jeudi 12 mars 2015

Politique politicienne sur fond de racisme contre Christiane Taubira et Marine Le Pen



Alors que 300 bombes sont tombées en Europe sur l’est de l’Ukraine depuis la trêve, en particulier sur l’aéroport de Donetsk, la politique politicienne bat son plein en France. Les accusations de xénophobie et racisme pleuvent en particulier sur deux femmes alors que l’on vient de célébrer la journée de la femme ! Tout se passe comme si le plus important était de personnaliser ses attaques plutôt que de parler d’orientations politiques sur les sujets qui préoccupent les citoyens. L’UMP cible Christiane Taubira et Najat-Belkacem, épargnant Emmanuel Macron, et laisse transparaître un machisme qui n’a pas abandonné les partis politiques. Ces deux femmes ne font-elles pas partie d’un gouvernement nommé par François Hollande ? Ont-elles agi sans le consentement du plus haut responsable de l’Etat ? Evidemment non. L’UMP trouve là un exécutoire à son incapacité à proposer une politique alternative à celles du PS et du FN, c’est un parti coincé. Le PS a poussé une politique libérale avec l’arrivée d’Emmanuel Macron que n’a pas clairement critiqué l’UMP. Or qui ne dit rien consent. Attaquer des femmes ne relève pas d’un grand courage même si celles-ci se sont faites les instigatrices de mesures ayant un impact négatif sur notre société.

Nicolas Sarkozy a pour une fois raison quand il parle de FN-PS. François Hollande n’a pas oublié les leçons de François Mitterrand qui s’est servi habilement du FN pour parvenir à faire gagner la gauche. Sa stratégie est claire. On gagnera au second tour avec les restes du front républicain si l’on y est présent. Il faut enjamber l’UMP et montrer à l’électeur que le combat se résume à celui du PS contre le FN, déclaré ennemi numéro 1. L’attaque haineuse de Manuel Valls contre Marion Le Pen, figure féminine portant les stigmates de son aînée Marine, veut creuser le fossé entre les partis républicains et celui qui ne l’est pas. Elle illustre ce qui doit guider l’électeur au deuxième tour. De là à affubler ces femmes d’une image d’infériorité et de bêtise, il n’y a qu’un pas. 

La tactique du PS est plus simple, au risque d’être simpliste, que celle de l’UMP. Son principal adversaire est en fait l’abstention, car dans les partis traditionnels de gouvernement, à gauche et à droite, la désillusion est grande. Il est probable que le front républicain ne votera pas en masse pour un candidat PS face au FN. Par ailleurs le sexe féminin de Marine Le Pen, même s’il n’a pas la figure allégorique de Jeanne d’Arc, la sert plutôt dans un moment où le peuple ne sait plus à quel saint se vouer. Dans le premier tour des élections, le désenchantement sur le gouvernement en place sera plus fort que le souvenir désenchanteur de celui qui l’a précédé. Le PS doit donc dès les élections départementales perdre beaucoup d’occasions d’être présent au second tour faisant la place surtout à l’UMP en position idéale pour le second tour.

Cette victoire probable de l’UMP au second tour par ostracisation du FN va obliger ce parti à décaler son discours vers le Centre alors qu’il doit au premier tour empêcher le PS d’accéder au second. Il est plus simple de cibler des figures féminines du PS, déguisées en épouvantail, que de faire comprendre à l’électeur ce qui différencie le PS et l’UMP sur ses visions de l’avenir du pays en matière de chômage, de prestations sociales, de sécurité et d’immigration. Il reste à s’associer à l’argument anti-FN de la bêtise, incarnée par le visage de Marine, de sortie de l’euro, bêtise tellement évidente qu’elle ne demande aucune démonstration. On oublie au passage que des souverainistes, DLF, UPR, MPF et autres sont à mi-chemin entre le FN et l’UMP et ne partagent pas la pensée unique UMPS. Nul ne peut ignorer que le chômage augmente avec les impôts et taxes, que si la Bourse se régale de liquidités sorties ex-nihilo par la BCE depuis cette semaine et depuis longtemps par la Fed, les Banques centrales nipponnes et britanniques, que la pauvreté augmente, que les retraités et la classe moyenne familiale réduit son train de vie. 

Le 11 janvier 2015 était une prise de conscience du peuple de la gravité du temps présent, de l’anxiété dans l’avenir. C’était une aspiration profonde du peuple à s’exprimer quand il sent la démocratie quitter notre pays après avoir quitté l’UE. La communion avec des expressions anarchistes était tout sauf une approbation du pouvoir. Deux mois ont passé et les problèmes sont toujours les mêmes. La discussion sur le travail du dimanche était clivant sans apporter un souffle de croissance mesurable. La discussion sur la fin de vie l’est aussi. Les deux n’ont pour but que d’écarter les vrais sujets comme notre engagement dans la guerre, le paiement des retraites et l’équilibre du budget de la Sécu par exemple. L’empilage de mini-recettes de la loi Macron pose de nouveaux problèmes mais en résout peu, et quand elle le fait les gains sont à la marge. Les prévisions de croissance sont déjà révisées à la baisse pour le deuxième trimestre.

Le combat mené sur les personnes ne mène à rien, sinon à se jeter des noms d’oiseaux à la figure. Il est déplorable que les partis tombent dans le panneau et que la moindre phrase soit désormais décortiquée, passée au chinois, pour en déceler la moindre trace, la moindre salissure signe de racisme, d’homophobie et de xénophobie. Il est bien loin l’esprit du 11 janvier où l’on voulait affirmer le droit à la liberté d’expression. Le pouvoir qui a essayé de surfer sur ce mouvement populaire est le premier à restreindre cette liberté. L'auto-destruction de ces partis ne peut qu'ouvrir une voie nouvelle, la pensée unique va mourir.

Le Président de la République est le président de tous les français,

Il faillit à son rôle quand il stigmatise près d’un tiers d’entre eux. 

Les attaques personnelles sont indignes de nos dirigeants

Mais on ne peut défendre la liberté en la bâillonnant ! 

Claude Trouvé
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon