vendredi 27 mars 2015

Pouvons-nous continuer à être bercés d’insouciance ?


Les élections départementales font sortir les politiques pour distribuer non des idées novatrices et salutaires mais la peur de l’extrême-droite ! Celle-ci n’est extrême que par opposition à la pensée unique qui nous gère depuis quarante ans, celle de la dette, puis de l’euro et enfin de l’OTAN. Elle n’est de droite que par sa revendication du nationalisme mais elle est populiste par ses électeurs pris dans les classes ouvrières, la petite paysannerie et le petit patronat. On agite un chiffon rouge devant nos yeux, chiffon qui masque les vrais problèmes du chômage, du déficit commercial, de la dette/PIB qui atteint 95% en 2014 et la croissance toujours inférieure au seuil requis pour la reprise de l’emploi. 

En réalité on nous berce dans l’insouciance, car l’extrême-droite au pouvoir serait soumise aux mêmes dilemmes que l’UMPS et devrait en plus faire face comme Syriza à la réalité d’une UE et des Etats-Unis qui feront tout pour faire capoter le nouveau pouvoir. Chacun sait, comme tout jeune qui quitte le cocon familial, que l’indépendance se paye parfois de quelques années difficiles. Plonger dans l’eau froide n’est pas agréable mais c’est salutaire pour échapper à l’incendie. Car c’est bien d’un incendie thermonucléaire ou (et) monétaire dont nous sommes menacés, ce dernier serait d’ailleurs moins grave. Il apparaît de jour en jour clairement que les Etats-Unis comptent de plus en plus sur leur force militaire pour étouffer toute velléité de non-alignement sur l’Empire américain. La stigmatisation du régime russe, reprise par le gouvernement français et la plupart des médias aux ordres, en est une manifestation ostensible. 

A ce propos je voudrais vous faire part d'extraits d’une interview de Paul Craig Roberts, économiste, journaliste et essayiste américain, décoré de la Légion d’Honneur par Edouard Balladur en mars 1987 pour son « renouvellement de la science économique et politique après un demi-siècle d'interventionnisme ». Il fut sous-secrétaire au Trésor dans l'administration Reagan, et opposé résolument à la politique menée par le Président George W. Bush ainsi qu’à la politique américaine vis-à-vis de l’Iran. Sa vision des Etats-Unis est celle-ci : « Les États-Unis sont gouvernés par des groupes d’intérêts privés et par l’idéologie néoconservatrice qui affirme que l’Histoire a choisi les États-Unis comme le pays exceptionnel et indispensable, qui a le droit et la responsabilité d’imposer sa volonté au monde. » Il cible le complexe militaro-industriel ou militaro-sécuritaire, les grandes banques dont Goldman Sachs et Wall Street ainsi que le lobby israélien comme les plus influents intérêts privés. « Les intérêts de ces groupes coïncident avec ceux des néoconservateurs. L’idéologie néoconservatrice soutient l’impérialisme financier et militaro-politique, ou son hégémonie. » 

La politique américaine vis-à-vis d’Israël est complètement déterminée par le lobby juif. Les juifs contrôlent les milieux financiers : « La Réserve fédérale est là pour les banques, principalement les grandes. La Réserve fédérale a été créée pour être le prêteur de dernier recours destiné à empêcher que les banques ne fassent faillite à cause d’une ruée aux guichets pour retirer les dépôts. La Fed de New York, qui effectue les interventions financières, a un conseil d’administration constitué des dirigeants des grandes banques. Les trois derniers présidents de la Réserve fédérale étaient des juifs, et l’actuel président est l’ancien directeur de la Banque centrale israélienne. » Comme l’a dit l’amiral Tom Moorer, chef des opérations navales et président du Comité des chefs d’état-major interarmées : « Aucun président américain ne peut résister à Israël. » 

L’hégémonie américaine est propagée par le dollar, la puissance militaire mais aussi par des ONG aux ordres. « Les Rockefeller, ont des fondations activistes qui travaillent très probablement main dans la main avec le National Endowment for Democracy pour financer et encourager diverses organisations non gouvernementales (ONG) pro-américaines dans des pays que les États-Unis veulent influencer ou renverser, comme cela s’est passé en Ukraine. Les ONG sont des cinquièmes colonnes états-uniennes et elles agissent sous des noms comme droits humains, démocratie, etc. » Il y a des centaines d’ONG financées par les États-Unis et l’Allemagne en Russie. Que penser d’une démocratie où le complexe militaro-industriel est aussi puissant ? Paul Craig Roberts nous dit : « Depuis que le secrétaire à la Défense a privatisé une grande partie de l’armée en 1991, le complexe militaro-sécuritaire a été extrêmement puissant, et son pouvoir est encore amplifié par sa capacité à financer des campagnes politiques et par le fait que c’est une source d’emploi dans de nombreux États. Les dépenses du Pentagone sont essentiellement contrôlées par des entrepreneurs de la défense. » 

Il ajoute : « L’Otan était une création des États-Unis prétendument pour protéger l’Europe d’une invasion soviétique. Sa raison d’être a disparu en 1991. Aujourd’hui, l’Otan offre une couverture à l’agression états-unienne et fournit des mercenaires pour l’Empire américain. La Grande-Bretagne, le Canada, l’Australie sont de simples États vassaux, tout comme le sont l’Allemagne, la France, l’Italie, le Japon et le reste. Il n’y a pas de partenaires ; seulement des vassaux. C’est l’empire de Washington, et de personne d’autre. Les États-Unis favorisent l’Union européenne, parce qu’elle est plus facile à contrôler que les différents pays. » Tout est dit par un américain, c’est mieux même si nous ne cessons de le dire.  

A la question de savoir si les Etats-Unis se rendent compte que nous sommes sur une trajectoire de collision thermonucléaire avec la Russie et s’ils comptent que la Russie va finalement céder, Paul Craig Roberts répond ceci : « Je pense que Washington est perdu dans l’orgueil et l’arrogance et qu’il est plus ou moins fou. En outre, il est convaincu que les États-Unis peuvent gagner une guerre nucléaire avec la Russie. Un article paru dans Foreign Affairs vers 2005 ou 2006 arrivait à cette conclusion. La croyance dans la possibilité de gagner une guerre nucléaire a été stimulée par la foi dans les défenses anti-missiles balistiques. L’argument est que les États-Unis peuvent toucher la Russie tellement fort dans une première frappe préventive que celle-ci ne riposterait pas, de peur d’un second coup. » 

L’hostilité à l’égard de la Russie remonte à la doctrine Wolfowitz :
« Notre premier objectif est d’empêcher la réémergence d’un nouveau rival, que ce soit sur le territoire de l’ancienne Union soviétique ou ailleurs, qui constituerait une menace sur l’ordre [international] équivalente à celle posée auparavant par l’Union soviétique. C’est une considération dominante qui sous-tend la nouvelle stratégie de défense régionale et qui exige que nous nous efforcions d’empêcher toute puissance hostile de dominer une région dont les ressources pourraient, sous contrôle consolidé, suffire à produire l’énergie mondiale. »

On ne peut mieux illustrer ce que nous pensons de la stratégie américaine et du danger que représente désormais l’OTAN pour la paix du monde et particulièrement le danger que la France y soit directement mêlée. La guerre n’est plus un simple argument pour faire peur, c’est une évolution possible quand une nation est aux mains d’intérêts privés et d’un complexe militaro-industriel prêt à tout. La conclusion de cet interview fait froid dans dos : « La Russie (et la Chine) sont haïes car elles sont le miroir qui reflète l’hybris (l’arrogance funeste) de Washington, sa puissance unique et unilatérale. C’est ce miroir qui conduira à la guerre. Si les Russes et les Chinois ne se préparent pas à une attaque nucléaire préventive de Washington, ils seront détruits. » La Russie semble avoir compris et ses accords stratégiques avec la Chine devraient se renforcer.

Après la Syrie, l’Irak, les avions de l’Arabie Saoudite, membre de la coalition, viennent d’entrer en action au Yemen. La Russie réagit immédiatement et a mis en garde contre le déclenchement de toute guerre, au Yémen, appelant à l'arrêt immédiat des attaques contre la population de ce pays. Moscou a averti que si la guerre au Yémen ne cessait pas, d'ici 24 heures, elle passerait à l'action et débarquerait ses forces, sur le territoire yéménite. Selon Reuters, les navires russes se dirigent, actuellement, vers le détroit de Bab el-Mandeb.

Avant la deuxième guerre mondiale le peuple français fut bercé d’insouciance.

Il serait suicidaire pour longtemps d’en laisser venir une troisième.

Le peuple doit savoir et contraindre au réalisme national

Des gouvernants couards se comportant en laquais

D’une puissance étrangère quelle qu’elle soit !

Claude Trouvé
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon