jeudi 5 mars 2015

Manuel Valls, l’homme qui fait peur !



La dernière intervention de Manuel Valls à l’Assemblée Nationale au sujet de Christiane Taubira a de quoi nous faire se poser des questions sur la nature comportementale de notre Premier Ministre. S’il est normal qu’un chef de gouvernement vienne défendre une de ses principales ministres sur une attaque ciblée sur sa personne, la diatribe sur un ton frisant l’hystérie n’est pas ce que l’on peut attendre de l’un des principaux personnages de l’Etat. Elle ne l‘est ni sur la forme ni sur le fond. Les caricatures et les paroles de type raciste qui sont dites contre la Ministre de la Justice par des élus ou des candidats à une élection sont éminemment regrettables et doivent être condamnées par les partis qu’ils représentent. Etions-nous dans un tel acte raciste ?

Le fait de comparer la Ministre à un tract pro-FN n’est évidemment pas de la même nature que la comparaison avec un singe. Ni la couleur de peau, ni la féminité de la Ministre n’étaient mises en cause. Il est normal que la connotation raciste, au sens originel de la couleur de peau, soit condamnable. Il en est de même si cette Ministre est représentée dans une tenue ridicule sans équivoque sur sa race noire. Par contre l’image du tract répandu sur les marchés avec sa photo qui serait une invite à voter pour un parti, qui ne la voudrait pas au gouvernement, n’a rien de choquant. Il est notoire qu’une grande partie de la population française n’accepte pas, à tort ou à raison, le laxisme de la justice représenté par la Ministre. Cette population n’accepte pas entre autres que se résolve le surpeuplement des prisons par l’augmentation des remises en liberté et par des non-exécutions de peine. 

Les propos du député en cause, tenus d’ailleurs en dehors de l’hémicycle, étaient sans nul doute volontairement provocateurs, voire maladroits, mais les politiques recherchent toujours les images qui frappent et ce n’est pas l’habile communicateur Valls qui peut l’ignorer. On peut même penser que c’est la justesse du trait qui a fait monter les sangs à ce connaisseur. Ramener les propos hors hémicycle dans l’hémicycle ne fait pas la preuve d’une grande sérénité. Mais l’attaque contre le député coupable s’est détournée vers une attaque contre le FN, dont la nature républicaine est mise en doute. Que font alors les 2 députés FN dans une Assemblée républicaine ? Sur le fond la réplique de Manuel Valls n’est pas digne d’un Premier Ministre représentant la République, justement une et indivisible. 

Malheureusement il fait le duo avec son Président qui tient les mêmes propos et fait campagne contre le FN en tant que Président de tous les français comme il l’a dit, comme tous ses prédécesseurs, après son élection. Pourtant le Président n’est pas en campagne présidentielle, il est donc complètement sorti de son rôle. Mais revenons à Valls. Les images de sa vidéo sont assez sidérantes par la violence du ton et des mots, diatribe tellement au bord de l’hystérie qu’elle se termine par l’envoi d’un gros postillon vers le micro. Il y a un décalage évident entre le « délit » de l’image du tract et la réponse fournie par un des plus hauts personnages de l’Etat dont on attend la maîtrise en toutes circonstances. 

Mais Manuel Valls est un homme inquiétant à beaucoup d’autres égards. Pour des besoins politiques, il s’est construit l’histoire de son passé personnel qui est un travestissement de la vérité comme l’a révélé un journaliste de Libération. Par exemple sa prime jeunesse n’a pas eu à souffrir du franquisme et ne s’est pas passée en Espagne mais en France. Par ailleurs sa défense de la religion juive, qui va jusqu’à lui permettre de dire devant les représentants de la Communauté juive que les juifs pouvaient porter la Kipa avec fierté, est assez décalée par rapport à ses interventions sur le voile musulman. Mais cet attrait pour les juifs, confirmé par Roland Dumas, a succédé à une période d’une dizaine d’années où il a défendu les palestiniens avec une conviction apparente comme le montre une vidéo sur les réseaux sociaux. Tout ceci laisse à penser que sa défense de la laïcité est beaucoup plus dans le discours que dans la conviction profonde. 

Il y a de la duplicité dans le personnage et une propension au mensonge. Habile communicateur, Manuel Valls a une façon autoritaire de s’exprimer et d’agir ainsi qu’une exagération dans le ton de ses interventions médiatiques. Pour les anciens comme moi, le physique, l’allure, la voix, l’autoritarisme, la violence du discours, rappellent de cruels souvenirs. Où un tel personnage peut-il mener la France ? Nul doute qu’il aspire à la fonction suprême. Si la France est dans l’Etat de l’Allemagne de 1932, qu’adviendra-t-il alors… en 2022 et pourquoi pas en 2017 ? Le danger pour la France est-ce le FN antirépublicain ou un fascisme à la Mussolini ou pire encore ? Souhaitons que ce jeune ambitieux soit jugé pour ses outrances à vouloir trop en faire, mais l’enfumage médiatique est tel que tout peut arriver. A l’allure où les choses évoluent, les souverainistes seront bientôt traités aussi d’antirépublicains si leur poids politique devient… gênant ! 

Pour terminer (je l’espère) cette zizanie ridicule, Christiane Taubira, à la sortie du Conseil des Ministres, en rajoute une couche dans une phraséologie qui frise la calomnie. Décidemment il est temps de tourner la page insipide de ces politiques qui manient un langage d’attaques personnelles au lieu de s’attacher à proposer les solutions pour tirer la France du chômage qui va encore progresser en 2015 comme l’annonce l’INSEE. Il n’en reste pas moins que la liberté d’expression trouve les limites que le pouvoir impose. Je vous propose cette citation de Voltaire : « Pour savoir qui vous dirige vraiment, il suffit de regarder ceux que vous ne pouvez pas critiquer.

Les grands chefs de guerre ont toujours été calmes mais déterminés. 


Les tribuns qui haranguent les foules dans un discours autoritaire 

Sont toujours porteurs de probabilités de grandes catastrophes ! 

Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon