mardi 3 mars 2015

De l’incohérence des mesures sociétales religieuses et des mesures sécuritaires



Les attentats tragiques de janvier entraînent de nouvelles dispositions sécuritaires, des dispositions concernant l’Islam et l’intégration des musulmans. On peut déjà s’étonner de la montée du plan vigie-pirate au niveau le plus élevé, plan très coûteux,  juste après les attentats car la probabilité d’un nouvel attentat n’est pas maximale juste après, mais lorsque la vigilance retombe. Plusieurs mois peuvent s’écouler. Par contre tous les services concernant de près et de loin la détection des menaces intérieures doivent voir leurs moyens humains et matériels renforcés, ne serait-ce que parce qu’ils sont moins visibles. La mise en vigilance de la population est aussi nécessaire par une formation utilisant les moyens médiatiques concernant la conduite à tenir. Il ne semble pas que beaucoup d’efforts aient été déployés de ce côté, sans doute sous le prétexte de ne pas alerter l’opinion… qui l’est de toute façon en voyant les militaires dans les lieux publics et religieux.

Le retrait des passeports, pour des individus ayant été recensés comme des candidats potentiels au djihad, n’a qu’un effet d’annonce mais ne détournera pas les candidats pris en charge par une organisation djihadiste. Les faux passeports existent… (Heureusement pour les agents secrets) et les filières, nourries de connivences dans des pays comme la Turquie, sont en place. Par ailleurs il y a de nombreux pays où les djihadistes sont implantés désormais et les circuits pour rencontrer un lieu de formation ou de combat sont nombreux. De toute évidence il faut s’attaquer aux moyens de contamination des esprits des jeunes en particulier et utiliser tous les services de renseignements des pays coopérants à cette lutte. On voit combien le refus de coopération avec la Syrie nous prive de moyens d’action. Les services travaillant dans l’ombre n’ont pas les moyens suffisants pour accomplir une mission plus efficace et l’argent dépensé va surtout sur des effets visuels et médiatisés à but politique pour montrer la réactivité du gouvernement et non viser sa réelle efficacité. 

Si les mesures sécuritaires comportent beaucoup d’effet d’annonce, de nouvelles mesures sociétales sont débattues pour juguler la montée du djihadisme. Là nous nageons en pleine incohérence. Nous faisons déjà une dichotomie de caractère primaire entre les bons et les mauvais musulmans. Nous sommes tout simplement confrontés à l’implantation d’une nouvelle religion qui n’a pas de califat reconnu sur l’ensemble de l’oumma, la population mondiale musulmane. Il n’est que de constater le retentissement de notre acceptation du blasphème de Mahomet dans cette oumma à l’étranger. Il n’y a pas d’Islam de France, mais de l’Islam en France, un Islam dont les textes fondateurs sont le Coran et les hadiths dans lesquels diverses interprétations créent différents « shiismes ». Dans ces textes on ne peut que constater deux choses. La première est que la loi coranique s’impose à la loi républicaine. La seconde est qu’une dizaine de sourates sont à caractère guerrier et expansionniste. Le musulman est un combattant pour sa foi et il ne peut être condamné parce qu’il prend les armes contre les infidèles.

Il n’y a pas d’Islam de France parce que les représentants au Conseil du culte musulman de France n’ont jamais clairement dit et fait publiquement savoir que la loi religieuse ne pouvait en aucun cas se substituer à celle de la République française. Il n’y a pas d’Islam parce que les sourates concernant aussi bien les injonctions guerrières que la place de la femme dans la société n’ont jamais été dénoncées pour être officiellement supprimées de l’Islam dit de France. Tant que le problème ne sera pas pris par le haut et que l’on se contentera de courbettes et de propos apaisants de part et d’autre, les mesures prises n’auront que bien peu d’efficacité. 

Commençons par la formation des imams. Ils ne connaitraient pas les valeurs de la République. Pourquoi alors beaucoup d’entre eux sont français ? Est-ce à dire qu’ils n’appliquent pas eux-mêmes celles-ci ? Si oui pourquoi les gardent-on ? De plus l’enseignement de ces valeurs n’assure en rien le fait de les enseigner à d’autres. J’ai appris beaucoup de choses sur le communisme de Lénine, Marx et d’autres mais je n’ai pas demandé à mes enfants d’en suivre les principes, les laissant libres de leur choix. N’oublions pas qu’une grande part du succès de l’Islam tient dans la simplicité de ses préceptes et de ses fondements ainsi que la prise en compte du comportement dans la vie quotidienne. Plus les esprits sont primaires et malléables plus cet enseignement est facile et peut se limiter à peu de choses. Il faut peu de temps pour convaincre un futur djihadiste.

Enfin la formation des imams, pris en charge par l’Etat, est assez vexante pour la communauté musulmane. Il a un côté d’infériorité à corriger qui ne me semble pas aller dans le sens de l’intégration. Les pasteurs, les curés et les rabbins n’auraient donc pas besoin de formation supplémentaire ? Pourquoi ? Parce que eux… ils sont assimilés. On débouche ainsi sur le problème majeur, celui de l’assimilation que nous avons largement raté jusqu’à présent. Tant que la population musulmane n’est pas majoritaire en France (encore pendant 40 ans ?), les valeurs, les us et coutumes de la France, doivent être conservées selon le principe valable sur la terre entière : « Ce n’est pas à la France de s’assimiler à l’Islam, mais à l’Islam de s’assimiler à la France ». Ceci est valable pour tous les étrangers qui souhaitent adopter la langue française et ne donnent aucun autre droit spécifique aux autres. Les communautés chinoise, arménienne et bien d’autres s’y sont pliées. 

Les mesures sociétales en discussion portent essentiellement sur l’Ecole avec un grand E. On dérive lentement mais sûrement sur le rôle de l’enseignement. Celui-ci dérive de plus en plus de l’enseignement du savoir vers celui de l’éducation. Pire, au lieu de privilégier l’étude du français, pierre fondamentale dans l’identité française, on introduit des cours d’arabe et on se plie à prendre des mesures qui privilégient une religion comme la nourriture halal dans les cantines. Par contre on va interdire le port du voile (foulard, hidjab, niqab, etc.) dans l’école. Ne suffirait-il pas de proclamer qu’en classe les élèves doivent être tête nue ? On pourrait aussi reparler, au nom de l’égalité si chère aux socialistes, d’une tenue uniforme pour l’ensemble des élèves d’une école. Ceci ne pose pas de problèmes en Guyane ou à la Réunion. On résoudrait ainsi le problème des signes religieux et on pourrait donner un peu plus de chance à nos immigrés d’apprendre le français.

Au lieu de chercher des accommodements successifs, qui sont pour la plupart des reculs, on finit par sombrer dans l’incohérence. Une ministre remet en cause le port du voile dans les universités. Des voix s’élèvent pour dénoncer immédiatement le droit d’expression vestimentaire chez des adultes ! Je peux dire qu’ayant intégré l’enseignement supérieur à 17 ans et suivi l'année suivante par une juive de 16 ans, nous n’avions pas encore la majorité. L’argument est plus ou moins fallacieux mais cache surtout la difficulté que nous avons à régler ce problème. Pas de foulard en primaire et en secondaire mais voile admis au-delà pour raison de majorité ? Ne marche-t-on pas un peu sur la tête ? Que vient faire la majorité dans le problème des signes religieux ? Voilà le type d’incohérence qui laisse peu d’espoir de voir une solution claire, rapide et efficace. 

L’assimilation ce n’est ni de s’introduire dans l’enseignement religieux

Ni de faire évoluer notre société pour s’intégrer à l’Islam. 

C’est de réaffirmer et d’enseigner notre culture

Qui inclue des lois de la République 

Où le spirituel n’influe plus…

Sur le temporel ! 

Claude Trouvé
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon