mercredi 18 mars 2015

L’euroscepticisme en voie de contagion !



C’est désormais acquis la Grèce prépare une sortie de l’euro… officieusement. L’accord avec Bruxelles a été obtenu au prix fort. Pour se voir créditée des 7 milliards, qui lui étaient dus, la Grèce devra accepter qu’ils soient distillés au compte-gouttes au fur et à mesure qu’elle mettra en œuvre les mesures qui conviennent à l’Union Européenne. Depuis que Giscard d’Estaing a évoqué la possibilité d’un « friendly Grexit », une sortie de l’euro à l’amiable, l’idée a fait son chemin dans l’élite grecque. Le peuple reste majoritairement réticent. Il ne peut en être autrement après le matraquage politique mené au nom du catastrophisme d’une sortie de l’euro, matraquage que nous subissons aussi en France par l’UMPS. Le mois de juillet va être le révélateur de la détermination grecque. Avant Tsipras aura vu Poutine en mai et les retombées financières d’un pipeline passant par la Grèce seront au cœur des discussions. Pour des raisons géopolitiques évidentes, la Russie s’est d’ores et déjà présentée comme un recours avec la Chine. 

Le problème grec est le premier révélateur d’un certain malaise sur l’avenir de la construction européenne. Dans nombre de pays, les partis anti européens ont fait des très bons scores aux élections européennes, mais ces consultations n’ont aucune importance dans la mesure où seules comptent les élections à l’échelle nationale où réside encore une partie de Souveraineté. Or L’année 2015  est riche en élections nationales où cette Souveraineté  pourra s’exprimer. Les élections grecques ont donné au peuple un gouvernement qui remettait en cause les diktats de la troïka, avec un plan de sauvetage des banques et une austérité pour le peuple.

D’autres  élections vont suivre, tout aussi importantes, en particulier en Grande Bretagne au printemps, et en Espagne à la fin de l’année.  En Grande-Bretagne la situation est particulièrement confuse. Dans la structure politique en Grande Bretagne, il y a quelqu’un qui s’appelle le ” Cabinet Secretary” et qui a pour rôle de représenter la fonction publique Anglaise au Conseil des Ministres. Comme chacun le sait, les fonctionnaires ne sont pas éligibles en Grande-Bretagne, sauf à démissionner de la fonction publique, et la prérogative du Secrétaire du Cabinet est de protéger les fonctionnaires contre les pressions des politiques. Il s’ensuit que la fonction publique est indépendante du pouvoir politique et est fière de l’être.
 
Une autre responsabilité du Secrétaire du Cabinet est de préparer les organes de gouvernement aux changements qui peuvent se produire à la suite des élections afin que tout soit prêt pour agir quelle que soit la majorité qui sort des urnes. Lors de la dernière élection, le Secrétaire du Cabinet avait dû faire préparer non pas deux séries de dossier comme à  son habitude, mais cinq, compte tenu des différentes combinaisons qui pouvaient résulter des élections. Le Secrétaire actuel du Conseil vient de faire savoir que pour l’élection à venir, et compte tenu de l’irruption sur la scène politique de l’UKIP et des Indépendantistes Écossais,  il lui fallait faire préparer… onze séries de dossiers, tant les combinaisons entre ces nouveaux intervenants et les anciens partis pouvaient être nombreuses. Et comme la Grande-Bretagne est sous le régime uninominal à un tour (le candidat arrivé en tête est élu même s’il n’a par exemple que 21 % des voix), on voit fort bien que l’instabilité politique pourrait s’installer durablement chez nos voisins qui n’y sont pas habitués… (Charles Gave)

L’atout électoral  des conservateurs sera bien sûr que l’économie anglaise va beaucoup mieux que les autres économies en Europe et qu’ils vont proposer un référendum sur la sortie de la Grande Bretagne de l’Europe en 2015 ou en 2017 au plus tard, tant la dérive non démocratique des institutions Européennes inquiète une partie de l’électorat Britannique. Mais bien malin serait celui qui pourrait prévoir le résultat final. Avec l’UKIP de Nigel Farage, farouchement anti-Bruxelles et formidable orateur, on peut penser que la sortie de l’UE n’est plus un fantasme qu’il n’est que le seul à faire partager.

En 2015 viendra ensuite le tour des élections espagnoles, où Podemos, dont le programme est très similaire à celui de Syriza  en Grèce, est un train de monter de façon très rapide dans les sondages tandis que ce pays connaît avec la Catalogne une situation similaire à  celle que connaît la Grande -Bretagne avec l’Ecosse. Là aussi Podemos, dont le programme est très proche de celui de Syriza  en Grèce, est un train de monter de façon très rapide dans les sondages.
 
Les partis populistes se font de plus en plus entendre dans toute l’Europe et les forces politiques traditionnelles semblent bien incapables de répondre à ces nouveaux défis. Les élections départementales françaises n’échapperont pas à cette évolution. La bonne raison pour cela est qu’elles ont mis en place une Europe bancale et que cet état de fait leur revient dans la figure en ne permettant plus de solution à l’écart qui s’agrandit entre les pays du nord et du sud au fur et à mesure que la souveraineté et la démocratie diminuent. L’avenir se présente plein d’inquiétudes, et le peuple français finit par considérer que le FN devient un mal nécessaire… 

Au lieu de reconstruire une Europe viable et démocratique, 

Nous continuons dans une Europe économique 

Qui enrichit les puissants lobbies 

Et spolie les peuples ! 

Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon