mercredi 24 décembre 2014

A nos tables de fête, le chômage s’invite !



A l’occasion de cette veille de Noël, j’aurais aimé vous faire partager une bonne nouvelle, une vraie, pas celle d’un Ministre de l’Industrie qui se pare indûment d’un succès quand c’est un fond de pension américain qui entre en action pour sauver l’entreprise ARC International pour laquelle la Région va aider les 400 licenciés prévus. Quelle victoire pour le Ministre !

Malheureusement le tableau est noir, l’arbre cache la forêt de la mauvaise nouvelle du chômage, celle du mensonge de François Hollande qui avait prévu l’inversion de la courbe du chômage en omettant de préciser que le changement de pente de la courbe du chômage était dirigé vers son augmentation. Avec +0,8% d’augmentation en un mois, soit 27.400 inscriptions de plus à Pôle emploi, 5,8% en un an soit 170.000 en plus, et 3,488 millions de demandeurs d'emploi sans activité, le gouvernement signe un double record. Outremer compris, 3,75 millions de chômeurs de catégorie A (sans aucune activité) étaient sur les listes de Pôle Emploi. En comptant les demandeurs d'emploi ayant exercé une petite activité, le total atteint 5,176 millions en métropole et 5,478 millions avec l'outre-mer (+0,4%). Aucune classe d'âge n'est épargnée: +0,5% chez les jeunes, et +1% chez les seniors. Sur un an, l'explosion se poursuit chez les plus de 50 ans (+11,1%) et la hausse atteint 1,5% chez les moins de 25 ans. 

Depuis août le chômage s’accélère malgré toutes les mesures prises envers les jeunes, les emplois aidés, les contrats de génération et l’effort sur la formation. Pire ce mauvais chiffre arrive au moment où la conjoncture est favorable avec un euro faible, des taux d’intérêt bas et une inflation faible. On nous ressert la même soupe et on parie sur l’avenir en croisant les doigts pour que l’embellie américaine répande sur nous une croissance de 1,5% poussant vers l’équilibre du chômage. Le ministre du Travail François Rebsamen relève dans un communiqué que "la hausse est plus limitée pour les jeunes, soulignant à nouveau l’effet positif des emplois d’avenir", mais a reconnu en revanche qu'"elle est plus forte pour les seniors". Heureusement encore que des emplois aidés ralentissent le chômage, mais le constat de l’échec du contrat de génération n’est qu’implicite. 

Rassurez-vous, le gouvernement est à l’œuvre comme vous pouvez en constater les résultats. "L'amélioration de la conjoncture en 2015 s'accompagnera de la poursuite d'une politique de lutte contre le chômage offensive", assure le ministre : nouvelle convention Etat-Unedic-Pôle emploi qui doit permettre d'améliorer l'accompagnement des chômeurs, notamment ceux de longue durée (2,2 millions), mesures début 2015 pour favoriser le maintien ou l'insertion dans l'emploi avec 445.000 contrats aidés et mise en œuvre du compte personnel de formation. Pour faire bonne mesure on rajoute un couplet sur "la dynamique du Pacte de Responsabilité et de Solidarité". 

Sauf que le Pacte de Responsabilité n’est toujours pas complètement mis en œuvre et que son impact sur le chômage sera faible voire négatif car les entreprises doivent d’abord augmenter leurs marges et investir avant d’embaucher même en cas de reprise de la croissance. Par ailleurs les aides diverses créent peu d’emplois en CDI et la formation est particulièrement coûteuse pour les résultats obtenus actuellement en dehors du fait qu’elle fait sortir les demandeurs d’emploi de la catégorie A, la plus médiatisée. 

L'Insee évalue à 0,3% (contre 0,4% précédemment) l'acquis de croissance pour 2014 à fin septembre, c'est-à-dire la croissance sur l'année si l'activité devait stagner au quatrième trimestre. Compte tenu de l’évolution de la consommation on ne peut guère espérer mieux que 0,3 à 0,4% pour l’année. Si l’euro et le prix du pétrole restent bas, on peut néanmoins espérer que l’année 2015 pourra en bénéficier mais la reprise sera lente car l’on part de bien bas. Ajoutons à cela qu’en 2014, l’économie européenne est apparue à la traîne de l’économie mondiale. Et la France figure désormais comme l’homme malade de l’Europe, trop endettée et difficilement réformable. Paradoxe, elle n’aura pourtant jamais emprunté à des taux aussi bas. 

La dépense d’énergie du gouvernement 

Dans le sauvetage des entreprises 

Finit par être celle qui manque 

Pour en créer d’autres ! 

Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon