lundi 30 mars 2015

Gauche déchirée, Droite colmatée, troisième voie en construction



Les élections départementales nationalisées et confuses avec des attributions du Conseil départemental non précisées et le flou du binôme candidat ont souvent conduit les électeurs soit au vote blanc et à l’abstention soit à voter plus politique que personnalité choisie par manque d’identification du binôme. D’ailleurs les classements effectués par le Ministère de l’Intérieur sont révélateurs du flou volontairement provoqué. Par exemple les divers droite représentent soit des tendances FN, soit UMP-UDI-Modem, ce qui n’est pas la même chose. On voit alors que le score du FN se rapproche beaucoup plus de sa proportion de votants que du nombre de binômes élus. Le cas du Vaucluse est significatif avec une Ligue du Sud fortement représentée à l’extrême-droite. De la même façon dans l’Hérault, un binôme élu comprenant un MPF et soutenu par le maire de Béziers qui est proche du FN, montre une tendance plus proche du FN que de l’UMP.

Dans le cas où l’élection départementale devient nationalisée, il serait plus normal d’ajouter une dose de proportionnelle. Ceci éviterait de constater que le FN avec 5 millions de voix au premier tour, ne récolte aucun département et n’a que 62 élus soit 1,5% du total. C’est un véritable délit de démocratie qui perdure et qui ne peut que renforcer le désir de revanche des sympathisants et la réprobation-incitation des hésitants. On ne peut que le regretter qu’elle que soit l’opinion d’un citoyen à son sujet. Les scores en nombre de voix des extrêmes gauche et droite sont le véritable constat de ce vote où le rejet des partis de gouvernement devient de plus en plus marqué. Il n’est pas jusqu’au nombre de bulletins blancs qui vienne le confirmer avec 5,71% des votes exprimés soit plus de 1,1 millions de votes. Ils viennent s’ajouter à l’abstention de 49,83% réduisant les votes pour les candidats à moins de 44% et une approbation du parti de gouvernement passant de 25,41% à 11%. C’est dire l’ampleur du désastre même si on peut penser que dans une élection nationale aujourd’hui avec moins d’abstentions le pourcentage serait plus proche de 16%, cela reste bien peu. 

La gauche voit la droite empocher probablement plus de départements qu’elle en avait avant l’élection soit  66 possibles sur 101, la gauche passant de 61 à entre 30 et 33. C’est une cuisante défaite mais la droite traditionnelle n’a rien prouvé d’autre que d’empocher la déception envers le gouvernement actuel sauf de prouver sa capacité à rassembler ses forces. C’est son seul mérite, mérite que Sarkozy et l’ineffable couple Jupé-Bayrou se disputent. Cette collusion devant le danger à gauche et à droite de la coalition ne résistera pas forcément jusqu’aux présidentielles et l’UMP a fait un très faible score, inférieur à 7%, au premier tour, l’essentiel du score de 28,75% étant alors réalisé par l’Union de la Droite, ce qui promet de belles batailles pour assurer un véritable leadership, l’UDI et le Modem étant réduit à des miettes, n’atteignant pas les 2% à eux deux. En tenant compte des abstentions et des votes blancs le score de l’alliance passe de 37,79% à 17,55%. Elle n’a pas encore à pavoiser pour les régionales et la présidentielle.

Ce n’est pas le nombre de binômes élus pour chaque parti, ni le nombre de départements gagnés qui définit le véritable visage de la France mais bien les résultats du premier tour. L’augmentation du pourcentage de bulletins blancs entre le premier et le deuxième tour en est un indicateur. Les alliances à gauche et à droite rendent confus les résultats sauf pour les binômes homogènes ayant clairement défini leur appartenance non seulement à l’inscription mais sur leurs affiches. Néanmoins il est clair que le FN qui s’est désigné sans ambiguïté est le premier parti de France et de loin en faisant presque le double de voix du PS. Pour la droite la désignation d’un leader s’avère difficile tant le score de l’UMP seul est faible et guère supérieur au score du front de gauche. De toute évidence les électeurs de la droite traditionnelle votent par réflexe d’opposition à la gauche et par peur de l’extrême. Les politiques UMPS sont désormais si proches que la droite souffre d’un défaut d’identification. Les extrêmes gauche et droite vont se faire entendre de plus en plus devant un gouvernement affaibli et une droite sans réelles propositions différenciatrices.

La France va devenir rapidement ingouvernable. 

Appauvrissement et restriction des libertés

Peuvent pousser le peuple dans la rue… 

Dès cette année 2015 ! 

Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon