dimanche 17 août 2014

Ukraine : Une guerre, une vraie !

Abreuvés de commémorations, d’images sur Gaza et désormais sur l’Irak, nous oublions que deux guerres font rage en Syrie et en Ukraine. Si la situation est confuse en Syrie, où les alliés occidentaux ont désormais du mal à identifier les vrais rebelles syriens parmi tous les apports de mercenaires étrangers, djihadistes ou non, pour apporter leur aide, il n’en est pas de même en Ukraine. Dans les deux cas cependant il s’agit d’une vraie guerre opposant l’OTAN à la Russie par peuple interposé. Il s’agit de vraies guerres avec des armes lourdes et sophistiquées utilisées par les deux camps. Une guerre d’approche, de test de l’adversaire, une guerre de possession de territoire, une manœuvre d’encerclement d’une Russie qui a la mauvaise idée de renaître de ses cendres, voilà ce qu’est la guerre d’Ukraine.Elle est ce qui précède toute grande guerre, comme la seconde mondiale. Pour l’OTAN, l’Ukraine c’est ce que fut l’Autriche pour l’Allemagne. Il y a dans la politique étrangère française un amateurisme, une soumission aux intérêts qui ne sont pas les siens, qui font peur. On croirait que la puissance américaine permet à tous les pays de devenir, derrière elle, des gendarmes du monde et de pratiquer le droit d’ingérence comme un droit divin. Le pantin ukrainien Porochenko ouvre toute grande les portes de son pays aux forces de l’OTAN et aux subsides des USA et de l’UE. Ces derniers votent sanctions sur sanctions contre la Russie dont le tort est de « représenter un danger potentiel », car on n’a pu, jusqu’à présent, évoquer la moindre révélation tangible, preuve à l’appui, de leur implication sur le terrain si ce n’est en Crimée. Dans ce dernier cas cela a fait suite à un désir de séparation du peuple de Crimée, volonté exprimée par un référendum dont le verdict ne laisse aucun doute. 

Des dizaines de milliers d’hommes s’affrontent dans un combat sans merci qui fait de nombreuses victimes civiles dans la partie russophone des combats. L’aviation ukrainienne de Kiev a la maîtrise de l’air et bombarde convois, positions et des villes où meurent des civils. On parle officiellement d’environ 230.000 réfugiés en Russie ou dans d’autres parties de l’Ukraine. Les pertes civiles seraient déjà de 1.129 morts et de 3.442 blessés ! Des milliers de personnes se retrouvent sans eau ni électricité. Des églises et des bâtiments publics sont détruits. L’aide humanitaire russe ne leur parvient toujours pas.

Tout l’arsenal d’une guerre classique est représenté du côté de Kiev, mais la résistance se retrouve un peu plus à armes égales dans les combats de rue. La position politique de notre gouvernement et le relais de la plupart des médias masque la situation réelle et le risque d’un conflit généralisé. Pour se rendre compte de ce que peuvent ressentir les russes, à 80% derrière leur Président, il faut imaginer ce que les gouvernants et le peuple français ressentiraient si la Belgique francophone, qui se voyait imposer la langue flamande, luttait pour son autonomie contre le pouvoir central aidé par la Russie, financièrement, en experts militaires et en armement. Si nous apprenions de plus qu’un accord militaire Belgique-Russie était en cours pour mettre à Ostende et à Bastogne des batteries de missiles dirigées contre nous, que penserions-nous ? 


Il me semble que Poutine fait preuve d’un remarquable sang-froid dont notre Président ne ferait certainement pas preuve tant il semble aimer les guerres. Cette fois la guerre d’Ukraine n’est pas celle du Mali où l’ennemi a vite compris que le repli, la dispersion et les embuscades étaient la meilleure façon de revenir et de pourrir la situation. Elle n’est même pas celle de la Libye où la Russie et la Chine ont laissé faire pour s’en repentir après coup.

Poutine tient entre ses mains la clé d’un conflit mondial. S’il cède aux provocations, aux fausses nouvelles l’impliquant, aux sanctions, aux déclarations guerrières des USA reprises par l’UE, il fera traverser la frontière à l’armée russe. C’est l’occasion rêvée par l’OTAN pour le punir. Pour l’y inciter il faut provoquer une catastrophe humanitaire en Ukraine pro-russe, elle est en cours. Pour Kiev et l’OTAN vaincre par les armes n’est pas gagné car le temps passe et si la reddition n’est pas obtenue avant l’hiver, la situation restera figée. Poutine le sait. 

Pour l’instant il reste sur le plan diplomatique, économique et monétaire. Sur le plan économique il resserre les liens avec les BRICS et il monte un accord monétaire avec la Chine pour exclure le dollar des échanges commerciaux dans une partie de l’Asie du Sud-Est. Il déplace la guerre sur un autre terrain où cette fois il devient l’agresseur tout étant sur des mesures défensives contre la toute-puissance du dollar. C’est bien une guerre planétaire qui couve, car toucher au dollar c’est ébranler l’un des trois piliers de la puissance des USA avec l’économie et l’armée. Il est malheureusement probable que les USA savaient que le dollar était menacé. C’est pourquoi ils suscitent et attisent autant de conflits. Le temps leur est compté pour agir ! 

La France en vacances, enfumée par une folie guerrière, 

Ne sent que le sable chaud et pas celui du brûlot 

D’une guerre qu’elle entretient au profit 

D’un pays ami qui se sert d’elle ! 

Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon