samedi 30 août 2014

Trois sources d’économies et d’orientations intelligentes parmi d’autres



En attendant que le congrès du PS renforce la zizanie en son sein et que les nouvelles mesures (cadeaux que nous allons payer) pour le soutien à la construction prennent leur effet, Le Président va quémander une nouvelle rallonge de temps à Bruxelles pour être capable de produire un budget non pas équilibré mais respectant le critère des 3% du PIB. Le Président est dans la tourmente. Le ralliement aux thèses Allemandes ne fait plus de doutes. On en attend le bénéfice par un assouplissement/récompense, du rythme de rééquilibrage budgétaire. Le Président en profite pour justifier ses prises de position sur l’Ukraine en rejetant la responsabilité sur la Russie, moyen commode de manier l’urgence et la peur pour éloigner les pensées des français de nos mauvaises perspectives économiques.

Il demande donc de dépenser plus pour pouvoir augmenter la croissance, encore faudra-t-il que cette manne déversée sur les entreprises produise un effet supérieur aux sommes engagées. C’est loin d’être gagné car l’outil industriel et les entreprises en général sont dans un tel état que l’effet ne se fera pas sentir de sitôt. Il y a pourtant un domaine où la rigueur budgétaire est toujours rentable, c’est la recherche des dépenses inutiles et la conversion de ces économies dans un secteur rentable à court ou moyen terme.

Après l’Espagne, l’Allemagne, la Belgique prend conscience de la faillite de l’orientation vers les énergies renouvelables dites pudiquement alternatives (ce qui n’est pas leur moindre défaut). Là-bas comme en France, le lobby écologiste antinucléaire a réussi à persuader le gouvernement qu’il faut produire de l’électricité avec la source d’énergie la plus chère, la plus compliquée, la plus consommatrice en subsides (étatiques), la plus aléatoire et celle qui exige de revoir de fond en comble le réseau électrique : le « renouvelable ». Au niveau même de l’Europe, des voix s’élèvent. Cette gabegie devrait coûter à l’Union européenne la modique somme de 400 milliards d’euros d’ici 2020. Ajoutons à cela plusieurs dizaines de milliards d’euros qu’il faut payer en subsides dans chaque État membre, y compris la Belgique, pour maintenir les aides financières indispensables au fonctionnement des énergies alternatives (cf. l’ouvrage Le fiasco énergétique de MM. David Clarinval et Corentin de Salle).

Voilà bien un domaine prioritaire de changement de politique qui passe par une réorientation des efforts de recherche dans le domaine nucléaire où les perspectives d’amélioration de la performance, de l’indépendance énergétique, de disponibilité et de sûreté sont immenses en attendant l’arrivée de la fusion nucléaire qui résoudrait d’une façon définitive le problème de tarissement des matières premières. Heureusement dans ce domaine la France est encore en pointe dans le centre de recherches de Cadarache.

Alors que nous essayons à coups de subventions de produire de l’électricité plus chère, nous voulons développer la voiture électrique qui, comme son nom l’indique, va consommer plus d’électricité et obliger à disperser des infrastructures coûteuses et ajouter la nuisance des batteries usagées mises au rebut. Si le transport en commun dans les villes peut avoir l’intérêt de diminution du bruit et des nuisances chimiques, le développement chez les particuliers ou dans les entreprises de transport nécessite d’équiper tout le réseau routier et de déverser des subventions chez les constructeurs. Cette orientation est coûteuse et ne devrait pas résister à moyen terme à une autre source d’énergie utilisable sur les automobiles, l’hydrogène.

Les subventions données aux constructeurs peuvent être réorientées vers le moteur à hydrogène ou « moteur à eau » qui ne pollue pas pendant les trajets des véhicules à condition de produire l’hydrogène en dépensant de l’énergie électrique produite par le nucléaire. En fait c’est la batterie qui est remplacée par une pile à combustible hydrogène et qui meut un moteur électrique. En 2013 une Aston Martin a roulé avec un moteur de ce type. La recherche dans la production et le stockage de l’hydrogène, en particulier sous forme solide, est en cours. Si les subventions sont données pour la voiture électrique sans que le mode de propulsion soit précisé, il y a fort à parier que la recherche sur l’hydrogène n’avancera que très lentement. C’est donc une réorientation vers la recherche publique et privée qu’il faut, là encore, aider.

De plus il serait bon que le gouvernement cesse de prendre en compte les directives européennes ou mondiales dans deux directions, le réchauffement climatique et les normes de construction. En ce qui concerne le réchauffement climatique, il serait bon qu’il prenne contact avec l’Australie qui vient de tourner le dos aux réductions d’émission de gaz carbonique qui entraînent des surcoûts de fabrication industrielle et des normes jugées inutiles. Si le doute scientifique enfle, ce qui est manifestement le cas, ceci demande de surseoir à cette politique de l’environnement qui non seulement coûte très cher globalement à un pays mais oriente nos efforts dans une direction préjudiciable à leur orientation vers d’autres secteurs.

Un dernier mot sur les normes européennes qui contraignent de plus en plus nos entreprises et les mettent en difficulté par rapport aux pays qui sont plus laxistes. Si les produits exportés peuvent être soumis aux directives européennes il est anormal que l’Etat français n’ait pas la maîtrise des normes sur les produits qui ne quittent pas le territoire. C’est tout-à-fait le cas de la construction qui est à l’ordre du jour. Les architectes et les entreprises du bâtiment croulent sous les normes qui changent en permanence et souvent pendant même la durée de grands chantiers comme les établissements scolaires par exemple. Il y aurait non seulement beaucoup d’argent à gagner mais aussi de temps à faire le tri dans cette avalanche par un organisme compétent d’État, type AFNOR, avec les professionnels du bâtiment.

C’est le rôle de l’État de promouvoir la recherche dans des secteurs d’avenir et de choisir les bons créneaux comme ce fut le cas pour l’énergie nucléaire malgré tous les efforts de destruction de l’écologisme pour arrêter la recherche française dans ce domaine où elle était leader. C’est aussi le rôle de l’État de ne pas suivre comme un mouton les directives qui ne répondent souvent qu’à une technocratie au pouvoir envahissant ou à des lobbies qui pèsent souvent lourdement sur les décisions nationales, européennes voire mondiales pour leur seul profit. L’État est en charge du Bien Commun. Les scientifiques indépendants et renommés ont un rôle primordial dans la réussite d’un pays… sachons les garder et les écouter pour agir.
 
L’économie ne peut se passer de la science
L’écologie ne peut arrêter le progrès
Mais c’est à l’État d’y veiller
L’œil rivé sur l’avenir
Et sur les réalités !

Claude Trouvé
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon