mardi 17 mars 2015

Nous sommes en état de guerre !



Manuel Valls l’a déclaré en nous faisant croire à la lutte contre le terrorisme, djihadistes à l’intérieur et Etat islamique à l’extérieur. Mais il ne s’agit plus d’une petite guerre où nos Mirages et Rafales pilonnaient civils et militaires en Libye comme nous continuons à le faire en Irak. Il ne s’agit plus de ces quelques milliers de nos soldats qui repoussaient les maliens du Nord fuyant devant eux. La victoire était facile et elle a donné à notre Président le plus beau jour de sa vie, lui le grand chef militaire. Non il s’agit d’un état de guerre qui se généralise. Une guerre froide qui prend peu à peu la tiédeur, prémisse de la guerre chaude. Joue-t-on avec le feu pour faire peur à l’adversaire comme un gros chat hérissant son poil pour effrayer le chien russe ? Mais à force de faire peur et de montrer les dents, la psychose de guerre s’installe et devient une évidence sinon une nécessité d’en découdre.

Que se passe-t-il ? Il devient évident que la lutte contre l’EI, baptisé Daech par commodité politique, n’est que la participation au chaos organisé par les USA. L’EI a été formé, armé par les USA pour prêter main-forte, soi-disant aux rebelles syriens contre Bachar al-Assad. Puis cette force s’est répandue sur l’Irak sous le couvert d’une lutte contre le pouvoir chiite prétendant mettre un califat à Bagdad. La rapide progression de cet Etat doit soudain être contenue et les USA mobilisent les occidentaux avec l’appui de l’Arabie Saoudite qui défend la primauté de Ryad sur le religieux. La coalition de dix pays n’arrive pas à mater sérieusement Daech, ce qui veut dire que la volonté d’en finir n’existe pas vu les forces aériennes engagées. Les USA et le Royaume-Uni sont pris d’ailleurs en flagrant délit de livraison d’armes à Daech par largages d’avions et par hélicoptères ! Le pouvoir chiite irakien reçoit l‘aide de l‘Iran. L’armée irakienne enregistre tout-à-coup des succès et prend Tikrit. Cela va trop vite et un raid aérien américain fait mouche sur… l’armée irakienne ! 

L’affaire de l’EI est une mascarade, une tromperie à grande échelle des USA. Son but est le maintien du chaos et l’engagement des pays occidentaux dans une guerre extérieure à leurs côtés ainsi qu’une extension du chaos à l’intérieur de nos frontières. C’est d’ailleurs bien parti avec l’introduction de la peur et de lois de plus en plus liberticides. Le chaos au Moyen-Orient ne suffit pas et il doit aussi être propagé en Afrique. L’outil c’est Boko Haram qui propage le désordre un peu partout et se lie à l’EI pour secouer de nombreux pays, Centre-Afrique, Cameroun, Tchad, Niger, etc. et surtout Nigéria, le plus riche des pays d’Afrique et zone pétrolifère. La France est très sollicitée pour y mettre son nez et s’y brûler les doigts.

Mais le but ultime à partir de ce chaos, qui permet la mainmise des USA sur des zones immenses et riches de ressources pétrolières, gazières et minières, c’est de permettre l’isolation de la Russie et la privation de la Chine en ressources de base sur l’Afrique. La guerre en Ukraine est un autre prétexte pour mobiliser contre la Russie, accusée d’avoir annexé la Crimée, qui a pourtant voté à 93% son rattachement, et d’aider les prorusses de Novorossia à l’Est. L’accord de Minsk permet de mettre un terme à la défaite de l’armée ukrainienne prise dans la nasse de Devaltsevo et de réarmer le pouvoir de Kiev, réarmement qui est en cours avec la main mise sur le gouvernement de Porochenko par des personnalités très liées aux USA et mises en place par eux. La marine américaine croise en Mer Noire et le front ukrainien au nord de celle-ci se renforce.

Tout le front européen jusqu’à la Baltique en passant par la Roumanie, la Pologne, les Etats Baltes et même l’Allemagne (800 chars) voient arriver des troupes américaines et britanniques. Il s’agit d’armement lourd. Les troupes américaines défilent en Estonie jusque devant le poste frontière de Narva avec la Russie. On se croirait en train de préparer la fameuse offensive allemande Barbarossa contre la Russie, celle qui importait plus à Hitler que le front ouest, celle pour laquelle la Russie a payé de trente millions de morts, celle que ce pays ne peut oublier. Si les Etats-Unis avaient respecté les accords sur la réunification de l’Allemagne prévoyant que les états de l’est de l’Europe sous domination de l’URSS ne pouvaient rejoindre l’OTAN, celle-ci ne serait pas aux frontières russes. La Russie renaît des cendres de l'URSS et redevient une puissance qui s’oppose à l’hégémonie américaine dans un monde unipolaire. Elle se tourne plus vers la Chine et veut reconstruire un monde multipolaire en y associant des pays émergents au couple Russie-Chine.

Alors sous le prétexte du combat contre l’EI, le secrétaire d’État des États-Unis, John Kerry, est en train de demander l’autorisation au Congrès américain de déclarer la guerre au monde entier », a affirmé la ministre vénézuélienne des Affaires étrangères, Delcy Rodríguez. La ministre vénézuélienne des Affaires étrangères a déclaré ce mercredi que le secrétaire d’État des États-Unis, John Kerry, était en train de « demander l’autorisation pour que le président Barack Obama puisse intervenir militairement sans restriction géographique », ajoutant qu’il s’agit d’un permis pour « déclarer la guerre au monde entier », selon les informations de nocitias24.com.

La déclaration de la ministre se produit après la proposition du président américain Barack Obama d’employer la force militaire contre l’organisation terroriste de l’État islamique « sans aucune restriction géographique », comme l’a assuré devant le Sénat le secrétaire d’État John Kerry. « Cette nouvelle phrase, qui s’inscrit au sein de la demande d’autorisation d’utiliser la force militaire, signifie que les États-Unis peuvent intervenir militairement dans n’importe quel endroit de la planète, sans se soucier ni des frontières, ni des pays : ils sont à l’heure actuelle à un pas de déclarer la guerre au monde entier », a affirmé la ministre vénézuélienne des affaires étrangères, Delcy Rodriguez. Elle a assuré que « le Venezuela et tous les pays du monde doivent se préparer pour la défense de l’intégrité de leur territoire et de leur population », avertissant au sujet des États-Unis, qui « n’envisagent pas le recours au dialogue » et « portent l’agression et la mort partout où ils passent ». Tous les pays d’Amérique du Sud se sont joints le 15 mars au Venezuela pour rejeter l’introduction des USA dans les affaires intérieures du pays. Caracas se tourne vers Athènes, autre contestataire de l'UE-OTAN.

On aurait tort de prendre ces déclarations à la légère car un malencontreux passage sur internet d’échanges d’informations cryptées d’organisme de défense britannique au travers de l’Ukraine et de la Russie a permis à cette dernière de décrypter ces messages et d’y trouver la préparation d’une première frappe nucléaire par le Royaume-Uni. Info ou intox ? Toujours est-il que Poutine a déclaré que la Russie était désormais en guerre et le déploiement de troupes est en cours de l’Arctique à la Crimée. Vladimir Poutine a ordonné à la Flotte du Nord, la plus puissante des quatre flottes de la marine russe, de se mettre en capacité de combat, Moscou cherchant à mesurer sa puissance dans cette région stratégique.

La conclusion est que les USA créent un climat de guerre et que nous y sommes plongés avec l’OTAN. Notre position est devenue floue après les déclarations de Fabius réaffirmant une position d’intransigeance envers Bachar al-Assad alors que John Kerry veut des négociations avec lui… pour mieux le circonscrire et le détacher de la Russie. Nous n’avons pas les moyens de nous opposer aux vues américaines en restant dans l’OTAN. Il nous faut avoir le courage d’affronter les réactions américaines, économiques dans un premier temps, pour affirmer notre équidistance entre les USA et la Russie. 

Ne pas choisir son camp, suivre les USA en vassal consentant,

C’est abandonner notre destin dans des mains étrangères 

Qui veulent leur bien même aux dépens du nôtre ! 

Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon
Commandant de réserve du Service d'Etat-Major