mercredi 13 août 2014

Irak : un pas de plus d’une France supplétive !


Le Président de la république vient d’annoncer qu’il allait livrer des armes aux kurdes. Nous allons donc encore intensifier des combats, dans une zone où les armes changent facilement de mains, pour combattre ceux (l’EIIL) qui participent à la rébellion en Syrie contre Bachar al Assad avec notre appui. L’incohérence de notre politique étrangère n’est que le reflet de celle des USA, responsables du chaos en Irak.  Mais à la différence de ceux-ci nous n’en tirons aucun bénéfice. Notre crédit auprès des puissances étrangères s’effrite de plus en plus. Nous passons pour les porte-serviettes de l’hégémonisme américain. 

Car c’est bien cette recherche de l’hégémonisme qui est le fil directeur d’une politique apparemment incohérente de la première puissance du monde. Derrière les USA, nous nous passons de toute autorisation de l’ONU ou nous allons bien au-delà, et nous nous octroyons le droit d’ingérence de petits gendarmes du monde. La pression de la France pour aider un combat même juste ne justifie pas une intervention militaire sans le respect des procédures des institutions internationales. 

Nos interventions en Libye, au Mali, en Centrafrique ne se soldent pas par une pacification de ces régions où au mieux le problème reste entier et au pire il se traduit par le chaos. En Syrie, la majorité populaire a désapprouvé notre action et son Président a conforté largement sa légitimité. De quel droit vient-on aider militairement ceux qui se rebellent contre le pouvoir légal ? Il ne s’agit pas de donner un blanc-seing à un pouvoir autoritaire ou même dictatoriale mais de respecter l’intégrité des pays et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. 

L’Ukraine est devenue un champ de bataille où nous provoquons un pays puissant, la Russie. Nous justifions notre action par l’aide aux insurgés de la place Maïdan oubliant que d’autres insurgés ont tout autant le droit de s’insurger contre le pouvoir ukrainien. Ce faisant nous avons mis en place un Président sans respecter les procédures de la Constitution de ce pays, aux pratiques aussi scandaleuses que son prédécesseur et sourd aux cris, aux pleurs et aux souffrances de ceux qu’il pilonne sous les bombes au phosphore. Qui peut encore respecter une telle action diplomatique ? Qu’avons-nous fait en dehors de créer des milliers de morts, de blessés, d’orphelins et  de réfugiés ? 

Quelles preuves tangibles pouvons-nous exhiber pour affirmer que la Russie est derrière tout cela ? Quelles preuves avons-nous livré aux experts internationaux pour accuser les pro-russes ou la Russie du crash de l’avion malaisien ? Quelles preuves avons-nous apporté pour déclarer faux les documents, eux produits par les russes, pour accuser le gouvernement ukrainien d’avoir détruit l’avion par un chasseur SU-25 ? Au nom de quoi sommes-nous en droit d’appliquer des sanctions à la Russie ? Au nom de suspicions proclamées par les USA, suspicions qu’il faut croire sur parole comme de bons supplétifs priés d’obtempérer ? 

Mais où est la France qui a rejeté les GI, fermé les bases américaines, s’est dotée d’une force de frappe nucléaire que les USA nous empêchaient de constituer ce qui justifie encore notre place au Conseil de Sécurité de l’ONU ? Sans cela notre crédit international ne dépasserait pas celui de l’Italie ou de l’Espagne. Nous sommes encore présents désormais dans la diplomatie internationale mais en service commandé par les USA. Nous pourrions élever la voix de la France pour défendre la civilisation chrétienne, s’insurger contre les massacres religieux, forts de notre passé et de notre laïcité. Nous pourrions taper du poing sur la table pour que l’ONU lance une opération internationale diplomatique et militaire au besoin pour s’interposer entre des factions et les amener à la raison de gré ou de force. 

Nous pourrions mettre tout notre poids pour que l’Ukraine, pays tracé d’un coup de crayon sur la carte, laisse une large autonomie à une population qui revendique des origines et une langue différentes voire une séparation pour redonner une cohérence et une paix à ce pays. Nous pourrions œuvrer de tout notre poids pour demander aux USA de cesser d’armer et de soutenir Israël tant qu’un état palestinien dans des frontières viables n’est pas reconnu par la communauté internationale. Nous pourrions faire de même au Mali, pays qui de toute évidence n’a pas de cohérence géographique (il suffit de regarder la carte), ni ethnique, ni confessionnelle, etc. 

Au lieu de cela nous voulons être partout pour susurrer d’une petite voix ce que l’OTAN nous dit de dire et de faire. C’est cela qui nous permet d’exister à l’ombre d’une puissance qui veut son propre bien avant le nôtre, pratique sans complexe la guerre économique et monétaire, fait aller sur le terrain ses alliés avec son aide mais plus son sang mais n’hésite pas à détruire des dizaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants dans les conflits qu’elle suscite et qu’elle envenime ! 

La grandeur d’un pays ne s’est jamais mesurée à son degré de vassalité 

Mais à la défense des valeurs qui font la grandeur d’une civilisation ! 

Claude Trouvé
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon