lundi 15 décembre 2014

Austérité, Pauvreté, Inégalité, le trio infernal



Nous assistons à un retour apocalyptique du changement climatique orchestré par l’ONU et le Giec à Lima en préparation de la conférence de Paris. Le gouvernement français compte sans doute effacer ainsi une politique de gribouille qui se nomme austérité pour les citoyens et rigueur molle pour l’État. L’État ne tient aucun compte des coups de semonce de Bruxelles et des agences de notation, lesquels jugent sévèrement les résultats de 2014 et le projet de budget 2015. De nouvelles mesures sociales sont annoncées pour 2015, la fiscalité de l’État est reportée sur les collectivités territoriales dont les subventions ont été rognées.

Les « économies » de l’État ne sont que le report de la fiscalité sur le citoyen par le biais local en évitant l’impôt sur le revenu et la TVA qui ont le gros défaut d’être très visibles et compréhensibles par tout un chacun. C’est donc bien une politique d’austérité qui est mise en place. Une austérité douce pour l’instant par rapport au Portugal et à la Grèce envahit la France alors que le gouvernement refuse de restructurer ses dépenses de fonctionnement. La baisse des taux d’emprunt et la baisse du pétrole ne l’y incite pas en plus. Le PIB/habitant stagne et va se détériorer car avec une croissance faible voire proche de zéro, l’augmentation de la population exerce un effet mécanique à la baisse de cet indicateur.

L’INSEE constate une augmentation de la pauvreté, confirmée par ailleurs par tous les centres d’aide. De plus l’écart entre les revenus des riches et des pauvres s’accentue. Il faut y voir là une répercussion du chômage qui touche bien plus de 5 millions de personnes car de nombreuses catégories de faibles revenus ne sont pas prises en compte comme les personnes qui renoncent à s’inscrire à Pôle Emploi. Certains départements comme l’Hérault sombrent dans le chômage de masse avec 20% de chômeurs.

Alors il nous faut constater que la France s’enfonce et l’année 2015 va exacerber les protestations des plus démunis et des catégories professionnelles en difficulté. Le gouvernement confond rigueur budgétaire et austérité en ne diminuant pas la pression fiscale et en ne taillant pas dans ses dépenses de fonctionnement à tous les niveaux de l’administration. Dépossédé de l’instrument de la monnaie et à la tête d’une structure industrielle en repli, le secteur tertiaire ne peut ni absorber suffisamment les emplois ni pallier à la diminution des exportations. Si l’on ajoute une politique sociale d’un coût très au-dessus de la moyenne européenne, il ne reste plus que la solution du déficit budgétaire et donc de l’augmentation de la dette.

C’est ce que défend François Hollande à Bruxelles en demandant à l’UE une aide plus conséquente que les 300 milliards prévus pour la croissance. On voit bien qu’il ne s’agit que d’une fuite en avant. En réalité c’est le refus d’une véritable rigueur budgétaire et un recours à la fiscalité qui guident la politique gouvernementale. Les propos de Manuel Vals où le mot égalité revient plusieurs fois montre que la perspective d’une année 2015 difficile incite la gauche à ressortir le slogan « égalité » qui va justifier des mesures sociales destinées à calmer les plus démunis en prenant le risque d’aggraver le déficit. Il est acquis pour lui que la dette n’est pas un problème, comme si il n’était plus question de la rembourser, et que les intérêts sont devenus si faibles que l’on peut dépenser à loisir.

La pression de Bruxelles peut inciter à trouver de nouvelles ressources via la CSG par exemple et les retraités, ainsi que les cotisations complémentaires, restent dans le collimateur après la ponction sur la famille. Mais il y a peu d’espoir de voir les inégalités disparaître et reculer la pauvreté tant les prévisions de croissance vont encore se révéler optimistes. Le risque d’un décrochage des investisseurs sur les obligations françaises commence à apparaître et peut s’avérer brutal sur l’économie française. N’oublions que la France est le principal emprunteur européen car il faut chaque année emprunter non seulement pour rembourser les intérêts mais aussi pour pouvoir payer les emprunts arrivés à terme.

On ne peut longtemps compenser le manque de recettes par la fiscalité et les mesures sociales. L’échéance fatale se rapproche et ce sont les autres États qui en décideront quand les investisseurs auront mis la France sous l’augmentation des taux d’emprunt. Si l’on admet de creuser le déficit c’est pour baisser la fiscalité et pour lancer des investissements publics productifs pour l’économie, tout en baissant les dépenses de fonctionnement. On peut y ajouter une politique de l’immigration contrôlée limitée aux apports nécessaires provisoirement à l’économie au sens large… et, quoiqu’en dise la pensée unique, la création d’une monnaie commune et non unique. 

Austérité, pauvreté, inégalité, trio infernal

Que l’on ne traite pas par l’égalité,

Mais par la rigueur budgétaire,

La baisse de la fiscalité,

Les investissements,

… (La monnaie) ! 

Claude Trouvé
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon