres car cette manne d’argent, qu’ils peuvent déverser, leur sert à maintenir leur popularité. Si l’Allemagne cède, c’est plus qu’une perte de souveraineté au profit de l’Europe qui nous attend mais c’est les mains broyées dans le Nouvel Ordre Mondial, celui d’un monde de l’argent et du profit où les peuples ne sont que des esclaves dont la vie ne tient qu’à leur utilité à produire de la richesse. 

Il s’agit bien désormais d’un clivage nécessaire de la population 

D’un côté ceux qui profitent sans se poser de questions 

De l’autre ceux qui ne veulent pas brader leur liberté 

Et ont relu la fable du Loup et du Chien 

De notre bon La Fontaine ! 

Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon