samedi 21 mars 2015

Trop c’est trop, il faut arrêter l’OTAN

Les lecteurs de ce blog ont souvent été alertés sur l’impérialisme américain qui trouve des raisons sans fin pour faire la guerre un peu partout, directement ou par relais interposés. Nous avons participé à la guerre en Lybie et en fanfare. Le résultat était connu d’avance, le chaos, dans un pays qui s’apprêtait à devenir un pays leader de l’Afrique. Des arsenaux pillés, un pays divisé avec les Frères musulmans à l‘action, des armes dispersées dans le Sahel qui se retournent contre nous dans de nombreux pays d’Afrique, c’est le résultat de la campagne de Libye votée par le Parlement.

Une accusation d’utilisation d’armes de destruction massive, puis la lutte pour la liberté des peuples opprimés dans un pays où une forme respectable de démocratie a réélu son Président, c’était la première raison évoquée pour diaboliser Bachar al-Assad. Elle n’a pas pu décrocher l’aval de l’ONU dont le rapport d’enquête exclut l’utilisation des gaz par l’armée régulière mais celui-ci a été soigneusement mis sous l’éteignoir. La lutte contre les peuples opprimés n’a pas reçu l’assentiment de la majorité de l’opinion syrienne. Les Syriens étaient opposés à une intervention états-unienne. Obama a demandé d’intervenir auprès des rebelles syriens et de soutenir leur action. La France s’est  signalée par une  volonté de suppression de Bachar al-Assad par une intervention au sol, stoppée à la dernière minute par Obama lui-même. La guerre a fait des centaines de milliers de morts et des millions de réfugiés. Tout ça pour chercher à renouer un dialogue par voie diplomatique. Si la Russie n’a pas bougé pour la Lybie, elle en a tiré la leçon et ne laisse plus faire en Syrie sans réagir. 

L’Etat islamique s’est forgé grâce aux aides américaines et de l’OTAN. Ces derniers continuent à l’armer tout en déclenchant des frappes aériennes auxquelles nous participons. Les avions américains pilonnent jusqu’en Syrie, tuant civils et militaires et détruisant un peu plus ses infrastructures. La Syrie n‘est pas seule, le Hezbollah libanais, mais surtout l’Iran sont à ses côtés. Qu’est devenu le motif de libération des opprimés ? Il est oublié et n’a d’ailleurs plus aucun intérêt. Les Etats-Unis n’ont besoin d’aucune raison pour continuer à répandre le chaos et la soumission des peuples à leurs intérêts. En juin 2014, Obama avait demandé au Congrès de consacrer un milliard et demi de dollars à une initiative de stabilisation régionale au Moyen-Orient, qui procurerait des ressources à l'opposition syrienne qui lutte contre la tyrannie d'al-Assad. Ce décret-loi est obtenu en déclarant l’état d’urgence quand les intérêts des USA sont menacés et est en réalité un blanc-seing pour faire la guerre. Cette loi faisait partie du prétendu Plan global pour la sécurité au Moyen-Orient, qui est fondamentalement une stratégie US pour assurer la stabilité politique dans des régions riches en énergies, renverser les régimes autoritaires et poursuivre la guerre contre le terrorisme.

Ced dernières années, les États-Unis ont déclaré l'état d'urgence dans plusieurs pays, dont l'Ukraine, le Sud-Soudan, la République centrafricaine, le Yémen, la Libye et la Somalie ; des pays avec lesquels Washington a ou a eu de mauvaises relations. A ceux-ci il faut désormais ajouter le Venezuela, pays déclaré comme menaçant et pour lequel un décret d’urgence est demandé. La tactique la plus utilisée désormais parce qu’ayant bien fonctionné en Libye, consiste à provoquer une guerre civile prolongée et violente pour parvenir au changement de régime. Elle a d’ailleurs été utilisée en Ukraine où la suppression de la langue russe est devenue insupportable pour la partie Est de ce pays, suppression volontairement provocatrice. Les ressentiments contre le précédent gouvernement, exprimés sur la place Maïdan à Kiev n’ont évidemment plus aucun intérêt, le but est atteint. Là encore des milliers de morts et des millions de personnes déplacées sont le résultat de la stratégie de l’Empire du chaos. 

Mais en Ukraine le but est surtout de se rapprocher des frontières le Russie, pays que l’on cherche à encercler de toutes parts. L’OTAN est déjà dans les Etats-Baltes frontaliers, en Pologne et dans de nombreux pays de l’Est. Souvenez-vous des fusées russes à Cuba en 1962 et de la réaction américaine, menaçant de déclencher une guerre mondiale, pour apprécier ce que peut-être la réaction russe constatant que les fusées de l’OTAN sont à ses frontières comme le seraient des russes à la frontière avec le Mexique. L’UE prépare les peuples européens à l’idée d’une guerre et prolonge les sanctions contre la Russie jusqu’à fin 2015. L’OTAN arme le gouvernement ukrainien en pleine trêve négociée dans la réunion de MinskII, montrant ainsi qu’ils n’étaient pas partie prenante. Des milliers de soldats US et du matériel de tous types arrivent en Europe, en Allemagne, dans les Etats-Baltes entre autres. Le président Poutine ne fait aucune déclaration qui risquerait d’envenimer les choses. Il se montre lucide et modéré mais pas inactif. Missiles balistiques déployés à Kaliningrad, au cœur de l’Europe, bombardiers stratégiques en Crimée, soldats dans l’Arctique : l’armée russe conduit des exercices militaires d’une ampleur exceptionnelle visant à montrer aux Occidentaux, notamment à l’Otan, qu’elle est prête à tous les scénarios sur fond de crise ukrainienne. Elle avertit le Danemark qu'il deviendrait une cible de la Russie s'il décidait de participer au système de défense antimissile de l'Otan. Des troupes russes sont attendues au Venezuela.

Il est temps que les français stoppent l’engrenage dans lequel notre pays s’est engagé et peut servir lui aussi de chair à canons. La force de la coalition du bloc Chine-Russie et des pays qui s’y associent dans des traités divers peut être dissuasive mais le risque existe quand on apprend que le Japon renforce son armée pour intervenir avec les USA. Nous sommes bien sur la trajectoire d’une guerre mondiale. Notons toutefois que la Communauté européenne commence à se fissurer et à prendre l’eau. Déjà, sept pays (Hongrie, Grèce, Italie, Autriche, Espagne, Chypre, et Slovaquie) prennent leur distance par rapport à la reconduction automatique des sanctions contre la Russie. Elle réagit de plus en plus mal à l’emprise dominante des États-Unis sur son propre devenir. Les peuples sont de moins en moins disposés à servir de chair à canon pour défendre les intérêts de l’Oncle Sam et seule la Russie peut arrêter l’expansion US. 

Si nos gouvernants par couardise, lâcheté ou intérêt personnel

Ne peuvent pas stopper pas la folie guerrière des Etats-Unis 

C’est aux peuples européens d’y mettre un terme

Et les français feraient bien d’y penser vite ! 

Claude Trouvé
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon