mardi 26 août 2014

Un geste de paix dans un monde de guerre !


Entre la dégringolade de notre Président dans les sondages, la guerre interne du gouvernement et nos interventions armées sur des théâtres d’opérations militaires de plus en plus nombreux, un simple geste de paix vient nous redonner l’illusion que la guerre n’est pas inhérente à la race humaine. Dans le combat entre les occidentaux et la Russie, combat pour lesquels les ukrainiens, en particulier de l’est, paient le prix fort de la guerre, civile de surcroît, le Puy du Fou va mettre une toile historique de Byzance au cœur de la Crimée.

La visite de Philippe De Villiers au Président Poutine a été jugée par certains comme inopportune dans le contexte de tension qui règne entre la Russie et l’Europe, comme si celle-ci avait oublié son histoire. Elle préfère voir arriver la Turquie dont l’histoire fut faite de conquêtes européennes et d’implantation de l’Islam plutôt que tout faire pour établir avec la Russie, dont la civilisation s’est nourrie de la nôtre et dont la partie la plus peuplée est européenne. M. Jean Geronimo, docteur et chercheur en économie, a beau expliquer à Ouest-France que Poutine, en bon « prédateur », ne pense qu’à redresser son image, il n’en demeure pas moins que ce projet va contribuer et à renforcer l’attractivité naturelle de la péninsule et à remettre en valeur le lien civilisationnel qui unit France et Russie. 

On ne peut s’arrêter sur les guerres napoléoniennes qui nous ont fait comprendre que l’hiver russe était le meilleur défenseur de ce pays et nous geler dans la Bérézina. La main tendue de Poutine a dépassé ce moment de l’histoire comme nous devons le faire de la menace d’une extension du communisme soviétique sur notre territoire. La Russie a émergé de l’URSS, elle a d’abord payé le prix de l’économie communiste incapable de s’intégrer à une économie globalisée et a bu le calice de la chute de sa puissance jusqu’en 1998. Elle vient de reprendre sa place dans le concert des grandes nations. Sa voix est de nouveau entendue et elle n’est plus prête à tout accepter. Économiquement plus forte, ouverte au libéralisme, elle a tiré les leçons de son effacement lors de notre intervention en Libye. 

N’oublions pas que nous avons tissé des relations particulières avec la Pologne et la Russie autour du foyer du protestantisme de l’Allemagne et des pays scandinaves. C’est pourquoi l’amitié franco-russe est très ancienne et bâti sur le socle de la chrétienté. N’oublions pas non plus que la seconde guerre mondiale a fait plus de morts russes que d’occidentaux et que l’URSS a supporté plus des 2/3 de l’effort de guerre. La victoire leur doit plus qu’aux autres. La Russie nous attire aussi parce que nous avons en commun un socle culturel qui rapproche nos civilisations. Il ne faut pas oublier que Dostoïevski écrivait en français et que les proches du Tsar Nicolas II parlaient encore français il y a un siècle. C’est pourquoi un geste culturel de paix, de reconnaissance réciproque des cultures enrichissantes de nos deux pays, est comme une colombe qui vient mettre un brin d’olivier dans cet affrontement déclenché et entretenu par les USA. 

C’est un geste qui doit nous faire toucher du doigt combien les querelles entre les peuples, surtout dans ceux que des guerres ont tracé sur la carte sans que les populations aient leur mot à dire, comme l’Ukraine, peuvent s’envenimer quand des intérêts étrangers soufflent sur les braises. Quand les peuples peuvent s’autodéterminer sans contrainte comme en Crimée, ils retrouvent la paix. Les touristes y affluent cet été pendant qu’à 500km de là la guerre fait rage pour une raison d’autodétermination cette fois non reconnue et du maintien refusé du russe comme langue officielle. Cette partie de l’Ukraine ayant été russe pendant des siècles, cette guerre ne pourra désormais plus se terminer sans une scission du pays. Des milliers de morts et de blessés ne laisseront plus l’Ukraine se reconstituer dans les têtes des russophones. 

Il est probable que, les rebelles de Donetsk étant partis pour gagner sur le terrain militaire, les USA et leurs alliés font chercher une sortie honorable et maintenir ensuite un état de guerre interne larvée entre l’est et ouest. Près de 7.000 hommes de la république de Kiev se trouveraient encerclés et leurs pertes seraient déjà de 12.000 hommes. Même si ces informations sont en prendre avec précaution, Porochenko n’a pas pu faire tomber Donetsk avant la fête de l’indépendance du 24 août à Kiev.

La situation est donc en train d’évoluer dans un sens qui rend l’intervention de la Russie beaucoup moins probable. Les USA tentent évidemment de faire avaler le fait que la situation s’aggrave et que les troupes russes sont entrées en Ukraine. Les prisonniers faits par Kiev et exhibés pour les médias sont certainement russes mais font partie des volontaires. Ce sont probablement des entrées individuelles de sympathisants comme nos « français » partis faire le djihad. Si Poutine fait entrer son armée en Ukraine, il prendra le risque d’un conflit généralisé et entrera en force, pas en tenue de camouflage… à moins d’être idiot ! 

Toute action qui maintient la paix, la coopération, l’échange culturel et commercial entre les peuples nous fait gagner du temps sur la guerre quand trop nombreux sont ceux qui ne pensent qu’à la rallumer. Là-bas, dans ce que fut l’Ukraine, des enfants se baignent dans la mer d’Azov et rient, d’autres pleurent dans les décombres de leur maison sur les corps de leurs parents. Le pire est que d’autres considèrent que la guerre est nécessaire et tuent pour enlever le libre-choix des peuples à choisir autre chose que ce qui leur est imposé et s’approprier leurs richesses. 

L’Europe devait se parer de la colombe de la Paix. 

L’Europe avait rejeté, dans ses statuts, 

Tout objectif de puissance… 

Qu’en est-il aujourd’hui ? 

Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon